OBSERVATION VI
Le malade est porteur d'une tumeur du volume d'une orange, survenue à la suite d'un exercice de voltige pendant lequel le malade ressentit une vive douleur.
La tumeur siège sur le trajet d’une ligne allant du pubis à la portion moyenne de la cuisse et en dehors dupligénitocrural. Elle présente tous les caractères des tumeurs musculaires consécutives à une rupture partielle.
Opération.— Pendantplusd'un mois, la tumeur est maintenue comprimée sous une large plaque de gutta-percha moulée sur la face interne du membre. Pas de résultat, M. Gazin se décide à intervenir. Une incision de dix centimètres légèrement oblique, correspondant en son milieu à la tumeur. intéresse la peau, les bourrelets exubérants du pannicule adipeux sont excisés.
Dans la plaie béante, le membre étant placé en adduction, on voit le moyen adducteur, recouvert desa gaine, dessiner une masse oblongue. Après avoir excisé toute la portion du muscle qui tendait à faire hernie, M. Gazin affronte soigneusement, par huit points de suture au catgut fort, les doubles bords de la gaine du muscle et de l’aponévrose fémorale, et par sept points au fil d'argent, il ferme l'incision cutanée.
Pansement au huitième jour. Le douzième jour, l'opéré est autorisé à s'asseoir dans un fauteuil. Peut-être a-t-il abusé de la permission, car à sa sortie de l'hôpital il présentait, sous sa cicatrice, une petite tumeur insignifiante. ‘ Les mouvements musculaires n'ont sur son volume, aucune influence ; enfin l'opéré se sert de son membre sans la moindre gêne.
M. Lejars est d'avis « que les pseudo-hernies musculaires doivent être traitées par l’excision et la suture aponévrotique, toutes les fois que la lésion réclame une intervention. » Il est inutile de proposer au malade une opération quand les troubles fonctionnels sont peu marqués et que la gêne occasionnée par la tumeur est insignifiante.
Montchiloff, dans sa thèse inaugurale de 1899, inspirée par M. le professeur-agrégé Schwartz, apporte à l'appui du traitement chirurgical tel que nous l'avons vupraliqué jusqu'ici par lesauteurs, troisobservations inédites.
« Ce traitement chirurgical, dit-il, est le seul à appliquer à ces sortes de tumeurs, qu’il s'agisse de hernies vraies ou de pseudo-hernies. Il donne d’ailleurs, avec un manuel opératoire bien réglé, la guérison de cette affection. »
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Welker précise encore davantage la nécessité d'une excision de la partie musculaire exhubérante.
Pour trois raisons principales, elle est indispensable :
« 1° Dans le traitement de la pseudo-hernie, comme celui de la hernie vraie, l'expérience à montré qu'il fallait retrancher les masses musculaires saillantes. » (L'observation de Sellerberk est une preuve que la tumeur ne peut être réduite par la seule suture de laponévrose.)
2° Parce que les deux extrémités musculaires et surtout l'inférieure, sont le plus souvent dégénérées. Nous savons que le bout supérieur est généralement atteint de myosilé scléreuse. « I importe donc de remonter la section sur le muscle, jusque sur le tissu sain. »
La troisième raison, c'est que pour faire une suture ou une anastomose musculaire, il faut que le muscle soit avivé.
Quant aux productions fibreuses reliquats du foyer hémorrhagique, Welcker conseille de les enlever soigneusement.