__ NOTIONS DE VACCINATION LOCALE
C’est surtout à Besredka qu'est dû le fait d’avoir De ‘attiré l'attention sur lV’immunité locale et den avoir tiré les conclusions qui ont permis d’élaborer üh nou veau mode de traitement.
& C’est lui qui à one qu'au cours d’un certain nombre de maladies infectieuses Fagent niicrobien attaque plus spécialement à tel ou tel organe récep- . tif vis-à-vis duquel il possède une affinité élective, un « tropisme positif ». C’est ainsi que le bacille dysentérique et le bacille typhique ont une prédilection. pour la muqueuse intestinale, que le bacille du charbon, le staphylocoque, le streptocoque ont uné affinité parti. culière pour la peau.
A la suite d'une première atteinte, l’organe récep- DE tif ne réagit plus à la 2 attaque. L'organisme entier ‘en bénéficie. L'immunité d’abord locale devient générale.
Besredka à pensé que la réceptivité de l’organe principal, qui à une valeur déterminée et mesurable dans des conditions normales, est susceptible de subir = des variations dans un sens où dans l’autre. Elle peut
ES
ére exaltée, à la suite d’un traumatisme par exemple, qui amoindrirait la vitalité des cellules sensibles. Elle peut aussi se laisser éteindre par un artifice qui diminuerait l'affinité de l’organe sensible pour le virus spécifique; ce qui arrive lorsqu'on porte au niveau de cet organe une faible dose de virus sous forme de vaccin: en désensibilisant de la sorte progressivement l'appareil réceptif, on augmente du fait même la résistance et on crée de la sorte une véritable immunité locale.
L'étude de l’infection locale, de Vimmunité locale a d'autre part, conduit à la réalisation de la vaccination locale, et l’on se propose dès lors, non plus d’introduire dans la cavité générale d’un individu par une voie quelconque, un antigène susceptible de créer une réaction vaccinale, mais bien de mettre au contact immédiat d’une lésion un vaccin capable de réveiller sur place l’immunité. :
Dans sa première communication (Société de Biologie : 2 juin 1923), Besredka expose ie pansement staphylococcique à l’aide de filtrats de cultures vieilles de dix jours de staphylocoques. Dans ce filtrat privé ‘de corps microbiens, Besredka ‘pense qu’il existe un antivirus Staphylococcique, thermostable (persistant dans un bouillon après chauffage à 120° pendant 20 minutes) qui empêche les staphylocoques de pousser et qui vaccine les cellules par simple contact, sans production d’anticorps ; il est atoxique et possède enfin une action vaccinante spécifique pour le staphylocoque.
Cette action est une action locale. Injecté dans le péri.
toine, l’antivirus se montre inefficace, Pour être vac-
cinant, il doit être employé soit par voie intra-dermique, soit de préférence sous forme de pansements
| locaux, À Des résultats identiques, ont été obtenus avée le streptocoque (Société de Biologie : 21 juillet 1923). Comme le staphylocoque, le streptocoque, cultivé en milieu liquide, laisse diffuser une substance € sui genéris », spécifique. Cette substance agit électivement sur la peau. Appliquée à sa surface sous forme de -pansement, elle vaccine d’une part le cobaye contre
la lésion cutanée, et d’autre part, si l’inoculation sous-
cutanée est mortelle, elle préserve sûrement le cobaye
contre la mort.
Quatre célèbres expériences d’'Urbain et Besredka sur des cobayes diversement préparés, les uns par pansements avec des cultures filtrées, d’autres traités par des injections sous-cutanées de ces mêmes cultures, d’autres encore par inoculations intrapéritonéales, donnent dans chaque cas des résultats concluants et identiques. 11 se dégage de l’ensemble de ces expériences que dans les vieilles cultures de streptocoques, il se forme une substance particulière douée de propriétés précieuses. D’un effet nu] en injections intraperitonéales, cette substance exerce une action appréciable en injections sous-cutanées, mais son efficacité se manifeste surtout sur la peau en pansements. En 24 heures, le cobaye se trouve vacciné, non seulement
contre la lésion cutanée, mais encore contre la dose
sûrement mortelle de streptocoques introduits sous la. peau. RAR TRS RS Le | Pres La mise en pratique de ces diverses notions ne pouvait se faire attendre et bientôt élaient créés les: bouillons-vaccins, agissant ou devant agir localement. comme les filtrats de Besredka. Dès lors apparaissait. un nouveau mode de traitement des infections de là peau et des muqueuses chez l’homme. Des essais étaient.
tentés avec bonheur dans différents services. Des ma-
ludes atteints d’affectious à staphylocoques (furon-
cle, anthrax, osteite, osteomyelite, panaris) guéris-
“aient rapidement sous l'effet des pansement locaux spécifiques. Mlle Bass, en. 1924, (Presse médicale : 16. janvier) rapportait 18 observations de guérisons par les bouillons-vaccins relatées dans des cas très divers.
