IV. — Plaies articulaires très contuses
Nous étudierons enfin les plaies articulaires où les lésions des parties molles sont très marquées, ou par le degré de leur contusion ou par leur souillure : c'est une contre-indication formelle à la suture primitive en dehors de toute lésion osseuse.
Ce sont ces cas qui relèvent de la méthode du drainage et du méchage. Après excision très soigneuse des parties molles, excision de la synoviale, on ne suturera rien, et on pansera à plat. On jera une 1mmobilisation plâtrée prolongée de plusieurs semaines (6 à 8), on fera, de plus, des pansements rares.
C'est cette thérapeutique post-opératoire, bien conduite, qui pourra permettre une récupération fonctionnelle encore importante.
Nous terminerons par une observation de plaie articulaire par éclats de bombe, avec lésions très minimes, laissée ouverte et terminée par une amputation.
OBSERVATION 26. — Le lieutenant Sp... André est dirigé sur un hôpital complémentaire le 13 juin 1940.
Blessé le 6 juin, il présente
1° Une plaie des parties molles de la jambe gauche sans lésions osseuses ;
29 Une plaie pénétrante du genou droit.
La première intervention a enlevé les éclats métalliques et le fragment condylien détaché. Pas de suture.
A son arrivée, il présentait une plaie bourgeonnante large comme une pièce de 2 francs, à la partie interne du genou droit.
L'état général est bon; une radio montre une petite lésion superlicielle du condyle interne fémoral.
On fait des pansements rares et tout semble aller très bien, quand, à la fin juin, la température monte à 38°.
On pense à une ostéite du foyer de fracture et on en fait un curettage le 5 quillet.
La température reste élevée et l'état général s’altère ; on trouve une arthrite purulente (10 juillet), qu'on draine large €: Malgré cela, pas d'amélioration ; on décide une résection, qu’on fait le%: ifié ‘peut- être de façon un peu trop économique, et on immobilise sur une attelk.. & Bœckel.
Il se fait des fusées purulentes à la cuisse et au mollet, on les mcise et on fait un grand appareil pelvi-pédieux largement fenêtre.
Nous voyons le blessé à ce moment et, devant cette température oscillante, cet état général très déficient, on propose une amputation. Mais, après avis d’un consultant, on essaie de faire une irrigation continue au Dakin. Le membre macérant dans son plâtre souillé par le pus, on l’enlève et on le remplace par une attelle de Thomas-Lardennois. La suppuration diminue un peu, mais il ne se manileste pas de mieux sensible.
Le 15 octobre, on évacue le blessé, à sa demande, sur une autre formation où il est amputé. Le lendemain del’opération, il fait une hémorragie très importante et seules une réintervention et une transfusion sauvent le blessé.
Aurait-on fait mieux en suturant d'emblée ? Il paraît difficile d’avoir eu un résultat plus mauvais.
Conclusion
Il nous semble possible de pouvoir tirer de cette brève étude quelques conclusions :
1° Il est sage de suturer les plaies articulaires récentes, sans lésions osseuses importantes, après excision soigneuse de tous les tissus mous et de la synoviale articulaire. Le résultat, tant immédiat que tardii, sera très bon.
2° Lorsque la plaie est très contuse, ou vue tardivement, le drainage de larticulation et le pansement à plat sont la ser conduite à tenir.
3° Lorsque les lésions osseuses sont importantes, la résection primitive semble donner de bons résultats.
4 Nous insisterons sur l'importance primordiale de limmobilisation post-opératoire, stricte et prolongée. Elle permettra, seule, une récupération fonctionnelle suffisante.
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