II. — Plaies articulaires avec lésions osseuses discrètes
L'étude du film radiographique va être de première importance pour préciser exactement les dégâts osseux, pour repérer les éclats métalliques.
On aura intérêt à faire une large voie d’abord. Après arthrotomie et excision de la plaie, 6n videra l'hémarthrose, les caillots : on enlèvera les corps étrangers, s'il y en a.
On enlèvera les fragments osseux détachés et on lavera à l'éther. Là encore on pourra suturer en ayant soin de faire une immobilisation plâtrée plus longue : au moins un mois.
OBSERVATION 24 — Une femme de quarante ans est amenée à l'hôpital de la Pitié. Elle est tombée dans un escalier, si malheureusement qu'elle s’est fait une large plaie à la partie externe du coup-de-pied, ouvrant l'articulation tibio-tarsienne. Le pied est complètement luxé en dehors et l’astragale fait issue par la plaie. Il existe de plus une fracture basse du péroné ; il y a trois heures que l'accident est arrivé.
Sous narcose, on excise largement les bords de la plaie qui sont contus : on lait une hémostase soigneuse et on lave à l’éther. On réduit facilement la luxation tibio-tarsionenne et on suture hermétiquement ; on immobilise le pied en varus. Une radio de contrôle montre une bonne réduction.
Les suites sont très simples : au bout de quinze jours on enlève le premier appareil, on enlève les fils et on met un appareil de marche qu'on laisse quinze jours.
La cicatrisation s’est faite per primam et, un mois après l’ablation de l’appareil de marche, la malade a récupéré tous les mouvements de son articulation.
Récemment (1939), Moure ee …isté sur les plaies articulaires où « le traumatisme a épuisé #ën effet sur les plans superficiels et la rotule », l'indication thérapeutiëèue est assez spéciale.
On est en présence d’une plais contuse des téguments qui expose une fracture comminutive de la rotule, avec infiltrations
mor
sanguines du ligament adipeux, de la synoviale, des plans fibreux para-rotuliens.
Dans ces cas, il est imprudent de fermer, même si les téguments sont sulfisants, et tailler des lambeaux quand il y à perte de peau, comme l'a proposé Basset, est lourd d'incertitude et fait courir un grand risque au blessé.
C'est dans de pareilles éventualités que le méchage avec pansements rares, combiné à une immobilisation prolongée, trouve son indication la meilleure.
On pourra, d’ailleurs, être amené, dans ces cas, à faire une patellectomie pour faciliter le drainage.