‹ Contribution à l'étude du traitement des orchido-epididymites blennorragiques par l'iothionChapitre 5 sur 28 · CHINE · texte numérisé non relu

CHINE

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TRAITEMENT DES ORCHI-EPIDIDYMITES PAR L’IOTHION RESULTATS OBTENUS

L'’iothion a été déjà expérimenté par des docteurs allemands dans le traitement des orchi-épididymites blennorragiques. Les docteurs Max Joseph et Max Schwarzschild, de Berlin, ont

employé, soit une pommade à 25 Z :

lothion, 2 gr. 50.

Vaseline jaune

Lanoline anhydre |

Ne ; : FRA soit à l’occasion aussi une pommade à 50 7

Tothion, 15 gr.

Lanoline, 12 gr.

Vaseline, 3 gr.

Voici ce qu'ils disent des résultats obtenus : « Toute une série de patients ont fait la friction sur la peau particulièrement sensible du scrotum, sans que les troubles aient atteint un degré intense. La sensation de brûlure produite après la friction n’a jamais été indiquée comme pénible, ni même comme apportant un obstacle à la continuation du traitement. Au point de vue:

objectif, je n'ai pu constater aucun phénomène d'irritation

dans les cas où il s'était passé quelque temps depuis la friction. [1 n’a jamais été nécessaire d'arrêter le traitement à cause de l’irritation de la peau. On n’a jamais remarqué de phénomènes accessoires, comme il arrive si souvent d'en observer avec l'emploi interne de l’iodure de potassium.

» Il résulte de nos études sur cinq cas d’épididymite blennorragique traités par l’iothion, qu'on peut difficilement agir sur d'anciennes infiltrations blennorragiques, mais que, même dans des cas aigus, avec leur sensibilité en général extrême, les frictions sont bien supportées. Comme les résultats ne sont pas inférieurs à ceux du traitement antiphlogistique, le traitement résolutif par l’iothion pourrait au moins mériter la préférence, du moins en combinaison avec le premier. » (1)

Les docteurs Carlo Ravasini et Ugo Hirsch, de l'Hôpital civil de Trieste, résument ainsi ieurs observations :

« Nous avons soigné dix malades atteints d’épididymite blennorragique, nous avons appliqué une fois par jour la pommade (iothion 1 partie, lanoline, vaseline 4à 2 parties) sur le scrotum, recouvert la région avec de la gaze hydrophile, de l’ouate et de la batiste de Billroth, et appliqué le pansement de Horand. A cet effet, nous avons choisi les cas qui étaient peu ou point douloureux.

» L’épididymite a disparu complètement en un temps extrêmement court. Dans un cas avec induration du cordon, celie-ci1 a disparu également. La durée du traitement a été de 4 à 11 jours. Un cas qui avait été traité auparavant sans succès avec une pommade à l’iodoforme sur le scrotum, a guéri complètement par un traitement de onze jours, avec la pommade à l’iothion.…

» Nous possédons dans l’iothion un médicament remaïrqua-

(1) Deutsch med. Wochenschrift, n° 24, 1905.

ble pour introduire d’une façon commode l’iode dans l’organisme à travers la peau. » (1)

Dans le service des maladies syphilitiques et cutanées de l'Hôpital-Suburbain de Montpellier, M. le professeur Vedel a employé l’iothion dans le traitement des orchi-épididymites blennorragiques et l’a prescrit en onctions, étendu dans deux fois son volume d'huile d’olive stérilisée. Les onctions ont été faites en général tous les deux jours.

Quels ont été les résultats de cette médication ? os

Et d’abord les inconvénients

Tous les malades, ou presque tous, accusent après l’onction une cuisson qui, légère chez certains, produit chez d’autres une véritable sensation de brûlure. Cette cuisson cependant est plus légère que celle provoquée par le gaïacol ; et si parfois elle persiste un quart-d’heure ou même une demi-heure, d’autres fois, par contre (observations VIIT et X), elle ne dure que cinq à dix minutes. Dans tous les cas, enfin, eiie va s’atténuant à chaque nouvelle onction.

On pourra également objecter que la plupart des malades traités par l’iothion ont quitté le service avec une légère induration persistante de l’épididyme. Maïs on sait que, à la suite de l’orchi-épididymite blennorragique, il persiste habituellement un noyau dans la queue de l’épididyme. Quand diparaît ce noyau? Nous l’ignorons, car les malades, à ce moment s’en vont de l'hôpital pour n’y plus revenir. On ne peut donc pas être renseigné.

On ne pourra pas non plus faire un grief à l’iothion de la dermite légère survenue chez le malade de l’observation première. Ce malade présentait, en plus d’une orchi-épididymite gauche,

de la funiculite très douloureuse ; il avait continué à travailler

(1) Archiv. für Derm. et Syphil., n° 2 et 3, 190$.

ACTES tout en faisant des applications de pommade mercurielle ; à son entrée à l'Hôpital, on prescrit des frictions gaïacolées à 1/L0°. L’iothion est employé en dernier lieu. Peut-on, dans ces conditions, le rendre responsable et seul responsable de la légère dermite survenue au scrotum ?

Mais, à côté de ces inconvénients, peu graves, on le voit, l'iothion se recommande par des qualités de tout premier ordre, En eflet, sous l'influence de ce traitement, on observe, dans la majorité des cas, la sédation rapide de la douleur et la résolution prompte des parties enflammées. .

