‹ Contribution à l'étude du traitement des plaies de guerreChapitre 5 sur 71 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Nous ferons très brièvement l'historique de la question. Très schématiquement, on peut la résumer ainsi :

1) Avant 1914, on ne faisait qu’aseptiser les orifices de pénétration des projectiles.

2) Au début de la Grande Guerre, on débridait les orifices, puis on a fait des épluchages plus ou moins poussés.

3) On est arrivé ensuite au traitement rationnel : excision complète de tous les tissus mortiliés.

4) En fin 1915, on tente de suturer lés plaies de guerre. C’est à Gaudier et Lemaître que revient le mérite d’avoir montré le grand intérêt de la suture primitive et les beaux succès qu’on peut en attendre si elle est bien faite.

Presque en même temps, Loubat proposait la méthode de la suture primitive dans les plaies articulaires sans lésions osseuses. Ce fut une des plus belles acquisitions de la chirurgie de guerre.

5) Enfin, on a proposé devant les rares indications des réunions primitives, les sutures retardées, qu’on réalise après surveillance clinique et bactériologique de la plaie, et à loisir.

Il est curieux de constater que le traitement, actuellement elassique, excision et suture des plaies, avait déjà été envisagé et réalisé par Larrey, puis Baudens.

Dans ses mémoires de Chirurgie Militaire (Paris, 1812, tome I, page 50), Larrey écrit :

« On prétend que les incisions changent la nature des plaies d'armes à feu. Desault (1789) nous apprit qu'il ne suffit pas de rendre la plaie saignante pour la faire passer de l’état compliqué à l'état simple, que le seul moyen d'y parvenir est de rafraîchir avec l'instrument tranchant les bords contus, puis de réunir la plaie par suture, et que ce procédé n'est praticable que dans les coups de jeu à la face sans déchirure des parties molles de la bouche ».

Et plus tard, Baudens, dans sa clinique des plaies d'armes à

feu (1836) :

«.. À l’aide de ciseaux et d’un bistouri, j'enlève tous les tis-

Tres

sus frappés de mort, pour mettre la plaie au vif et dans des conditions favorables à sa guérison, sans suppuration éliminatoire. Cette opération facile et simple ne saurait être douloureuse, puisqu'on ne doit retrancher que des parties privées de vie. Après ces préliminaires, je m'efforce de réduire la surface de la plaie en rappelant de tous côtés les téguments que je maintiens rapprochés à l’aide de nombreux points de suture... Ce traitement m'a fourni des succès inespérés... le temps nécessaire à la guérison a toujours été considérablement diminué ».

L'intérêt de l'intervention systématique a été bien vu par ces deux précurseurs, de même que la valeur de la suture primitive.

De plus, Larrey ajoute : « Il (Desault) me paraît avoir fait une des plus importantes découvertes dont la chirurgie puisse s’honorer ».

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