BAT
n’est jamais durable, comme nous l’avons vu, et la circulation collatérale se rétablit rapidement.
2° Facteur fonctionnel : c’est le facteur primordial, comme s’accordent à le démontrer les expérimentations de LERICHE, les nombreuses constatations cliniques que nous avons citées, et l’interprétation des symptômes des phlébites que nous exposons ici. C’est la grande découverte de LERICHE qui a montré que l’altération des filets sympathiques contenus dans l’adventice des veines est due à l’inflammation de celle-ci, entraînant du veinospasme qui s’accompagnait toujours de spasme des capillaires et des artérioles, et souvent même de spasme des grosses artères, en cas de phlegmatia cœrulea.
Ce spasme vasculaire généralisé d’origine sympathique entraîne par voie de conséquence de la stase veineuse; celle-ci est également productrice d’œdème d’une double manière : d’abord en élevant la pression hydrostatique des veines et empêchant le rappel d’eau des espaces Jacunaïres; ensuite en altérant les parois veineuses, d’où il résulte une déperdition des protéines circulantes qui fixent l’eau des espaces lacunaires. Ce dernier fait, établi par GOVAERTS, a été confirmé par DELATER, qui a montré que, dans l’œdème variqueux, le liquide œdémateux prélevé par ponction contient 5 à 6 gr. de protéines par litre au lieu de 3 gr.
L’œdème phlébitique est done avant tout, comme l’a montré LERICHE, un œdème neuropathique d’origine sympathique, et c’est ce fait, et ce fait seul, qui, comme nous allons le voir, a permis de lui opposer une thérapeutique active.
THERAPEUTIQUES FONCTIONNELLES DES PHLEBITES
Etant donné que l’æœdème phlébitique et la majorité des autres symptômes sont dus à un réflexe d’origine sympathique, parti de la zone d’adventicite péri-thrombosique, plusieurs solutions thérapeutiques s’offraient pour essayer d’agir efficacement sur les phlébites.
1° Supprimer la cause du réflexe :
LERICHE, en effet, a pensé à la thrombectomie, et en a fait plusieurs. Théoriquement, c’est la meilleure méthode, mais en pratique on se heurte à de très grosses difficultés. Si nous laissons volontairement de côté la question de lembolie possible due à la mobilisation du malade; il reste encore à déterminer le siège initial du thrombus, et son extension seconde, parfois considérable; or, pratiquement, il est à peu près impossible de déterminer cliniquement cette localisation et son étendue.
La phlébographie directe réalisée par Jo Dos SANTOS présente de grosses difficultés, qui en font à l’heure actuelle une méthode d’exception; quant à la phlébographie indirecte par voie artérielle et thorostrat réalisée par DE FOURMESTREAUX, elle n’a donné que de très médiocres résultats, de l’avis même de son auteur.
Notons cependant un cas publié par LERICHE en 1938, où la phlébectomie a été suivie d’un succès, et les quatre cas récents publiés par ORSTER et DUCOURNAU, où ils ont adjoint à la phlébectomie, la sympathectomie.
Las
Cette méthode est peut-être, et même probablement, celle de l’avenir: elle en est encore au stade expérimental actuellement; enfin, c’est une méthode exclusivement chirurgicale.
2° Supprimer les effets du réflexe en interrompant l'ares
Nous avons vu que cet arc réflexe était Ha réflexe long qui passe par les ganglions sympathiques lombaires, d’où partent les rameaux vasculaires. Pour couper cet arc réflexe, deux techniques sont possibles.
1° La résection catenaire
C’est une excellente méthode, mais une méthode chirurgicale comportant une intervention assez shockante, souvent difficile à faire accepter au malade, et elle nécessite une mobilisation importante à faire subir à un malade chez lequel l’embolie est toujours à craindre.
2° Section physiologique de la chaîne par infiltration novocaïnique :
C’est la méthode de choix : sa technique est bien au point, elle ne nécessite pas une mobilisation qui dépasse celle imposée au malade pour laccomplissement des soins et de l’hygiène journalière. C’est un acte de petite chirurgie à la portée de tous les médecins praticiens. Enfin, ses effets, comme l’ont montré de nombreux travaux ces dernières années, sont en tous points comparables à ceux de la résection catenaire, à condition de répéter les infiltrations.
C’est à cette méthode que nous nous sommes arrêté, car nous pensons qu’à l’heure actuelle c’est celle qui
compte le plus d’avantages, et des inconvénients vraiment insignifiants.