AMPUTATIONS DE L'AVANT-PIED
Ces opérations sont rarement de mise, car il faut un lambeau plantaire important intact, ce qui est rare en chirurgie de guerre.
Deux opérations sont classiques :
A) l'amputation tarso-métatarsienne, le Lisfranc ;
B) l’amputation médio-tarsienne, le Chopart.
a) Le Lisfranc : outre sa difficulté technique (c’est en eflet une brillante désarticulation de médecine opératoire), le classique «coup de maître» amène une disjonction violente de larticulation entre le premier et le deuxième cunéiforme, de plus le lambeau plantaire exigé est très long.
b) On aura intérêt à lui prélérer une intervention plus simple, l'amputation trans-métatarsienne, même si le trait de scie doit porter peu avant l’interligne articulaire, car elle permet de maintenir intacte l'insertion du long péronier latéral et une plus grande surlace de l'appui plantaire. Les résultats fonctionnels sont infiniment meilléurs que ceux du Lisfranc.
c) Le Chopart exige un lambeau plantaire moins long que le Lisiranc. Ses indications seraient plus fréquentes, mais le moienon va basculer en arrière exposant aux pressions directes les saillies formées par la tête de l’astragale et l'extrémité antérieure du calcaneum. On a cherché à pallier à cet inconvénient en sectionnant le tendon d'Achille, en suturant les tendons antérieurs au lambeau plantaire. Quoiqu'il en soit, les « bons Chopart » sont des exceptions.
d) L’amputation transtarsienne conservant le scaphoïde et la partie postérieure du cuboïde maintient l'insertion du jambier antérieur. Le renversement du moignon est plus rare, les résultats sont supérieurs à ceux du Chopart.