‹ Contribution à l'étude du traitement des pertes de substance des os du crâne après craniectomie par la cranioplastie: volet cartilagineuxChapitre 14 sur 24 · HONTE · texte numérisé non relu

HONTE

Cette méthode a les mêmes qualités, les mêmes inconvénients que la précédente. Par sa technique, sa matière première, son instrumentation, son asepsie, elle est

-d’une application difficile. De plus, on ignore comment

l'os tolérera l'ivoire.

3° Crânioplastie par greffes osseuses ou ostéo-périostiques. — Pour réparer les pertes de substance des os, on à fréquemment tenté d'utiliser des greffons prélevés sur d’autres os; péroné, tibia, omoplate, trochanter, etc.

Ces méthodes ont donné en Chirurgie Générale parfois d'excellents résultats; mais, on a constaté que ces greffes osseuses, prises soit à des animaux, soit à l’homme, sont souvent vouées à l'élimination. La greffe joue alors le rôle de corps étranger irritatif vis-à-vis du périoste et sert de guide aux jetées d'os nouveau dû au périoste voisin. Les greffes osseuses, pratiquées dans le cas de perte de substance osseuse du crâne, ont donné des résultats favorables. Nous citerons les observations présentées à la Société de Chirurgie en ces dernières années.

Mauclaire, en février 1914, signale une observation de perte de substance crânienne, réparée à l’aide d'un greffon, prélevé sur la tubérosité iliaque, et en avril et septembre 1915, deux observations de cränioplastie, pratiquées à l’aide de greffons pris à la face externe du grand trochanter.

Le 1 décembre 1915, Marion présente un blessé chez qui il a réparé une perte de substance crânienne à l’aide de deux côtes dépériostées.

es D =

Le 13 septembre 1916, Leclerc (de Dijon) rapporte-un cas de perte de substance oblitérée par un greffon osseux emprunté à l’omoplate.

En mai 1916, Sicard et Dambrin conseillent Pilates sation de l'os crânien humain, prélevé ‘à l'autopsie, découpé en rondelle adéquate à la brèche crâmienne, mais allégé quelque peu, percé de trous, facilitant sa fixation et stérilisé à 120°.

En novembre 1916, Imbert et F (Marseille Médical) indiquent l'emploi de l'os crânien fœtal aseptique. ee

Des résultats heureux sont évidemment en faveur de ces divers procédés, mais néanmoins leur technique compliquée présenté une certaine difficulté matérielle de réalisation, Le malade, atteint de brèche crânienne, ne consentira guère à se laisser ébrécher à nouveau, que ce soit à l’omoplate, au grand irochanter ou au tibia; d'autre part, un morceau de crâne humain ne sera pas facilement accepté. De plus, dans ces différentes méthodes, il faut toujours craindre des accidents de compression cérébrale par l’os nouveau trop exubérant et l'élimination tardive du greffon : la greffe des os est malheureusement élicate à ‘obtenir.

Certains chirurgiens, à l'instar d’Ollier, de Sultan ét d’Axhausen, virent dans la greffe osseuse un rôle {rès important rempli par le périoste et spécifièrent nettement l'utilisation du périoste. Leurs greffes ostéopériostiques nous semblent mériter davantage l'attention des chirurgiens et susceptibles de réunir plus d'adeptes.

