EX : : A
Obs. B. — Mme L.. est atteinte brusquement, le 11
mars 1924, d’une grippe à allure grave d'emblée.
Le % jour apparaissent des phénomènes méningés. On traite la malade par la septicémine, l’iode colloïidal, les toniques cardiaques et le vaccin antipneumococcique de Minet. HAS
Le 28 mars : pneumonie lobaire supérieure gauche. La malade reacit 240 Cc. de sérumi antipneumococcique.
Le 2? avril : pleurésie purulente gauche. Le pus contient quelques pneucocoques et de nombreux streptocoques.
Le 4 avril : l'état de la malade est presque désespéré ; l'épanchement est considérable : la température est à A0: crises de cyanose ; apparition de muguet.
Devant cet état par trop sérieux, on renonce à pratiquer une pleurotomie. La thoracentèse ramène 1.500 cc. de pus. Le professeur Besredka adresse du stock bouillon streptocoecique ; on en injecte 90 ec. dès le 5 avril.
Le lendemain, l’état général est transformé. La température tombe de 40°5 à 2$°5: la cvanose et le muguet disparaissent ; la malade reprend conscience. Depuis lors, l'épanchement n’augmente pas; il n’a plus dépassé la 9° cote en arrière.
Les 7 et 9 avril : nouvelles injections intrapleurales de 90 ec.
* Le 12 avril : évacuation par ponction de tout le liquide pleural, soit 200 ce.; les streptocoques sont devenus rares. Les 12 et 18 avril : on injecte encore dans la plèvre 25 cc
d'un mélange de bouillon-stock et d’un bouillon-vaccin préparé avec le pus de la malade. à
Les signes de l’épanchement ont disparu ; malheureusement. dans les jours qui suivent, évolution dans les deux poumons de foyers de broncho- -Pneumonie. Résistance insuffisante. Mort le 16 avril.
Toutefois, l’action du vaccin filtré injecté dans la plèvre reste indéniable, puisqu’en 8 jours elle a amené la résorption d’une suppuration à streptocoques d'une gravité telle qu’elle paraissait devoir être mortelle, la pleurotomie pratiquée dans ces conditions ne Pouyaa qu "accélérer le dénouement. e 2 :
Sans doute, en terminant l'exposé de cès deux observations, M. Bazy déclarait que ces faits lui semblaient insuffisants pour conclure : € On connaît mal encore, disait-il, les moyens de défense locale que possède l’organisme. » Il cite le fait d’une jeune malade de 23 ans opéré pour pyopneumothorax à streptocoques. L’ablation du drain a été imposée par elle et entraîne le déclin de l’état général, parce que le foyer est mal draîné, jusqu’au jour où le pus s’évacue et la la fistule se ferme définitivement malgré la persistance d’une immense cavité visible à la radiographie et la persistance des dilatations bronchiques.
Sans doute M. Tuffier s’associe à cette manière de voir, et parle d’immunité possible de la plèvre après suppuration, malgré la persistance d’une cavité visible à la radiographie. .
Mais si à cette époque semblables exemples de
ENV UTINNTE
en
guérison après traitement par les bouillons-vaccins ne paraïissaient pas suffisants pour conclure aux yeux de
maîtres très autorisés, il ne saurait en être de même à l’heure actuelle où les faits cliniques se sont multi-
pliés ; et l’ensemble des cas désormais nombreux peut apporter cette quasi-preuve que le petit nombre HAS ne HOUE pas d’accepter.
Faut-il citer encore l’observation relatée par M.
Petitjean à la Société Clinique des Hôpitaux de. Bruxelles (18 avril 1925) chez un tuberculeux pulmo-
naire atteint de pleurésie purulente à pneumocoques. L’évacuation pleurale est pratiquée tous les trois
“jours et suivie de l’injection de 20 cc. de bouillon vac-cin antipneumococcique dans la cavité pleurale.
A la quatrième ponction : la culture est devenue stérile et l’état général se trouve considérablement amé-
lioré. Et ñ
Faut-il citer aussi le cas rapporté à la Société Médicale des Hôpitaux (13 mai 1925) par MM. Zeœller et Manoussakis, où, la présence reconnue du bacille de Lœffler dans une pleurésie purulente à streptocoques, un double traitement fut institué : serothérapie anti-
diphtérique d’une part, et vaccination locale d’autre
part, sous forme d’injections intrapleurales de bouillon-vaccin antistreptococeique. Une pleurotomie pra: tiquée secondairement assura dans de bonnes condi-
tions la guérison.
Mais que dire des cas plus précis remarquablement
exposés (Journal des Praticiens, 19 décembre 1925), par MM. Rieux et Clavelin et des résultats obtenus Le par eux chez treize malades soumis à cette méthode thérapeutique : 9 guérisons complètes ont été obtenues; ue s’est faite spontanément après simples thoracenteses; les huit autres ont nécessité une pleurotomie secondaire, ainsi qu’il est de règle après ce traitement ; mais ces interventions se sont faites dans d'excellentes conditions, après amélioration importante de l’état général chez des sujets dout l’état ‘infectieux paraissait particulièrement grave, après stérilisation à peu près complète du pus. re bis
Sans doute y eut-il quatre décès à déplorer, ce qui constitue malgré tout une proportion déjà grande et diminue de singuière façon le pourcentage heureux des statistiques; maïs dans tous ces cas, les causes de la mort apparaissent extérieures à la pleurésie elle-même : ces quatre malades n’ont-ils pas en effet succombé : Le premier : à la tuberculose pulmonaire, trois mois et demi après la pleurotomie : la pleurésie purulente était guérie. | ;
Le deuxième : au septième jour, sans pleurotomie, de
syncope subite par endocardite aiguë au début. ; - Le troisième : an huitième jour, sans pleurotomie, à de la néphrite aiguë avec anurie presque absolue pendant cinq jours et collapsus cardiaque terminal.
Le quatrième : après pleurotomie tentée malgré
une vomique qui avait aggravé immédiatement son état. | | |
L’issue fatale au cours de ces états ne saurait être imputable à l’inefficacité du traitement vaccinothérapique mis en œuvre.
Dans un cas même le résultat cherché à été atteint dans sa totalité et la pleurésie purulente à disparu sous l'action du bouillon-vaccin : c'est Ce CAS que nous reproduisons ci-dessous avec quelques détails.
G.., Anatole, soldat du 2 R. I. C:, tombé malade le 19 février 1924, est hospitalisé le 22. F - À lâge de 14 ans, il aurait eu une « pointe » de pleurésie gauche. $
A l'entrée : aspect fatigué, fièvre entre 38° et 39°; quelques signes respiratoires caractérisés par un souffle expiratoire à la base gauche et une respiration soufflante au sommet droit. Bacilloscopie négative. A la radiographie : ‘obscurité du sommet gauche et taches floues disséminées dans le poumon ‘gauche. Réaction de fixation à la tubérculose fortement positive. Inoculation de ‘rachats au cobaye négative.
La température s'améliore progressivement. Très fcrtement suspect de tuberculose puimonaire latente, G..……. devait quitter le service quand brusquement, le 11 mars
1924, on nota la réapparilion de la fièvre sans modifications des signes pulmonaires. Amélicration progressive jusqu'au 16 mars. :
Le 17 au soir : ascension thermique à 40°; violent point de côté droit, diminution légère de la respiration et des vibrations vocales à la base droite.
Le 18 mars : température à 40°; point de côté droit tou-