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Cette malade est donc restée, du septième au dix-septième jour de sa maladie, en pleine conscience et sans troubles urémiques, avec une azotémie modérée. Si bien qu’à une phase habituellement critique de la maladie, elle
? » # r , 7 n'a pas imposé une épuration extrarénale.
Bor... La malade entre au sixième jour d’une anurie : par ingestion d’oxy-cyanure de mercure. Elle a été précédemment traitée par le B. A. L. L’urée sanguine est à 3'gr. 05. Nous lui donnons 80 milligrammes de testostérone; trois jours après, elle est encore à 3 gr. 30, alors qu'aucune élimination uréique ne peut expliquer cette azotémie relativement basse.
Du dixième au onzième jour, la diurèse réapparaît;
guérison en vingt-sept jours.
Mai. Au cinquième jour d’une anémie mercurielle, alors que l’urée sanguine atteint 2 gr. 50, le traitement par la testostérone est entrepris. Au neuvième jour, l’urée sanguine atteint 3.gr. 10; au onzième jour, date de la reprise de la diurèse, elle atteint 3 gr. 60 (soit une élévation moyenne de 0 gr. 20 par jour). La guérison définitive est survenue en vingt-trois Jours.
Ces deux cas, d’intensité moyenne, ont bien supporté une azotémie qui s’est élevée très lentement et n’ont pas nécessité d'intervention extrarénale.
ePÉd 1 OBSERVATION N° 4
Lam... Cette malade entre au quatrième jour d’une anurie à CL Perfringens. L’urée sanguine est déjà à 4 gr. 20, ce qui traduit une uréogenèse très importante (1 gr. par jour) ; une exsanguino-transfusion qui ramène 20 grammes d’urée et abaisse l’urée sanguine à 3 gr. 90 est pratiquée et 80 milligrammes de testostérone sont administrés chaque jour.
Cinq jours après, l’urée sanguine est seulement à 9 grammes, soit une élévation moyenne de 0 gr. 20 pendant cette période; la diurèse, de 250 à 500 cm”, élimine environ 3 à » grammes d’urée par jour. Le neuvième jour, une dialyse péritonéale ramène 57 grammes d’urée et fait tomber l’urée sanguine à 3 gr. 15.
La testostérone est continuée à 40 milligrammes par jour pendant quatre jours et, au treizième Jour, l’urée sanguine atteint 4 gr. 50. L’élévation moyenne est donc de 0 gr. 25, chiffre qui devrait être légèrement majoré du fait d’une élimination urinaire quotidienne de 7 à 5 grammes.
À cette date, au treizième jour, nous supprimons la testostérone. L’urée sanguine s’élève aussitôt, elle atteint 9 gr. 90 le lendemain, 6 gr. 50 trois jours après; l’élévation moyenne a été de 0 gr. 50, chiffre qui doit être encore majoré, car l'élimination urinaire est passée de 12 à 21 grammes par jour.
Au dix-septième jour, nous rétablissons la testostérone,
RON ee
l’élévation sanguine de l’urée semble à nouveau freinée (6 gr. 70 quatre jours après).
Mais ces chiffres sont très difficiles à interpréter, car l’élimination urinaire oscille entre 20 et 30 grammes par jour. |
La maladie va évoluer ensuite vers la guérison, qui surviendra au quarante-cinquième jour.
Cette malade, qui semblait atteinte d’une uréogenèse trop importante, a vu son urée sanguine devenir presque étale dès qu’on à administré la testostérone, puis s’élever à nouveau très rapidement dès qu’on. a interrompu la thérapeutique.
(Georges Bickez, J.-J. Mozer et J. Opter.)
Au printemps 1947, une jeune fille de 17 ans absorbe quatre comprimés de 0 gr. 50 de sublimé.
Examinée sept heures plus tard, elle présente des vomissements, une diarrhée profuse et une forte albuminerie, avec hématurie et cylindrurie. Elle reçoit immédiatement une injection de 300 milligrammes de B. A. L. suivie, à quatre heures d’intervalle, de trois autres injections de 150 milligrammes.
