‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Néphrites aiguës anuriquesChapitre 13 sur 41 · L’EXSANGUINO-TRANSFUSION · texte numérisé non relu

L’EXSANGUINO-TRANSFUSION

De conception ancienne, l’exsanguino-transfusion est entrée dans la pratique en 1946, avec les travaux de Tzanck et BEssis. Cette méthode, dite de BESsIs, a été

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appliquée au traitement de l’insuflisance rénale aiguë, à partir de 1947.

Elle combine, chez un même malade et de façon simultanée, la saignée et la transfusion en conservant une masse de sang inchangée.

Le sang du malade, chargé en déchets toxiques et en urée, est retiré en général par la veine saphène interne, tandis qu'est injecté en perfusion continue, à même allure, par une veine du pli du coude, du sang frais prélevé extemporanément à des donneurs et recueilli sur flacons citratés.

Chez un adulte de poids moyen, 15 litres de sang sont nécessaires pour changer la quasi-totalité de la masse sanguine.

Si l’on tient compte des tables de substitution de WIENER et WEXLER, les résultats les plus efficaces sont obtenus en pratiquant deux ou trois exsanguino-transfusions de » litres chacune plutôt qu’une seule de 15 litres. En pratique, une exsanguino-transfusion de 7 à 9 litres retire en moyenne de 20 à 30 grammes d’urée et permet de gagner quarante-huit heures. C’est une méthode simple, remarquablement tolérée et comptant de très beaux succès à son actif (PASTEUR, VALLERY-RADOT et MILLIEZz, R. Moreau).

L’exsanguino-transfusion a conquis beaucoup de médecins par sa facilité de technique, la tolérance du malade à son égard, sa rapidité d’exécution qui en font une méthode élégante, sûre et vivante.

Il est cependant évident que les exsanguino-transfusions ne permettent pas toujours d'obtenir une reprise précoce

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de la diurèse. Celle-ci s’établit dans les délais habituels, entre le dizième et le quinzième jour, et il est probable qu'il ne s’agit que d’un processus évolutif spontané qui ne doit pas s’inscrire à l’actif de la méthode. L’exsanguino-transfusion, pour donner des résultats, doit être appliquée dès les premières heures des septicémies à Perfringens. Elle présente un triple avantage :

a) Elle lutte contre le collapsus vasculaire qui joe son rôle dans l’anurie des premières heures;

b) Elle stoppe l’hémolyse brutale;

c) Elle réduit le risque d’encombrement mécanique des tubili.

Mais, même précocement instituée, l’exsanguino-transfusion doit se poursuivre, afin de compléter cette triple action initiale par son rôle vicariant à l’égard des déchets toxiques accumulés.

(Exemple : 5 exsanguino-transfusions avant diurèse permirent d’évacuer 100 gr. d’urée; Observation n° 8.)

L’exsanguino-transfusion apporte des globules neufs et permet d'améliorer le taux de l’hématocrite de ces malades souvent fortement anémiés.

Elle réalise une soustraction d’urée et de produits moins dégradés du catabolisme protidique d’autant plus important que le taux initial d’urée était plus élevé. Ce sang nouveau tend à normaliser le rapport chlore globuloplasmatique, la kaliémie et la natrémie.

La réserve alcaline est modifiée dans un sens favorable, mais on ne doit pas négliger les thérapeutiques correctives

complémentaires.

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