Depuis cette époque, des observations nombreuses: ont été communiquées avec des résultats analogues, tant pour le streptocoque que pour le staphylocoque : traitement de l’infection -puerpérale par un filtrat deculture de streptocoques en bouillon (Lévy-Solal) ;; traitement des abcès et plaies, infectées de toutes natu--
res; traitement de nombre d'ulcères variqueux : pan:
sements des brûlures infectées ; traitement des métrites--
et des Suppurations du col. L’emploi des bouillons vaccins est devenn de pratique courante, et les très bons résultats obtenus dans la mañorité des Cas ne: peuvent qu'encourager dans cette voie et faire gagner ‘ du terrain à cette méthode de traitement.
de s'en rendre. compte. par les heureux résultats obte. pus ce n Re Pi et car les quelires faits chniques,
k: = { — we % " I > PS F5 > ge Es s ; RS De fs ego ip À RATE Le mA v # + Se S x s- eZ Sa = à A 2e 4 ES v > 5 < = Â re À ee " — « ns ”.
- $ DS à = 4 j = - # Ë 4
1 purulentes marque une tentative dans ce SeDS ; «lle devait être couronnée > de succès, ainsi quil est facile
FAILS CLINIQUES - DISCUSSIONS
Obs. I. -— Solange G..., âgée de 3 ans. entre à l'hôpital des Enfants-Malades, service de notre excellent maître le Docteur Aviragnet, le 7 mars 1926, dans un état d’infection grave qui apparaît d'emblée des plus inquiétants.
Le début de sa maladie remonte à 8 jours; il s’est fait brutalement par une série de frissons avec dyspnée vive que suit rapidement une élévation de température à 39°. L'enfant s’alite, ne présentant par ailleurs aucun autre signe important : pas de point de côté, pas de toux, pas de vomissements ni de douleurs abdominales ; s hu un état infectieux qui persiste et semble s'aggraver encore avec déjà une température irrégulière et un peu cscillante. |
Dans la journée du 5 mars, température s’abaisse à 38°, mais pour remonter le lendemain au-delà de 20°; l’état général est de plus en plus mauvais.
Dans la soirée du 6, l'enfant est amenée à l'hôpital et vue en urgence (Mile Guérin). Ge qui frappe tout d’abord chez la petite malade, c'est son aspect très pâle et dyspnéique. Un examen us des poumons permet de découvrir du côté droit et en arrière l'existence de quelques râles assez difficiles à définir, sans limites précises ni situation nette. Il semble que l’on se trouve en présence d'un reliquat de râles humides,- remontant à une affection antérieure, et peut être, en voie de disparition. Aucun symptôme anormal du côté gauche.
Rien non plus au, niveau des autres organes.
