‹ Contribution à l'étude du traitement des plaies de guerreChapitre 26 sur 71 · E) PLAIES DU TRONC · texte numérisé non relu

E) PLAIES DU TRONC

Les plaies des parties molles du tronc sont très souvent justiciables de la suture primitive, en effet la gangrène gazeuse y est très rare. En particulier, les plaies de poitrine, dites « à thorax ouvert » avec traumatopnée, sont justiciables de la suture primitive malgré un délabrement étendu de la paroi.

Après débridement et excision des parties molles contuses, on recherchera l'orilice de pénétration dans le thorax, on fera une esquillectomie du foyer de fracture costale qui est à peu près costant, l'hémostase des vaisseaux pariétaux (lorsqu'une intercostale est blessée, ce qui est fréquent, l'hémostase sera souvent difficile), On asséchera aussi complètement que possible la cavité pleurale, on refermera hermétiquement la brèche thoracique, sans toucher le poumon le plus souvent, sans drainer, sans aspirer l'air pleural.

Les résultats de ces plaies du thorax sont en général bons, les blessés se présentant avec un choc minime. Nous avons fait souvent pour ces blessés.des anesthésies générales par injection

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intra-veineuse d’évipan (nous avons essayé aussi le narcangyl, mais l'anesthésie donnée était en général moins bonne).

OBSERVATION 12. — Le soldat Sim... André nous arrive à la formation le 20 mai 1940 :; il a été blessé six heures plus tôt par des éclats d’obus.

IL présente une plaie importante du thorax siègeant en dedans du bord spinal de l’omoplate droite. Le choc est minime et il n’y a pas de traumatopnée.

On fait une narcose à l’évipan. On excise les bords cutanés de la plaie. 1] existe de graves lésions musculaires du grand dorsal et du rhomboïde ; on fait l’ablation de tous les muscles attris ou suspects. L’hémostase est difficile mais on arrive à la réaliser.

On soulève l’omoplate droite, on ne trouve aucune pénétration intrathoracique, on ferme partiellement la paroi.

Après avoir fait une poussée thermique à 39° pendant deux jours, la température retombe peu à peu à la normale, et y reste. On évacue le blessé le quatrième jour en très bon état.

OBSERVATION 13. — Le maréchal des logis Boes... Alphonse, est amené à notre formation le même jour. Il a été blessé sept heures plus tôt par des éclats d’obus.

Il s’agit d’un poly-blessé avec éclatement de l’avant-bras gauche, et plaie intportante de l'hémithorax gauche. Il n’y a pas de traumatopnée. La plaie siège dans la région axillaire postérieure gauche. Le choc est très minime.

On passe le blessé à la radioscopie et on découvre un volumineux fragment métallique intra-thoracique .

On excise et nettoie la plaie thoracique, on recherche le point de pénétration dans le thorax. L’orilice est beaucoup plus antérieur, sous les muscles scapulaires, ce qui explique l'absence de traumatopnée.

On essaie, guidé par la radioscopie, de retirer le fragment de projectile, on ne peut y parvenir. On agrandit la thoracotomie suivant un espace intercostal et on met un écarteur de Tuîlier, après hémostase d’une intercostale.

Toujours sur la table radio-chirurgicale ,on arrive péniblement à saisir le corps étranger avec une longue pince tire-balle et à l'extraire, il était intrapleural.

Fermeture de la brèche pleurale, fermeture des muscles pariétaux, suture cutanée lâche avec drainage par lame de caoutchouc de la paroi.

Après une poussée thermique à 40° pendant deux jours, la température ie àla normale en lysis et le blessé est évacué huit jours plus tard en

on état.

OBSERVATION 14 — Le sergent Per... Marcel, arrive à notre lormation le 29 mai 1940, blessé par des éclats d'obus.

C’est un poly-blessé avec des plaies multiples du thorax et en particulier une plaie pénétrante, immédiatement en dedans de l’omoplate droite, avec traumatopnée. Il présente de plus un arrachement de lavant-bras droit et une grosse plaie pariétale lombaire droite. un

Un examen radioscopique montre deux éclats intra-thoraciques. Le blessé est très peu choqué. U

On fait une anesthésie à l’évipan. On débride la plaie pénétrante du thorax, on recherche et trouve la brèche pleurale. Sur la table radio-chirurgicale on essaie de saisir les petits éclats, ils sont intra-pulmonaires, et on ne les saisir, : pis

On ferme la plèvre et le muscles thoraciques. La peau est laissée ouverte. Le blessé est évacué quatre jours plus tard en excellent état.

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