ETAT DE LA QUESTION LORS DU DERNIER CONGRÈS DE PEDIATRIE
Depuis Piorry (1864), qui pratiquait la thoracentèse au trocart, les modes d'évacuation de la plèvre ont été aussi nombreux que variés : aspirations, suivies d’injections modificatrices intrapleurales : méthodes : plus complexes par le drainage à demeure sous ses différentes formes (avec soupape automatique ; drainage par aspiration) ; plus encore, thoracotomie avec drainage simple, auxquels venaient F’associer AVES le siphonage et l'aspiration.
Au Congrès de Chirurgie de 1920, la question fut revisée dans son ensemble.
Le drainage simple restait la méthode usuelle ; mais le drainage Simple est loin de toujours réussir : il faut alors faire intervenir d’autres procédés. MM. Delbet et Girode pratiquent l'évacuation et l’aspiration. MM. Tuffier et Janssen préfèrent le procédé plus simple du drainago irréversible, Enfin, dans les cas rebelles, quand la température et la teneur en mi-.
“Crobes du pus se maintiennent €levées, il faut mettre + en œuvre une méthode plus radicale qui est 1a désinpaue fection, et la fermeture complète de la plèvre stérile | suivant les principes de Depage -Tuffier.
Mais le point sur ue les membres du Congrè ès ont tout particulièrement insisté, c’est le moment de Vintervention. Autrefois, l'opération était immédiate, mais dans la dernière épidémie de grippe, la pleuro-
à tomie précoce à donné des résultats déplorables ($4 % ‘de mortalité d’après Netter) : c’est que l’épanchement, séro-fibrineux au début, ne devient purulent que lentement ; la thoracotomie précoce, alors que, par suite de £es eo pulmonaires, le malade a une dyspnée et “une. ‘<yanose très marquées, ne pent qu’ ’aggraver la si- ‘tuation, car le pneumothorax opératoire diminue encore le champ de l hématose: plus tard, des adhérences unissent le poumon à paroi et diminuent le danger -du pneumothorax. La suppression de Îa pleurotomie | précoce a amené partout une amélioration des résultats. Ï1 conviendra donc au début d’agir médicalement
è par ponction et d’attendre pour opérer l’amélioration de Pétat pulmonaire et la ASS des adhérences.
Il appartenait aux pédiaires de traiter la question Jun point de vue plus spécial. Les rapporteurs du :Gongrès de: 1924, MM. Ribadeau-Dumas et Rocher, après exposé des diverses opinions jusque là émises et des résultats de leur expérience personnelle, se sont. ‘æfforcés de tirer des conclusions de l’ensemble des faits
signalés. Mais il est difficile de prendre parti : il n°y a pas qu’une pleurésie purulente, mais de nombreuses modalités, relevant elles-mêmes de différents éléments susceptibles d’en transformer complètement l’évolu-
tion : l’état du poumon sous-jacent à l’état pleural, la.
virulence de Pagent causal, la plus ou moins gra de intensité de l'infection qui sont d'ordinaire à la base des complications (myocardites, péricardites, néphri-
tes), l’âge même du pleurétique constituent autant de
faits ayant leur retentissement sur le pronostic et suffisants pour orienter vers une méthode thérapeutique déterminée.
Et si, contrairement aux pleurésies purujentes à
pneumocoques, la thoracentèse simple peut être con-.
sidérée à juste titre comme absolument insuffisante, lorsque le streptocoque est en cause, l'association d’injections de liquides modificateurs (bleu de méthylène à 5 % : Nobécourt, Hutinel) (urotropine à 0,25 par c* : Pissavy) semble entre les mains de certains praticiens avoir donné quelques résultats. Pourtant cette méthode a été jugée bien sévèrement par d’autres : elle auraït, selon eux, une mortalité élevée (29 % : Tourneix) et compterait à son actif, plus particulièrement chez l’adulte, de nombreux insuccès obligeant à une intervention plus active (63 %) ou à une prolongation anormale du traitement. Peut-être y aurait-il lieu de lui
réserver les cas graves où l’intervention plus large ne
donne pas de bons résultats, et ne viser, à part quelques Cas heureux, qu'à l'amélioration de l'état: général
du sujet, permettant de Rae l'intervention chirurgicale dans de meilleures conditions.
La méthode du siphon-drainage (drainage continu par canule-trocart ou sonde introduite sous conducteur) est très en faveur parmi les pédiâtres anglais et américains. ;
Elle paraît elle aussi être dans bien des cas insuffisante, et sera surtont indiquée, de même que les ponctions et comme traitement d’attente, chez les sujets porteurs de lésions broncho-pnenmoniques. en évolu-
tion : la thoracotomie large est en effet à redouter dans
ces cas, car elle choque le sujet, aggrave les lésions pulmonaires et complique la situation cardiaque déjà sérieuse. | Fe Ponctions, méthode du siphon-drainage pourrront encore être utilisées, et parfois avec succès chez le nourrisson, où les méthodes chirurgicales, tout en restant suffisantes, tendront à demeurer aussi économiques que possible ; maïs si aucune amélioration ne se produit, si l’état général souffre de résorption purulente et d'intoxication, on aura alors recours à la thoracotomie minima. Insistons d’ailleurs à cette occasion sur le pronostic extrêmement sombre de la pleurésie purulente streptococcique du nourrisson, quelle que soit la thérapeutique employée. A cet âge, toutes les conditions sont réunies pour rendre cette maladie particulièrement grave : absence de résistance du sujet, faible valeur de l'expansion thoracique, fréquence d’une infection grave broncho-pneumonique et de com-