Mais devant l’état infectieux alarmant de la petite malade, on conseille aux parents de la laisser à l'hôpital ; ceux-ci s'y refusent ce soir-là, et c’est seulement dans la journée du 7. devant la persistance de la température élevée et oscillante, devant l'aggravation toujours Cruissante de l’état général. qu'ils se décident à ramener l’enfant et acceptent l’hospitalisation. | )
Interrogatoire de la famille. — Enfant né à terme le 24 février 1923. Allaitement au biberon (lait Maggi). — S'est élevée facilement. À fait normalement ses premiers
pas. : - : ù
En décembre 1924, l'enfant fait une coqueluche ; cetleci, un peu longue et traînante, ne présentait cependant aucun Caractère de gravité. Au début de mars, la petite malade était en pleine convalescence : à ce moment-là, se déclare une rougeole. Elle fut particulièrement pénible et traînante, fatiguant considérablement :a‘petite, persistant durant près de deux mois, jusqu’en mai 1925 par conséquent. Sur elle sont venus se”greffer quelques accidents pulmonaires ; un peu de bronchite rebelle avec toux persistante, à caractère quinteux, rappelant un peu la toux de la coqueluche. La convalescence a été longue. Depuis 1crs, aucun autre incident : l'enfant semblait avoir repris le dessus ; l’état général s'était amélioré ; les forces étaient revenues ainsi que le poids, voisin de 15 kilogr. deux mois avant l'admission à l'hôpital. dE
Antécédents héréditaires. — Le père, âgé de 22 ans, tousse depuis longtemps et est atteint en outre de rhinite chronique. Il a été réformé temporairement il y a deux ans pour induration d'un sommet, après examen radioscopique. (
D do
Deux examens ae ee ont dieuré des sésultais | RS ee ne Son père est mort antérieurement de tuberculose ee pulmonaire. FE PES RAC RER
La mère, âgée de 21 ans, aurait eu, il y à 6 ans; HO. atteinte pleurale, :sur laquelle elle ne donne que des ren seignements imprécis. Ellle tousse souvent, mais ne éraghe
Pas de fausses couches. Une UE grossesse. É
Dans l'ensemble : une hérédité pulmonaire peu. bite” Ë maïs susceptible malgré tout de retenir l'attention ; des Le complications bronchitiques au cours d'états infectieux à SRE antérieurs ; tels sont les points essentiels obtenus par l'in- : | terrogatoire. Rien de bien précis «en. somme; en présence 2 ae. = du nouvel état infectieux apparu de façon brutale êt beau Re
coup plus grave, sembie-t-il, que les précédents. 5 ee
Examen du malade. — Le 8 mars au matin : l'enfant est de plus en plus pâle, avec teint blafard et verdâtre par. places; les yeux sont cernés; le visage amaigri et extré- -mement fatigué. F
La température a légérement fléchi; elle est à 38% : , mais le pouls reste rapide, petit et même un peu | irrégue lier : il bat à 160.
L'examen de l'apparett pulmonaire est presque con plètement négatif ; les râles observés Ta veille du côté droit semblent beaucoup moïns accusés ‘et ont tendance à disparaître. Toujours rien d’anormal du côté gauche ; et l’on serait tenté d'éliminer définitivement la possibilité d'une lésion de ce côté, n'était la gêne respiratoire persistante qui retient encore l'attention.
Ce qui domine bien plus, c’est un véritable état méningé traduit essentiellement par de la raideur de la nuque, de l’hyperesthésie généralisée, l'existence de la raie vasomotrice. On pense à une granulie à forme méningitique : =
RS
en à x se z for
La cuti-réaction reste négative.
mc
LR ponction lombaire ramène un liquide Clair, hyper-
tendu, sans réaction appréciable, où n'existent ni hyper-
albuminese (albumine : 0,25) ni éléments cellulaires anor-
maux. Ge liquide est aseptique et ne one pas traces “de bacille de Koch. \
La malade est alors mise au repos complet avec enve-
É loppements sur le thorax, glace sur l’abdemen qui paraît
légè rement contracturé ; on prescrit en outre une série.
de frictions mercurielles pour parer à toute éventualité.
Dès le lendemain, mars : : la température a de nou-
“veau atteint 40°; elle va continuer à se maintenir chaque “soir à ce niveau, avec de grandes oëcillations dans ia jcur- née. Le pouls reste à 160°. La dyspnée s’agg rave; elle est A plus intense que précédemment et s'accompagne
-de cyancse déjà importante ; en même temps apparaît une toux sèche, pénible, qui secoue la petite malade à
‘intervalles assez rapprochés. L'enfant semble souffrir ;
“elle geint continuellement ® ne sort de sa demi-torpeur
“Que lorsqu'elle est en proïe à de grosses crises d'oppres- “sion. L'état général faiblit” davantage ; l'amaigrissement
-se fait rapide, facilement constatable à la vue. Les symp-
tômes dans l'ensemble restent les mêmes et le diagnestic paraît s'orienter Ge plus ea plus vers une affection granulique, lorsque brusquement l'attention est à nouveau
- attirée vers le thorax.