Quarante-huit heures plus tard, tous symptômes alarmants avaient disparu, la malade se sentait remarquablement bien, et la diurèse s’était rétablie après une anurie transitoire de dix-huit heures. Une semaine plus tard,
plus d’albuminurie, la guérison fut acquise.
M°° L... (Raymonde), 48 ans. En excellente santé. Absorbe, le 3 septembre 1948, à 13 h. 15, au cours d’un accès de dépression, un comprimé de 1 gramme de sublimé dissous dans un verre d’eau. Très vite envahie d’un malaise général, elle s’étend. Tôt après, elle est prise de nausées et, vingt minutes après l’ingestion du toxique, d’un vomissement alimentaire sanguinolent. Elle entre ensuite dans un état de demi-conscience. Un médecin constate des symptômes de choc, injecte un analeptique et dirige la malade sur l'hôpital. A l'entrée dans le service, un peu plus d’une heure après l’ingestion du toxique, M" L... est légèrement cyanosée, somnolente, apathique, incapable d’articuler les quelques mots qu’elle prononce.
Le pouls est mal frappé, mais régulier et de fréquence
normale.
La tension artérielle est de 9,5—7
L’abdomen est souple, indolore à la palpation. Après Padmission à l’hôpital et durant trois heures consécutives,
débacles de selles diarrhéiques légèrement sanglantes.
D’emblée, on effectue un lavage d’estomac, on administre des analeptiques et l’on injecte par voie intraveineuse, un demi-litre de solution glucosée à 20 %.
Simultanément, on met en œuvre un traitement antidotique par le B.A.L. (Dimercaprol ou British Anti Lewisite), dont le malade reçoit une première dose de 225 milligrammes à 15 h. 30 — soit une heure quarantecinq après l'absorption du mercure — puis une deuxième
dose de 112 milligrammes à 19 h. 30, une troisième dose de 112 milligrammes à 23 h. 30.
L’état de choc disparaît vite, la malade reprend ses esprits, passe la première nuit relativement bien.
Les deux jours suivants, pas d'incidents. La malade, éveillée, ne ressent, à part quelques maux de tête, rien d’anormal.
Tension nitétiellé normale : 11,5—-8.
Diurèse relativement faible (400 em° par 24 heures). Pas de réelle anurie. Pas d’élément pathologique dans les urines.
Le traitement par le B.A.L. est poursuivi deux jours encore à raison de deux injections quotidiennes de 125 milligrammes, jusqu’à un total de 900 milligrammes en trois Jours.
Au quatrième jour, état général excellent, mais apparition des premières manifestations d’une double atteinte rénale et digestive. Le taux d’urée sanguine, jusque-là normal, s'élève à 1 gr. 78 %, le 6 septembre. Celui du chlore plasmatique demeure sensiblement normal (3 gr. 55 %o). La malade se plaint de douleurs à l’épigastre. |
Au cinquième jour, l’urine renferme quelques cylindres hyalins, une faible quantité d’albumine, la concentration du chlore est de 1 gr., celle de l’urée de 6 gr. 05 %o. Le taux d’urée sanguine est de 2 gr. 07 par litre.
Le rapport de COTTET est de 68.
Le 8 septembre, la phénolsulfonéphtaléine ne s’élimine
qu’en traces dans les urines.
ANROSE
Le taux d’urée sanguine est de 2 gr. 10 %. Celui du
chlore demeure normal.
Le même jour, la T. A. s'élève à 14—7,5.
Sécheresse des muqueuses digestives pénible.
Au niveau de la bouche, placards jaunâtres de tissus sphacélés. Important trismus. Brûlures sur tout le trajet
de l’œsophage.
Au cours de la semaine suivante, l’état se modifie très lentement. La malade est subfébrile, mais hormis une nette hypertension artérielle, ne présente aucune manifestation clinique de néphropathie, bien que l’azotémie atteigne 2 g. 82 %o le 9 septembre, s’accompagnant d’un abaissement de la réserve alcaline à 34 vol. 6 %.
