MÉDICATIONS ANTISEPTIQUES
La médication antiseptique de la pyélonéphrite gravidique peut s'adresser suivant les besoins aux trois stades de l'infection : intestinale, sanguine, urinaire. Nous avons déjà envisagé la désinfection intestinale. Nous allons énumérer les principaux antiseptiques urinaires et généraux. Ils ont une puissance variable d’un sujet à l’autre, et même, chez un même malade, d’une crise à l’autre.
a) ANTISEPTIQUES URINAIRES
L’hexaméthylène-tétramine (uroformine, urotropine) est le plus fréquemment employée, soit à l’état pur, soit sous forme de nombreuses combinaisons spécialisées.
Administré par voie buccale, ce composé n’occasionne en général pas de troubles du tube digestif et est rapidement absorbé. L’élimination se fait par le rein dans la proportion de 32 à 85 p. 100. Elle demande de vingt à quarante heures.
En milieu acide, l’hexaméthylène-tétramine se scinde peu à peu en aldéhyde formique et en ammoniaque. C’est essentiellement dans l’urine que se fait cette décomposition. Quand l'urine est alcaline, on s’efforce tout d’abord de la rendre : acide en administrant 5 à 15 grammes de phosphate acide de soude, sel doué par lui-même de légères propriétés antiseptiques.
La teneur en formaldéhyde de l'urine ne dépasse pas en général 1 p. 5.000. Elle est de loin insuffisante pour tuer les colibacilles (une concentration de 2 p. 100 serait nécessaire); mais la mise en liberté continue de formaldéhyde au niveau de l'appareil urinaire entrave le développement du colibacille, des bacilles typhiques et des agents de la fermentation ammoniacale; elle ne suffit pas pour diminuer
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dans une proportion bien notable la pullulation des staphylocoques et des streptocoques.
Il survient parfois de l’irritation rénale, de l’albuminurie et de l’hématurie sous l'influence de l’hexaméthylène-tétramine administrée pendant plusieurs jours à des doses trop élevées (4 g.). Même aux doses modérées habituelles (1 g. 50 par Jour), elle peut donner des douleurs au niveau de l’appareil urinifère quand l’inflammation a déjà exalté sa sensibilité.
L’hexaméthylène-tétramine sera donnée par dose de 0 g. 50 3 ou 4 fois par jour, en ayant soin de faire prendre cette substance quelque temps avant les repas.
Afin de diminuer ses effets nocifs, on a essayé de combiner cette substance à d’autres produits ayant des propriétés antiseptiques par eux-mêmes. Mais comme l’action antiseptique est essentiellement due à la formaldéhyde, ces préparations ne présentent guère d'avantages bien nets (Zunp).
Nous nous bornerons à citer :
— L'helmitol : héxaméthylène, associée au citrate d’anhydrométhylène, se donne à la dose de 1 à 2 grammes par jour.
— L'iodoseptine, qui est l’iodobenzylate d’'hexaméthylène, 0 g. 25 à 0 g. 50 par jour.
— La septicémine, qui est une association de deux molécules d’hexaméthylène et d’une molécule d’iode. Se trouve dans le commerce en ampoules de 4 cm3. 1 à 4 ampoules par jour par voie intraveineuse. Ce produit rentre surtout d’ailleurs dans la catégorie des antiseptiques généraux.
Les dérivés benzéniques fournissent eux aussi des antiseptiques urinaires
— Le salol ou salicylate de benzophényl, qui s'emploie à la dose de 0 g. 25 à 1 gramme en une fois et de 1 à 4 grammes par jour.
— L'hexylrésorcine ou caprokol, peu tonique et très bactéricide, s’élimine par les reins sans les irriter et en conservant son action bactéricide quelle que soit la réaction de l'urine. On le prend à la dose de 0 g. 20 à 1 g. 20 par jour,
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en solution huileuse (2,5 p. 100), à la fin des repas. Le traïtement est long et surtout indiqué dans les formes chroniques.
Les sels d’oxyquinoléine existent surtout sous forme de produits spécialisés : oxyléine (sulfate d’oxyquinoléine), microlyse (chlorhydrate d’oxyquinoléine), binonol (association de bismuth et d’oxyquinoléine).
Les sels d’aminopyridine (pyri-pyridium et néotropine dans ‘le commerce) se donnent à la dose de 40 à 60 centigrammes par jour. Ils sont surtout indiqués dans les formes chroniques.
Citons encore : ;
__ Les colorants : bleu de méthylène, 0 g. 10 à O0 g. 30 (outre ses propriétés antiseptiques, il a l’avantage de calmer les douleurs lombaires et vésicales); jaune d’acridine, rivanol, etc.
— Les balsamiques, peu indiqués dans les formes aiguës : térébenthine, extrait de santal, buchu.
— Le benzoate de soude, 1 g. 50 par jour.
— Le salicylate de phényl associé au chlorure de calcium (Johansen). <
— L'acidolamine, qui a donné à Anghel et Constantinesco des résultats intéressants.
b) ANTISEPTIQUES GÉNÉRAUX.
Nous retrouvons ci l’héxaméthylène-tétramine qui se fait en injections intraveineuses d’une solution isotoniqué à 25 p. 100 (0 g. 50 à 2 g. 50 par jour) et la septicémine que l’on injecte dans les veines ou dans le muscle à dose de 4 cm? matin et soir pendant plusieurs jours. L'action de ces produits, nette en clinique, est assez obscure au point de vue pharmaco-dynamique. L'hexaméthylène-tétramine ne se décompose guère dans le sang et les tissus, et la quantité de formaldéhyde qui y prend naissance est si réduite qu’elle est dépourvue de tout pouvoir antiseptique. Les protéides diminuent d'ailleurs la formation de formaldéhyde, même si la teneur en ions H est appréciable, On n’a d’ailleurs jamais pu mettre en évidence la présence de ce produit dans le sang.
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Elle ne devient sans doute active qu’en subissant dans l’organisme des transformations mettant en liberté des éléments moléculaires actifs (Zunz).
Le rhodium colloïdal (lantal) donne également d'excellents résultats en injections intramusculaires répétées jusqu’à l’apyrexie. Il en est de même de l’électrargol.
Le néosalvarsan a été employé.
La médication chimiothérapique compte encore d’autres produits employés dans toutes les septicémies et dont l’application aux pyélonéphrites est à l’étude. ;
Citons, par exemple, parmi les composés mercuriels, le mercurophen et le mercurochrome 220 de Young (Baltimore), qui est une fluorescéine oxymercurielle dibromée contenant 26 p. 100 de mercure. On s’est également servi de gonacrine (trypaflavine allemande, acriflavine anglaise).
D'après Ch. Mathé, ces derniers produits (notamment le mercurochrome et le néosalvarsan), n'auraient donné que des résultats décevants. Il convient d’être prudent dans l’utilisation de ces produits au cours du traitement des infections pyélorénales.