Dans le cas de pertes de substance crânienne, les

procédés récemment publiés de Delagénière (du Mans) et de Cazin sont appelés à rendre de grands services. . Delagénière ainsi que Meyer, Virenque et Jacquemin ont obtenu d'excellents résultats en utilisant des greffes ostéopériostiques du tibia pour réparer SOIL des pertes de substance crânienne, suite de trépanation, soil des pseudarthroses des membres (Société de Chirurgie, mai 1916). Les 19 observations présentées par Delagénière sont très intéressantes. Prélevant au ciseau-burin, à la partie supérieure de la face interne du tibia un copeau de périoste plus ou moins doublé de substance osseuse, 1l transportait immédiatement ce Jlambeau d'ostéopérioste dans la brèche crânienne mise à nu. La greffe est enchassée sous les rebords du péricrâne et appliquée, la surface fertile du périoste en ‘dehors, «afin d'éviter toute compression cérébrale lors de la sécrétion périostée ». Les greffes reprennent généralement très rapidement, et cette méthode est évidemment à retenir. D'une technique relativemént simple, cette méthode serait rapidement adoptée des chirurgiens, s'il ne lui manquait une longue expérimentation et s'il n'existait une méthode plus facile, par transplant cartilagineux. On sait du reste que sans crainte on peut enlever des greffons de côtes, tandis qu'un prélèvement tibial peut être susceptible d'amener par la suite de fâcheuses surprises et ne plus être inoffensif. De plus, le greffon tibial sera-t-il aussi facilement toléré qu'un greffon cartilagineux? La méthode reste donc à l'étude. Suivant les enseignements d'Ollier et de Kæœnig, Cazin (chirurgien-chef de l'Hôpital annexe du Val de

Je

Grâce n° 3) a employé, pour la réparation des pertes de substance de la voûte du crâne, deux procédés d’autoplastie par glissement, dans lesquels il utilise soit unlambeau ostéo-cutané, soit un lambeau ostéo-périostique. Dans une brochure, publiée en 1916 chez Maloime « La crânioplastie consécutive aux. larges trépanations », Cazin publie de nombreuses observations à l'appui de ces différents procédés. Un avantage précieux de cette méthode réside dans l'emploi de lambeaux pédiculés restant en continuité directe avec la région sur laquelle on les prélève; les lambeaux, qu'ils soient cutanés, ostéo-cutanés ou ostéo-périostiques, conservent l'innervation et la vascularisation de leur pédicule Ces pro- ‘cédés seront évidemment très utiles à connaître, mais néanmoins il faut dire aussi que la crânioplastie par lambeau ostéo-cutané ou ostéo-périostique de Cazin, est d’un emploi difficile, et réclame du chirurgien beaucoup de soin et de grandes qualités chirurgicales.

4° Crânioplastie par greffes osseuses empruntées aux animaux. — Cette méthode, d'application difficile et de résultats éloignés douteux, a été pratiquée rarement en ces dernières années. Cependant Paul Reynier (Presse Médicale, 1* juillet 1915) eut recours à l'hétéroplastie et utilisa une omoplate de lapin vivant pour obturer une brèche de trois centimètres avec hernie cérébrale. Les résultats auraient été satrsfaisants.

De toutes les méthodes précédentes, on ne peut en condamner aucune ; toutes ont l’appui des observations intéressantes et des succès constatés : toutes. méritent

k Nan

d’être retenues, car suivant le milieu, les habitudes du chirurgien, les désirs du blessé, elles seront parfois utilement employées. La méthode de transplantations cartilagineuses, exposée ci-après, semble la méthode de choix, parce que d’une technique plus simple, d’un

emploi plus facile; elle réunit plus d'adeptes et donne des résultats satisfaisants. ns

CHAPTERE I -

CRANIOPLASTIE PAR VOLET CARTILAGINEU

La crânioplastieé par volet cartilagineux n’est qu’une apphcation de la méthode des transplantations cartilagineuses qui fut préconisée par Von Mangold et déjà recommandée par Ombredanne et Nélaton pour réparer la charpente du nez. Mais, c'est Moréstin, qui, en ces dernières années, fut le véritable initiateur des transplantations carlilagineuses en chirurgie réparatrice.

Morestin utilisa les transplants cartilagineux pour réparer les pertes de substance osseuse du crâne, la saillie malaire, le contour orbitaire, le squelette nasal, le massif maxillaire supérieur ou des portions du maxillaire inférieur. Dans un rapport au Congrès de New- York, Morestin signala même entre autres indications des transplantations cartilagineuses « le remplacement des métacarpiens et phalanges, la reconstitution du massif-carpien, enfin l'emploi des phalanges partout où peut suffire un léger squelette ».

Le cartilage, matière facile à trouver, se laisse en effet très commodément transplanter. Certains cartilages, comme ceux des 6°, 7° et 8° côtes, sont facilement atteints

Page 1