Le 11 mars, apparaît du côté gauche et en arrière une
submatité, remontant en haut jusque vers l’aisselle, des-
cendant à la partie inférieure du Chamn pulmonaire. Le murmure vésiculaire paraîil s'éloigner, saffaiblir; il y a même disparition à à peu près compiète à là partie infé-
rieure du thorax, dans la zône correspondant au maxi-
mum de submatité : ‘a partie supérieure existe un souf-
nr A
fle léger, peu net, sans caractères bien définis. Aucun autre symptôme notable, en del:ors de ceux précédemment cités, de l’aggravation toujours croissante de l'état général. Les râles du côté droit, observés les jours précédents, ont complètement disparu. LS
On pense alors à la possibilité d'une pleurésie purulente, que la ponction exploratrice pratiquée le même jour va confirmer, ramenant en effet un pus très liquide, louches, à reflets verdâtres, dont l’aspect seul tend déjà ‘à faire conclure à la présence du streptocoque. Le diagnostic, désormais posé, est complété par un examen de laboratoire dont le résultat est le suivant :
« Liquide purulent : g'obules blancs en cylclyse complète ; nombreux éléments en chaînettes extra-cellulaires. - «Le pus est ensemencé sur gelose ascite et sur bouillon ascite. —— 24 heures après : colonies typiques de streptocoques. Le bouillon reste clair avec trouble au fond du tube, caractéristique d’une culture de streptoccque. Streptocoque non hémoiytique. %
« Epreuve de la bile : le streptoccque n’est pas dissous, Ce qui permet d'éliminer le pneumocoque. »
Plus de doute donc sur le diagnostic ; il s'agissait bien d'une pleurésie purulente à streptocoques, mais à allure particulièrement grave, et pour laquelle la conduite à tenir apparaissait singulièrement délicate : enfant extrêmement fatiguée, à état général des plus précaires, absolument inopérable, et chez laquelle on' était tenté de porter un pronostic des plus sombres. C’est alors que l'on eut l'idée d'essayer, dans ce cas en apparence désespéré, l'emploi des bouillons-vaecins en injections intra-pleurales ; ceux-ci, fournis gracieusement par le D’ Girard, sous forme d’immunizol antistreptecoccique, le traitement fut appliqué dès le lendemain.
DER LS | > Ce jour-là, 12 mars : la dyspnée augmentait encore ;
> la matité du côté gauche devenait plus franche, les autres
signes physiques classiques de pleurésies purulentes passant nettement au second plan ou faisant même complètement défaut. Une ponction évacuatrice ramène 350 centimètres cubes de liquide purulent présentant les mêmes caractères que précédemment. On pratique alors une première injection intrapleurale de 10 centimètres cubes d’immunizol bouillon vaccin n° 24 antistreptococcique, que l’on fait suivre d’une injection intra-musculaire de 10 ce.
de sérum antistretococcique de l'Institut Pasteur.
Le lendemain, 13 mars : pour la première fois depuis l’hospitalisation de la petite malade, la température, dans
la soirée, ne dépasse pas 39°: le pouls est à 130. L'état
général reste toujours grave ; mais la matité a presque complètement disparu, remplacée par de la submatité s'étendant sur une hauteur de quatre travers de doigts environ. |
Le 14 mars : on pratique une nouvelle ponction évacuatrice de 250 cc. (on a alors l'impression de vider la plèvre), suivie, après rinçage à l’immunizol, de l’injection intra-pleurale de 20 ce. du même bouillon-vaccin.
L'examen bactériologique et microscopique du pus retiré donne les résultats suivants : « Globules blancs en cytolyse ; on aperçoit néanmoins de nombreux éléments microbiens groupés autour des cadavres nucléaires. Cour-
tes chaînettes nombreuses extra-cellulaires. »
Et l’on assiste dès lors avec .une rapidité étonnante à
. l'amélioration des symptômes. La température ne reñmon-
tera plus aux niveaux atteints précédemment et les oscillations deviennent beaucoup moins importantes ; l’état
général surtout s'améliore avec une rapidité étonnante ;
l'enfant peut enfin s’alimenter et sort définitivement de
sa torpeur ; la dyspnée, les signes de réaction are ont presque complètement disparu.
. Les signes pulmonaires à leur tour perdent ie de leufs caractères; la submatité persiste, mais moins nette et sa hauteur semble diminuer; Her le ne purulent se reproduit. : ee
Le 16 mars : une rouvelle HR Le évacuatrice ramène 215 ec. de liquide purulent. On injecte alors dans ia plèvre, et toujours après rinçage, 40 ce. de bouillon-vaccin.
A l'examen du pus : « Le liquide se divise en deux couches : sérum surnageant et culot purulent. Les globules blancs sont en moindre cytolvses; les RARE £cont mieux marqués et mieux colorés. >.
« On trouve de très nombreuses figures de phagocytose, tous les microbes étant englobés dans le protoblasma des