La diurèse s'améliore dès lors lentement, tandis que la cylindrurie s’accentue et que le T. A. atteint 16—9,
Légère bouflisure du visage, mais pas d’œdème des
membres inférieurs.
Le 12 septembre, forte hémorragie gingivale d’origine nécrotique, en l’absence de toute modification significative de la crase sanguine.
Deux semaines après l’absorption du poison, la diurèse est de 2 litres par vingt-quatre heures. La concentration urinaire de l’urée s'améliore quelque peu, atteignant 8 gr. 94 par litre. L’albuminurie est de 0 gr. 40 %. La cylindrurie, tout en demeurant peu importante, varie un peu d’un jour à l’autre. L’azotémie est de 2 gr. 89 %& L'état général demeure satisfaisant.
LIN SRE
Dès le début de la troisième semaine, amélioration régulière des troubles digestifs et des symptômes rénaux. Le trismus s’atténue, les joues désenflent, les sphacèles de la muqueuse buccale régressent, la palpation abdominale est presque indolore.
L’atteinte rénale suit la même évolution heureuse, mais à un rythme plus lent. Le taux de l’azotémie redevient normal, tandis qu’albuminerie et cylindrurie s’atténuent régulièrement. Les épreuves fonctionnelles rénales demeurent longtemps déficitaires. L’élimination de la phénolsulfonephtaléine, mesurée le 27 septembre, ne s’effectue que dans la proportion de 25 % en deux heures. La concentration urinaire de l’urée ne dépasse pas 6 gr. 50 %, mais une forte diurèse compense partiellement cette faiblesse de concentration. La tension artérielle s’abaisse progressivement et atteint 12—8 le 28 septembre. La vitesse de . sédimentation des globules rouges, très accélérée au cours de la première semaine (90 et 120 en 1 et 2 heures), ne se ralentit qu’avec beaucoup de lenteur. Le 16 octobre, en une et deux heures, six semaines après l’intoxication, elle est de 21 et 44 m. Deux mois et demi après, malgré un aspect général bon, l’élimination de la phénolsulfonephtaléine ne dépasse par 45 % : c’est le dernier vestige d’atteinte toxique des tubes rénaux.
En résumé, c’est grâce à l’administration précoce d’une dose adéquate de dimercaprol, conformément à la technique proposée par LONGHOPE et LUETSCHER, que l’intoxication évolue avec bénignité, sans aucun symptôme
d’empoisonnement mercuriel.
OBSERVATION N° 7 (Rocx, FERRERO et DORET.)
Il s’agit de 2 grammes d’oxy-cyanure de mercure injectés directement dans la veine, dans un but de suicide. Le dimercaprol fut administré, deux heures après, au moment où l’urine signalait déjà une atteinte rénale importante. La malade mourait le treizième jour, malgré une dose de B. A. L. supérieure à celle préconisée par LONGHOPE, ce qui peut s’expliquer par le fait que l’administration du mercure par voie veineuse produit une into-
xication plus grave que par ingestion.
OBSERVATION N° 8 (C. Lrau, F. SIGUIER, J. CROSNIER, J.-C. SAVOIE et P. PouLTAIN.)
ÂAnurie post-abortum, due au bacille Perfringens pénicillo et streptomycino résistant, illustrant d’éclatante façon la valeur de l’exsanguino-transfusion de TZANCK et BESSIs.
Le 26 septembre, un dimanche, une fleuriste de 19 ans, se sachant enceinte d’environ trois mois, se livre sur ellemême à une tentative d’avortement à l’aide d’une sonde rigide. Hémorragie minime. En revenant du travail, céphalée violente, vomissements, frissons. La malade se couche.
Le mardi matin, elle est subictérique, fébrile et déjà remarque qu’elle urine peu.
Le mercredi, l’aggravation est telle que la malade est transportée d’urgence à la Pitié, en chirurgie. Là, on