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L'IOTHION
L’iothion, nom donné au diiodhydroxydopropane, est un éther combiné d'acide iodhydrique.
C’est un liquide jaunâtre, oléagineux, dont le poids spécifique égale 2,4 à 2,5, pour une proportion d’iode de 80 7.
Il est soluble dans l’eau à raison de 1 pour 78 ou 80, dans la glycérine dans la proportion de 5 Ÿ, et dans l’huile d’olive 1 pour 1 +. Il se dissout en outre en toutes proportions dans l'alcool, l’éther, le chloroforme, le benzol et les corps gras anhydres, vaseline, lanoline anhydre. — Sa solubilité dans la benzine est nulle.
L'iothion est légèrement volatil à la température du corps.
En solution aqueuse, il n’est décomposé que très lentement ; les acides aussi n’ont qu’une très faible action sur lui. Il n’en est pas de même des alcalis qui, même employés à dose faible, décomposent rapidement l’iothion et transforment l’iode organique pour donner des formes inorganiques pas saponification.
Telles sont, d’après Wesenberg (Application endermique de l’iode. Therap. Monalschefte, avril 1905), les propriétés physiques et chimiques de l’iothion.
Sa teneur en iode est de 80 7, d'après le Bulletin Médical, 70 % d’après Wolk, de Vienne, et de 71,74 à 70,06 7 d’après
rNe Chevalier. Enfin, le professeur Dreser établit que la teneur en iode de o gr. 10 d’iothion est égale à celle de o gr. 106 d’iodure de potassium.
Voici le moyen employé par Chevalier (Revue Thérapeutique, juin 1903) pour la déterminer: [l chauffe pendant 5 à 6 heures l’iothion avec de la lessive de potasse à 33 %/, en excès au réfrigérent ascendant dans un bain-marie. Après cela, il acidule avec de l'acide sulfurique et ajoute du nitrite de soude. Il agite alors à plusieurs reprises avec du sulfure de carbone et triture la solution d’iode sulfure de carbone après lavage à l’eau, avec une solution de natriméthiosulfate, en ajoutant du
bicarbonate de soude.
Nous étudierons maintenant les transformations successives de l’iothion dans son emploi thérapeutique.
La peau étant frictionnée par l’iothion, ce dernier est absorbé. D'après le professeur Dreser (Berliner Klinische Wochenschrift), dans.son abserption successive par la peau, l’iothion est saponiñé et il se forme dans les tissus de l’iodure alcalin. L'iode, du point frictionné, se propage à tout le reste du corps en se diluant de plus en plus, et finalement est éliminée pai l’urine et la salive.
Cette élimination se fait sous forme d’iodures alcalins ; mais si l’on a appliqué une trop grande quantité d’iothion ou encore si on l’a employé comme traitement interne ou sous forme d’injections sous-cutanées, en plus d’iodures, il sera éliminé une certaine quantité d’iode organique.
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Voici un tableau de l'élimination dans l'urine et dans la
salive donné par Chevalier dans la Revue de thérapeutique . . :
de juin 1905. |
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Nous avons nous-même fait rechercher le passage de l’iode dans les urines au laboratoire des cliniques de l’Hôpital-Suburbain. Voici les résultats : L’iode se décèle dans l’urine de la première miction, c’est-à-dire déjà deux heures après l’onction d’iothion. L'élimination est maxima dans l’urine de la deuxième miction, c’est-à-dire quatre heures après l’onction; elle décroît progressivement dans l'urine de la quatrième et de la cinquième miction.
Nous citerons maintenant des expériences faites par Wesenberg sur deux personnes, pour déterminer la quantité d’iode
éliminée.
lothion employé en friction Eliminée
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Chevalier, qui cite ces expériences, en conclut : « Les valeurs données plus haut de l’iode retrouvé dans l'urine, ne correspondraient denc qu'à trois quarts des quantités d’iothion
qui passent de la peau à la résorption. »