‹ Contribution à l'étude du traitement des luxations de l'épaule compliquées de fractures de l'extrémité supérieure de l'humérusChapitre 22 sur 41 · II. -__ LÉSIONS DES PARTIES MOLLES · texte numérisé non relu

II. -__ LÉSIONS DES PARTIES MOLLES

a) Lésions vasculaires

Elles sont heureusement rares. Mais il faut savoir que des manœuvres brutales de réduction peuvent les provoquer et qu’elles sont d’une grande gravité.

Ces lésions vasculaires sont, soit de simples compressions, soit des déchirures.

1) Compression. -— Les troubles de compression vasculaire ne sont pas exceptionnels et s’accompagnent souvent de signes de compression nerveuse.

Les signes de compression vasculaire ne sont pas toujours très apparents et c’est souvent à l’intervention qu’on se rendra compte de l’imminence du danger ou au cours des mouvements de réduction qu’on s’apercevra des conséquences du voisinage redoutable.

Dans le cas le plus fréquent, il ne s’agit que de compression de rameaux collatéraux, circonflexe surtout, mais il peut arriver qu’on trouve la tête au milieu du paquet vasculo nerveux ce qui rend alors lablation du fragment extrêmement difficile.

De ces troubles de compression il faut rapprocher les faits que L'Heureux attribue aux irritations du plexus sympathique périartériel se traduisant par une élévation de la pression maxima et de l’indice oscillométrique du côté malade.

2) Déchirures. — Les plaies vasculaires moins fré-

quentes que les compressions sont plus graves. Il peut s’agir d’une blessure latérale de l'artère, ou

bien d’une section totale et il est facile d’en déduire les conséquences pour la vitalité du membre, suivant que la circulation peut ou ne peut pas être rétablie. Souvent aussi ce n’est qu’au cours de l'intervention que l’on se rendra compte de l’étendue de la lésion du vaisseau atteint.

b) Lésions nerveuses

Plus fréquentes que les lésions vasculaires, elles sont moins immédiatement graves. Très rarement il s’agit de section, mais presque toujours on a à faire à une compression partielle avec troubles légers : douleurs, fourmillements.

Le circonflexe est celui qui parmi les nerfs touchés l’est le plus souvent. Les cas d’atrophie du deltoïde ou de troubles sensitifs dans le domaine du circonflexe sont chose commune. Les lésions isolées du cubital ou du radial sont beaucoup plus rares.

Le plus fréquemment les paralysies sont associées paralysie du circonflexe accompagnée de paralysie du radial, ou associée à celle du musculo-cutané, ou enfin à celle du médian. Les lésions peuvent aussi être plus diffuses avec gros troubles moteurs, trophiques et sensitifs du membre supérieur. En somme toutes les branches terminales du plexus brachial peuvent être atteintes.

L’ablation de l'agent compresseur peut rendre au nerf sa fonction entière et ne laisser aucune modification macroscopique mais quelquefois la résection de la tête n'empêche pas l’impotence consécutive du membre.

Telles sont les complications vasculo-nerveuses qu'on peut observer dans les luxations de l’épaule s’accompagnant de fracture.

c) Lésions musculaires

Les seules lésions sérieuses sont des lésions tendineuses. La rupture du tendon long biceps est la plus commune. Elle peut être plus ou moins complète.

Avec les lésions osseuses on a vu la possibilité de l’arrachement des insertions tendineuses tubérositaires.

Le muscle lui-même peut être le siège de lésions moins importantes telles que infiltrations sanguines, attritions, déchirures partielles. D’autres fois une esquille osseuse vient l’embrocher, et quelquefois si profondément qu’elle vient faire saillie sous la peau. On cite deux cas avec plaie du membre et saillie en dehors du fragment osseux.

Les solutions de continuité musculaires et tendineuses ne sont pas les seules complications possibles. Ainsi le tendon du long biceps peut s’interposer entre la glène et la tête humérale ; exceptionnellement ce sera le sous-scapulaire ou les fibres du court biceps.

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