TRAITEMENT SANGLANT
Ce mode de traitement comprend deux méthodes: la résection et la reposition.
Méthode de résection
Il ne s’agit pas, au sens strict du mot, d’une véritable résection, mais plutôt d’une simple ablation, d’une énucléation de la tête humérale luxée et séparée de la diaphyse. Préconisée par Delpech en 1827 dans son Ouvrage de chirurgie clinique, elle ne fut pratiquée pour la première fois qu’en 1814 par Morton, de Philadelphie. Puis ce sont les mémoires de Tripier au Congrès de chirurgie de 1886, de Poirier en 1889 et 1892, de Delorme en 1894, enfin, de Lepars, qui assure que c’est l’opération de choix, « moins satisfaisante peut-être d'apparence que les autres, mais plus sûre, la mieux faite pour assurer la restauration rationnelle du membre ».
Enfin cette méthode a été l’objet de nombreuses communications jusqu’à ces dernières années : à la Société de Chirurgie de Lyon par Cotte, en 1920 ; Ta-
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vernier, Carive et Paitre en 1923, Tavernier en 1924, Cotte en 1925. En 1925 également, Lecène publie à la Société des Chirurgiens de Paris son observation, véritable expérience, où sur le même blessé il pratique d’un côté une résection, de l’autre une reposition sanglante. Clavelin en 1926, Lheureux en 1927, discutent, à la même Société, les résultats de la résection. La thèse de G. Marchand paraît en 1928. La même année paraissent les observations de Blanc, Bressot, Mornard à ia Société des Chirurgiens de Parie, et de Bourde à la Société de chirurgie de Marseille. Enfin, en 1931, paraissent à la Société de Chirurgie de Lyon celles de Ricard, Patel, Chalier et Berard. Ce dernier inspire la thèse de Laborderie (Lyon, 1931), qui plaide en faveur de la résection.
À l’étranger, la résection a été très peu en honneur et délaissée au profit de la réduction.
En France, c’est la méthode sanglante qui a été le plus employée dans le traitement des luxations-fractures de l’épaule et ce pour des considérations très diverses. |
On a fait la résection systématique : en présence de la facilité exérèse de la tête située dans l’aisselle, par crainte de nécrose ou de non consolidation du fragment céphalique abandonné à lui-même, par crainte aussi du danger que faisait courir ce fragment au paquet vasculo-nerveux, par nécessité, enfin, lorsque s’avérait l'impossibilité de la reposition au cours d’une tentative de réduction sanglante. Dans les cas tardivement opérés on a également réséqué la tête comme pour une luxation ancienne.