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BASES EXPERIMENTALES DE LA METHODE SES CONFIRMATIONS CLINIQUES ET CHIRURGICALES
Cherchant à déterminer ce qui, de la lésion pariétale ou du processus de thrombose, provoquait les troubles fonctionnels entraînant les différents symptômes d’une phlébite, LERICHE s’est adressé à la chirurgie expérimentale. Opérant sur des chiens adultes, il pratiqua avec ses collaborateurs trois séries d’expériences.
I — Dans une première série, LERICHE pratiqua la résection simp'e de segments veineux étendus.
Sur des chiens adultes et en plusieurs séances des segmen:s veïneux étendus, des saphènes externe et interne et de leurs affluents, des fémorales superficielle et profonde, des veines iliaques externe, interne et primitive et même chez certains chiens du segment initial de la veine cave inférieure, furent réséqués.
Le lendemain de chaque intervention, l’œdème s’est installé et n’a persisté que deux à huit jours.
« Les chiens sans veines >» sont donc physiologiquement normaux et l’absence ou la suppression des voies principales de retour du sang est incapable de produire un œdème durable.
IT. — Dans une deuxième série, LERICHE pratiqua des ligatures des veines par tronçons, avec injections sclérosantes intra-veineuses de salicylate de soude à 30 %.
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Ces opérations ont porté sur les mêmes troncs veineux que ceux ligaturés dans la première série, et comme la première fois également, elles ont eu lieu par séances successives. Chez les chiens ainsi traités l’œdème apparu dès le lendemain, a duré de huit à vingt-deux jours. L’œdème chez ces derniers chiens a donc duré plus longtemps que chez ceux qui avaient été simplement reséqués.
IT. — Enfin dans une troisième série d’expériences, LERICHE a injecté une solution sclérosante de salicylate de soude à 30 % dans l’adventice de veines non ligaturées.
Ces injections sclérosantes strictement adventicielles ont été pratiquées sur les segments des veines déjà nommées, et qui, rappelons-le, n'étaient pas ligaturées.
L’œdème qui est apparu un peu plus tardivement a duré de un à onze jours.
Pour bien juger du résultat des deux dernières séries d’expériences, il est particulièrement intéressant de se reporter à l’examen anatomo-pathologique des lésions obtenues et que nous empruntons à LERICHE :
1° Lésions obtenues par injections intra-veineuses sclérosantes.
On note l'installation très rapide dans les troncs veineux injectés, d’une endophlébite oblitérante qui a transformé le fragment vasculaire en véritable bloc fibreux.
L’adventice est entourée et fait partie d’une épaisse couche de tissu scléreux périvasculaire. Le système élastique de la paroi est atrophié. De la lumière vasculaire primitive il ne persiste rien, elle est remplacée par un b'oc de tissu scléreux, creusé lui-même de vaisseaux néoformés.
2° Lésions obtenues par injection de salicylate de soude dans l’adventice de la veine sans ligature.
Périphlébite intense avec endophilébite oblitérante,
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L’endothélium vasculaire est soulevé par du tissu conjonctif jeune, qui prolifère jusqu’à oblitérer la lumière vasculaire. De fines fentes persistent cependant à l’intérieur du bloc fibreux qui représente maintenant la veine.
En résumé les injections sclérosantes intra-vasculaires et adventicielles, ont eu un même résultat final : périphlébite ou plus exactement adventicite, avec endophlébite oblitérante.
C’est là qu’est le point capital des expériences de LERI- CHE et qui nous permet de toucher du doigt le point de départ réel, de tous les phénomènes fonctionnels qui constituent la phlébite.
Nous voyons en effet que les chiens aux veines réséquées font un œdème passager, la circulation de retour compensatrice, comme l’a montré l’étude phlébographique au thorostrat pratiquée par LERICHE, s’établit très rapidement grâce aux petites veines superficielles, qui se multiplient et se dilatent.
Chez les chiens sclérosés au contraire, cette même circulation compensatrice, étudiée elle aussi sur des phlébogrammes. est beaucoup plus lente à se produire et l’œdème dure plus longtemps que dans le cas précédent; or, à l'examen anatomo-pathologique, on note une endophlébite oblitérante déterminant l’obstruction de la lumière du vaisseau, mais il nous semble qu’un vaisseau obturé ou un vaisseau réséqué, cela soit du point de vue physiologie circulatoire bien semblable, et par le fait incapable d'expliquer la différence de rapidité d'apparition de la circulation de compensation qui conditionne la disparition de l’œdème. Il y a cependant autre chose que la thrombose. dans le cas des injections sclérosantes, et c’est la périphlébite ou adventicite notée également dans lexamen anatomo-pathologique, et c’est ce nouvel élément qui va nous permettre d’expliquer la persistance plus longue de l’œdème dans les expériences où les chiens ont été sclérosés.
TS