‹ Contribution à l'étude du traitement des luxations de l'épaule compliquées de fractures de l'extrémité supérieure de l'humérusChapitre 26 sur 41 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La symptomatologie de la luxation de l'épaule compliquée de fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus tient à la fois des signes de luxation et de fracture, et d’autre part des modifications apportées à ces signes par la coexistence des deux lésions. La méconnaissance de ces modifications conduit à un diagnostic erroné de luxation simple ou de fracture simple. Le plus souvent aussi cette erreur de diagnostic provient d’un examen insuffisant. « Ce qui fait que la luxation ou la fracture sont méconnues, c’est que l’une des lésions suffisant à rendre compte des principaux symptômes, le chirurgien après l’avoir reconnue, ne porte pas plus loin ses investigations. » (Malgaigne.)

Dans la double lésion les signes de la fracture modifient ceux de la luxation et inversement. De plus, de leur groupement naissent des signes nouveaux et l’ensemble de tous ces symptômes soigneusement recherchés conduit presque toujours à un diagnostic clinique exact de luxation avec fracture.

La radiographie sera ici encore d’un concours précieux. Non seulement elle permettra d’élucider un diagnostic parfois difficile ou de confirmer le diagnostic clinique, mais encore elle permettra de préciser la nature des lésions osseuses et articulaires.

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Donc diagnostic clinique, soigneusement établi d’abord, puis confirmation et précision par la radiographie, éviteront toute erreur et conduiront à une thérapeutique appropriée.

Tout ceci nous conduit à passer en revue les principaux signes qui caractérisent la double lésion.

A. — Signes de luxation et modifications apportées

par la coexistence de la fracture

a) Vacuité glénoïdienne caractérisée par le signe de l’épaulette et la dépressibilité sous-acromiale. Ce signe, bien qu’il existe, n’est pas constant dans la luxation avec fracture. La glène peut en effet être remplie par l’extrémité supérieure de l’humérus réduit, cas surtout fréquent dans les fractures du col anatomique.

b) Situation anormale de la tête. C’est comme le précédent un signe pathognomonique de luxation. Mais lorsque la luxation se complique de fracture, un caractère important s’y ajoute ; les mouvements imprimés au fragment supérieur ne se transmettent pas à la tête luxée. Dans un seul cas, ce signe capital peut manquer, c’est lorsqu'il existe un engrènement marqué des deux fragments.

c) Abduction. Signe important de luxation caractérisé par son irréductibilité, réalisant le phénomène du coude à ressort. On conçoit que lorsqu’à la luxation coexiste une fracture, la diaphyse reprenne sa position habituelle le coude reste collé au corps. Ceci

ag, ANPOE

est la règle dans les fractures du col anatomique. Dans les fractures du col chirurgical le fragment inférieur ne reste pas dans la glène et l’humérus se met en abduction. Mais ici, contrairement à ce qui se passe dans la luxation simple, l’abduction est facilement réductible. Donc dans la luxation compliquée de fracture, le coude est au corps (col anatomique) ou s’y met facilement (col chirurgical), c’est là le signe du coude au corps de Berger.

Vacuité glénoïdienne, situation anormale de la tête et abduction, voilà la triade qui caractérise la luxation. Nous venons de voir les modifications qui y sont apportées par la fracture. Les autres signes de luxation sont peu modifiés si ce n’est que la rotation du fragment inférieur est le plus souvent interne alors que dans la luxation simple, le bras peut se mettre en rotation externe.

B. — Signes de fracture et modifications apportées

par la coexistence de la luxation

1° Signes de fracture du col chirurgical.

a) Encoche visible et palpable, quelques centimètres au-dessous de lacramion. Dans la luxation on a une dépression immédiatement sous-acromiale. Ces deux dépressions dans {a double lésion coexistent ou plutôt tendent à se confondre et la ligne verticale de l’épaulette descend plus bas. La palpation montre d’ailleurs que l’encoche deltoïdienne se prolonge en haut par la vacuité de la glène.

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