LES PLAIES ARTICULAIRES
Les plaies articulaires, assez fréquentes, exigent, du fait de leur facilité extrême d'infection, si elles restent ouvertes, un traitement spécial.
Les germes se développent lentement dans une cavité articulaire, aussi a-t-on 10 heures pour agir chirurgicalement au point de vue prophylactique ; passé ce délai, l'infection va prendre brusquement une allure des plus graves.
Une notion domine le traitement chirurgical de ces plaies articulaires : il faudra faire une suture primitive chaque fois qu’on le pourra, ce sera la meilleure façon d'éviter l'infection de la synoviale articulaire.
C'est Loubat qui, en 1915, a montré les résultats remarquables qu'on pouvait obtenir par cette technique, et la suture des séreuses articulaires est une des plus belles acquisitions chirurgicales de la Grande Guerre.
Les échecs qu'on a pu observer ne condamnent pas la méthode, mais font toujours ressortir une erreur dans l'indication thérapeutique. Nous avons, dans un chapitre précédent, énuméré les conditions qui étaient indispensables pour faire une suture primitive, celles-ci sont valables dans tous les cas.
Il semblait que la technique de la suture hermétique soit admise le plus généralement, quand en 1939, Desplas, à l'Académie de Chirurgie, montra les dangers que peuvent faire courir les sutures primitives des articulations ouvertes.
Comme pour la suture primitive des plaies des parties molles, les uns condamnent de’façon absolue cette fermeture hermétique (Desplas, Sorrel), d’autres estiment qu'il faut la faire dans presque tous les cas (Basset, Duval). ©
Ainsi cette question qui, après la Grande Guerre, semblait
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réglée, est de nouveau débattue, et cependant quand on relit les communications, outre la tendance de chacun (fermer ou panser à plat) on peut dégager là encore les indications et les contreindications de la suture primitive de façon assez précise, et partant le traitement général de ces plaies articulaires.
A la fin de la guerre, la formule du traitement des plaies articulaires était la suivante « Exploration minutieuse de l’article, traitement des lésions
osseuses et recherche systématique de la fermeture de larticulation : résultat parfait » (Duval).
Il semble que, quand on le peut, on doive fermer l'articulation, et que c’est là la meilleure condition pour que : — l'article ne s’infecte pas ; — et retrouve sa fonction intégrale.
Cependant il ne faut pas considérer à priori le drainage, dans une plaie articulaire comme un acte péjoratil, et 1l existe de nombreuses observations dans lesquelles, malgré un pansement à plat, le résultat fonctionnel a été très bon.
Les plaies articulaires se présentent, d’ailleurs, de façon variable et toutes ne seront pas justiciables de la suture hermétique primitive.