‹ Contribution à l'étude du traitement des pertes de substance des os du crâne après craniectomie par la cranioplastie: volet cartilagineuxChapitre 18 sur 24 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I

C... G... soldat, régiment d'infanterie, 32 ans. Blessé le 4 septembre 1915 à V... par balle de mitrailleuse, il fut trépané Le 6 septembre pour plaie de la région pariétale droite et hémiplégie gauche.

À la suite de la trépanation, l'hémiplégie gauche s'atténue ;

le membre inférieur retrouve ses fonctions, tandis que le

membre supérieur gauche reste parésié.

Le 28 mars 1917, cet homme entre à l'hôpital mixte d'A. pour « vertiges fréquents, céphalée tenace et crises douloureuses dans le bras gauche ».

Le blessé se plaint de ne pouvoir faire le moindre effort sans éprouver des sensations pénibles : ballottement cérébral, douleurs sur le pourtour de la cicatrice. Il est obnubilé, répond à peine aux questions posées. Il ne présente

ni troubles digestifs, ni troubles urinaires, ni troubles des

sphincters. /

Fréquemment le blessé accuse des vertiges et des douleurs violentes et subites dans le bras gauche, « Tout tourne, ditil... il me semble que je perds la vue... je suis forcé de m'asseoir ou me coucher. et j'ai des douleurs comme des coups . d'épingle dans le bras gauche ». :

A l'examen, on constate une perte de subtance osseuse de forme circulaire, du diamètre approximatif d’une pièce de

-cinq francs environ et siégeant sur le pariétal gauche. |

Dee

A la pression, -on constate l'absence de plan résistant à ce niveau. Lorsqu'on incite le malade à tousser, on voit une hernie cérébrale qui se dessine et que l'on peut percevoir au palper, à travers la perte de substance. Cette exploration est assez douloureuses. Le blessé demande à être opéré.

La radiographie décèle un orifice bien net : ni esquille, ni corps étranger.

Opération : le-8 avril 1917, pratiquée par M. le Médecin

Major Autefage. Anesthésie régionale à la novocaine, sui-

vant le procède de Pauchet, en enfonçant jusqu'à l'os une longue aiguille, en un certain nombre de points, de façon à circonscrire à une, distance de 3 ou 4 centimètres, tout le pourtour de la perte de substance.

On taille un lambeau quadrilatère à pédicule inférieur circonscrivant la perte de substance osseuse. Où rugine le pourtour de-l'orifice de trépanation et on sépare la dure-mère de l'os. La dure-mère n’est pas ouverte, il ne s'écoule pas de liquide céphalo-rachidien. -

Puis, la plaie cranienne est fermée par quelques compresses. Après anesthésie locale, ablation du cartilage de la 6° côte. On est, à ce moment, obligé de donner un peu de chloroforme au blessé qui souffre trop s’agite et réclame l’anesthésie.

On taille au bistouri le cartilage de façon à obtenir un volet adapté à la forme et aux dimensions de la perforation osseuse, On en amincit légèrement les bords en prenant soin d'y supprimer le périchondre. :

On porte la plaque cartilagineuse sur la plaie crânienne; on enchasse les bords de la plaque entre la dure-mère et l'os. Suture de la plaie thoracique, puis de la plaie crânienne,

où on laisse un petit drain ressortant de chaque côté du!

pédicule.

Suites opératoires normales. Réunion per primam. Actuellement, juin 1917, le malade est enchanté de l'opération. L'obnubilation intellectuelle, la céphalée persistante, les

ait LÉ PNR RE NP LT RE UN à

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sensations pénibles au moindre effort, ont disparu. Cet homme, qui, auparavant, était un inactif et un incapable, a retrouvé des habitudes de travail et s'occupe continuellement. Il ne persiste que de rares accidents vertigineux qui s accompagnent toujours de douleurs et fourmillements dans le bras gauche. La greffe cartilagineuse a très bien pris et fait corps avec le pourtour osseux. Les cicatrices sont nettes et régulières.

Observation II.

à SES dr régiment d'infanterie territoriale, 37 ans, blessé le 3 octobre 1914 à G..,; il fut évacué sur R... pour « plaies de la région temporo-frontale droite et de la main droite par éclats d'obus ». Pas d'accidents nerveux.

Trépanation le 15 octobre 1914 à R...

Réformé n° 1 en février 1915 à cause de céphalée fréquente et difliculté de la marche.

Le 28 mars 1915 apparurent des crises d'épilepsie, et en même temps, de plus en plus, le malade se plaignait de céphalée fréquente, d’étourdissements et de difficulté de la marche. Le blessé marchaït en fauchant.

Les crises d'épilepsie survenaient en séries de 2 ou 3 crises apparaissant à intervalles à peu près réguliers : 28 mars, 21 avril, 1° juillet, 1% août, 2 septembre, 20 septembre,

Je octobre, 16 octobre, 20 novembre, 4: décembre 1915.

En 1916; 3 janvier, 10, 24 janvier, 18 février, 25 février, 1 mars, 16, 18 mars, 1°r avril, 13, 20 avril... et devinrent de plus en plus fréquentes. Le blessé craignait tout déplacement, tant par crainte d’une crise qu'à cause de la douleur qu'il ressentait au niveau de la brèche au moindre mouvement.

Le blessé entre à l'hôpital mixte d'A... le 30 novembre 1916. A l'examen, on constate à la région temporo-frontale droite

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