Mais, ici, afin de pouvoir discuter consciencieusement et méthodiquement les résultats avantageux de l'emploi de l’iothion dans les cas qui nous occupent, une division s'impose: nous considèrerons séparément les cas dans lesquels nous nous sommes trouvé en présence d’orchi-épididymites simples, ceux dans lesquels nous avons eu affaire à cette affection compliquée de vaginalite, et enfin ceux qui se sont compliqués de funicu-

lite.

1° Orchi-épididymites simples. — Nous entendons par là,

avec les auteurs classiques, celles qui ne s’accompagnent pas

Le]

d’un fort épanchement de la tunique vaginale et chez lesquelles le cordon spermatique n’est ni gros, ni douloureux. Nous retrouvons ces cas dans les observations IT, IIT, IV, VE VII XIT, XIV, XV, XVI, XVII, XVIII. Or, après quelques onctions à l’iothion, voici ce que nous avons remarqué dans ces cas

Le testicule devient moins douloureux à la palpation ; la glande spermatique diminue de volume. Si la médication est encore continuée, le mieux s’accentue de plus en plus. Plus tard, il devient quelquefois difficile de distinguer à première vue le côté malade du côté sain ; toutefois, nous l’avons déjà fait remarquer, on sent à la palpation un noyau induré au niveau

de l’épididyme.

D Lo

Dans les observations X, XI, XIII, il s’agit d’orchi-épididymites doubles. Frois onctions suffisent pour rendre aux parties génitales leur souplesse et pour faire disparaître la dou-

leur.

De Orchi-épididyrite avec épanchement considérable dans la tunique vaginale. — Le malade de l’observation IX, sous l'influence d'applications successives renouvelées de deux en deux jours, voit tous les phénomènes qu’il présente s’'amender et en 15 jours peut sortir de l'hôpital, complètement guéri. Nous ne retrouvons pas ce même résultat heureux dans l’observation V, où le malade fut envoyé dans les salles de chirurgie, à cause de la persistance de l’épanchement dans la vaginale. Et s'il nous faut donner ici une appréciation sur le traitement de ces cas par l’iothion, pour être dans le vrai, nous devons dire que l’iothion semblerait avoir moins d’action dans ces cas que dans. ceux où l’orchite n’est pas compliquée de vaginalite avec épanchements. Il est cependant vrai que nous devons faire entrer en ligne de compte la quantité notable de liquide qui constituait l’épanchement et faisait de l’hydro-

cèle la lésion prédomirante.

3° Orchi-épididymite avec cordon gros, dur et douloureux. — Si l’orchi-épididymite se complique de funiculite (observation première), si le cordon spermatique est douloureux (observation VIII), nous voyons que l’iothion agit également d’une façon sensible. Nous avons déjà indiqué que l’observation première ne pouvait être absolument démonstrative, puisque le malade, qui avait d’ailleurs continué à travailler au début de son orchite, avait d'abord essayé la médication par l’onguent mercuriel et avait été traité, dès son entrée à l’hôpital, par les badigeonnages au gaïacol au 1/10°. La légère dermite qu'il

avait présentée au scrotum et l'interruption consécutive du:

20) ae traitement par l’iothion, empêchent l'observation d’être absolument concluante. Mais dans l'observation VIII, on voit l’iothion réussir là où l’onguent mercuriel n’a donné que de la stomatite: le cordon cesse d’être douloureux et le malade est guéri après treize jours de traitement.

L’iothion paraît donc agir d'une façon efficace dans les cas où le cordon lui-même est gros et douloureux.

L’iothion a-t-il une action différente suivant la période de la maladie à laquelle il est administré? Si nous envisageons les différentes observations rapportées, il semblerait qu’il agisse un peu moins sur les vieilles infiltrations blennorragiques du testicule ; il n'existe pas cependant, à cet égard, de différence bien marquée.

Les onctions d’iothion dans l’orchi-épididymite d’un seul côté empêchent-elles le testicule resté sain jusqu'alors de se prendre ? À cette question, nous pouvons seulement répondre que, dans la série de nos observations, ce fait ne s’est jamais produit.

Mais nous tenons essentiellement à dire que, dans tous les cas traités dans le sérvice de M. le professeur Vedel, la compression a été associée à la médication par l’iothion. Nous estimons, en effet, que l'emploi du suspensoir Horand-Langlebert ou de tout autre moyen de compression est le meilleur adjuvant du traitement de l’orchite. Nous pensons également que le repos est presque toujours nécessaire, on peut même dire indispensable ; le repos, en lui-même, n’est pas une médication, mais la condition primordiale de l'efficacité d’une médication.

Ainsi donc, pour nous résumer, nous dirons que l’iothion est un sédatif puissant de la douleur dans le traitement de Porchi-épididymite blennorragique; grâce à lui, l’inflammation se résout promptement, résolution qui paraît due non seule-

ment à son action topique, mais autant à l'influence des i0-

MAN dures alcalins en lesquels il se transforme dans l’organisme. Un grand avantage de l’iothion, c'est que, à son efficacité, ne se joignent pas les inconvénients de la médication iodique en général.

Suivent maintenant les observations dues à l’obligeance de

notre ami, M. Brue, aide de clinique de M. le professeur Vedel.

TEE

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