‹ Contribution à l'étude du traitement des plaies de guerreChapitre 34 sur 71 · MOYENS ADJUVANTS · texte numérisé non relu

MOYENS ADJUVANTS

1) De Fourmestraux a préconisé récemment l'injection d’antiseptique par voie artérielle à titre prophylactique.

La solution qui semble donner les meilleurs résultats et le moins d'accidents est la solution de mercurochrome à 2 %.

L'apport antiseptique intra-artériel semble avoir une action indéniable, il réalise une stérilisation endo-tissulaire.

En particulier, l’auteur insiste sur le rôle de cette thérapeutique préventive dans les fractures ouvertes, en précisant bien que les iractures avaient été d’abord correctement traitées chirurgicalement. Il rapporte que dans 14 cas, cette angiothérapie à été utilisée et que dans 12 cas les blessés guérirent dans des conditions de simplicité extrême.

« Dans deux observations récentes : fractures de jambe ouvertes, accidents d'automobiles, opérées 35 et 8 heures après le traumatisme initial, la mise au net du foyer fut réalisée, avec ablation d’esquilles libres et hémostase méticuleuse. Après injection de 15 c.c. de solution de mercurodrome à 2%, on fait la réduction sur table orthopédique aussi exacte que possible, On met le blessé sous plâtre occlusif. Ces traumatisés de la route guérirent comme une fracture fermée ».

Mais évidemment, sans utiliser langiothérapie, nous avons tous guéri des fractures ouvertes, sans complications (Obs. 13 et 14 ) et cela prouve évidemment, comme nous l’avons déja répété, que c’est la toilette chirurgicale de la plaie et du foyer de fracture qui est l'acte important.

Il est certain qu'il ne faudra pas se servir de la voie artérielle lorsqu'il existera des désordres vasculaires (plaies sèches des vaisseaux, hémorragies à distance, rupture capillaire déterminant des suffusions sanguines éloignées et étendues).

Nous n'avons jamais, nous-même, utilisé cette angiothérapie, à titre prophylactique.

2) On s'oriente plutôt actuellement vers la stérilisation du foyer de fracture par mise «in situ » de sulfamides en poudre.

Récemment on a proposé, dans « Surgery », le traitement suivant des fractures ouvertes

Excision aussi complète que possible des tissus contus, réduction de la fracture et fermeture par première intention, après avoir introduit plusieurs grammes de sulfamide cristallisée. La dose de <ulfamide à mettre dans le foyer trauma-

tique serait de 20 grammes chez l'adulte, de 10 grammes chez l'enfant. En général, 10 à 15 grammes constituent une dose suilisante pour éviter l'infection.

Quand il y a deux foyers, on peut partager la dose en deux et mettre la moitié dans chaque foyer traumatique. Dans un cas, les auteurs ont mis 7,50 grs dans chacune des deux fractures de jambe et 5 grs au niveau d’une fracture de l’avant-bras sur le même malade.

Il semble y avoir combinaison de l’action locale et de l’action générale, car une même dose de sulfamide prise par la bouche ou injectée dans le sang, n’a pas du tout la même action que la même dose mise dans le foyer traumatique.

La suliamide cristallisée, mise dans les tissus, diffuse lentement et progressivement, saturant les tissus voisins de la fracture, et passe dans le sang et la circulation générale.

L'expérience a prouvé que pour agir vraument, il faut que l'inclusion de sulfamide soit combinée avec un bon épluchage de la plaie : un épluchage imparfait peut cependant être suffisant si le seul staphylocoque est en cause dans le fover.

Malgré les doses employées, les auteurs n’ont jamais observé de phénomènes d'intoxication.

En conclusion :

4) L'acte chirurgical, comme dans toutes les blessures de guerre, est l'acte essentiel, tous les autres éléments ne sont que secondaires.

2) Il ne faudra pas se contenter de faire une excision des parties molles et de drainer au contact du fover de iracture.

3) Il faudra exciser le foyer osseux, aller jusqu’au canal médullaire, enlever toutes les esquilles Hbres et adhérentes qui gênent le currettage doux du canal médullaire. C’est, en effet, le foyer de fracture qui est le plus infecté et c’est de lui que viendront les complications infectieuses : ostéomyélite, ostéite, voire infections beaucoup plus graves : gangréneuses.

Cependant, pour certains auteurs (Trueta), c’est du muscle que vient surtout le danger d'infection.

4) La suture ne devra être réalisée que dans des conditions exceptionnelles, nous avons précisé lesquelles.

5) L'immobilisation ne devra jamais être pratiquée suivant l1 méthode espagnole, . us en avon# vu les grands dangers et nous la rejetons systématiquement, a

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