OBSERVATION VII
(Extraile de la thèse de WELCKER)
Rupture musculaire. — Pseudo-hernie. — Excision musculatre el suture aux muscles voisins. — Opération praliquée par: M. Le Dentu.
Le nommé B. R., âgé de 39 ans, glisse en descendant un escalier. Pour éviter la chute, il fait un effort considérable afin de rétablir son centre de gravité. Il ressent au moment de l'effort une subite et très violente douleur. Un craque-
Re
ment est perçu en même temps à cet endroit. La cuisse et la jambe ont été le siège d’un gonflement et d’une vive douleur qui à diminué par la suite. Repos au lit pendant huit jours. Le malade constate au bout de quelque temps, l'apparition d'une tumeur limitée à la partie antérieure de la cuisse. Comme il conservait toujoursle genou et la jambe engourdis, les courses nombreuses que lui imposait son mélier le fatiguaient. Après examen, on porte le diagnostic de pseudo-hernie, consécutive à une rupture musculaire. L'opération est pratiquée le13 mars, c'est-à-dire quatre mois après l'accident. |
Une incision de vingt centimètres environ sur la ligne . médiane à conduit M. Le Dentu sui la masse musculaire saillante, Après avoir incisé celle-ci, qui était dure et sclérosée, on arrive sur une poche véritable, sorte de cavité virtuelle absolument vide. Elle présente une paroi fibreuse épaisse de plus de cinq millimètres. Quelques travées fibreuses cloisonnentincomplèlementlacavité. M. Le Dentu extirpe dans sa totalité cette poche qui remontait assez haut. On enlève les parties dégénérées du muscle qui était dur, ligneux et que le microscope a montré atteint de myosite interstielle.
L'opération terminée il était impossible de rapprocher les deux bouts rompus du droit antérieur qui maintenant se trouvaient trop distancés l'un de l'autre. C'est pourquoi M. Le Dentu se décida à sectionner en deuxle tronçon supérieur et sutura chacun d'eux au musele vaste correspondant. ù
L'aponévrose fut suturée, la peau également, et un drain laissé à la partie inférieure de la plaie.
Réunion par première intention sauf au niveau du drain et du point de suture le plus inférieur. Le malade est revu au bout de quelque temps : la cicatrice est excellente, la réunion musculaire a très bien tenu. Le malade marche sans difficulté aucune, et ne se trouve pas gêné de ses anastomoses.
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M. le professeur Mignon, du Val-de-Grâce, à eu, lui aussi, l'occasion d'intervenir dans plusieurs cas de tumeurs consécutives à des ruptures musculaires partielles.
Letraitement opératoire ne lui parait pas devoir être institué chez tous les malades porteurs d’une tumeur survenue consécutivement à une rupture musculaire.
Il n'est justifié que lorsque le malade souffre. M. Mignon ne croit pas qu'on soit autorisé à intervenir pour d'autres motifs. Il attribue les douleurs éprouvées au tiraillement de la cicatrice musculaire par le globe supérieur du muscle. Cette cicatrice profonde est, à son avis, comparable aux cicatrices adhérentes.
Le procédé employé par lui deux fois, avec deux bons résultats, à consisté à enlever une grosse partie du globe musculaire en forme de quartier d'orange. Son intention, en opérant ainsi, était d’affaiblir Paction de la portion supérieure du muscle sur la cicatrice.
OBSERVATION VIII (Inédite)
(Due à lobligance de M. le Professeur MIGNON, du Val-de-Grâce) Rupture du moyen adducteuwr: de la cuisse droite
Bouchard Pierre, 23 ans, cavalier à la 3" compagnie de remonte.
Cet homme en sautant la barre à ressenti une douleur au niveau de la partie supéro-interne de la cuisse droite. H a cependant continué la reprise pendant un quart d'heure environ. Il est descendu de cheval tout seul, et ne
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s'est présenté à l'infirmerie que deuxjours après, parcequ'il était gêné dans la marche. Il ne s'était pas douté qu'il avait une tuméfaction à la partie supéro-interne de la cuisse ; à la visite le diagnostic de rupture musculaire est porté.
L'homme constate satuméfaction qui, parait-il, était presque aussigrosse qu'actuellement ; au repos, iln'existait pas de douleurs. C’est seulement le soir, après la marche, qu'il souffrait. On le dispense de cheval. Cet homme à fait son service pendant toute une année, sans trop souffrir.
En août 4900, les douleurs augmentent. Elles étaient autrefois localisées au niveau de la tuméfaction.
Elles s’irradient maintenant jusqu’au genou, à la partie interne. Les divers mouvements de la cuisse n’augmentent pas les douleurs.
Il entre à l'hôpital de Versailles le 5 novembre et est évacué sur l'hôpital du Val-de-Gràce le 25 septembre. Actuellement, le malade présente une tuméfaction ovalaire nettement siluée au-dessous de l’arcade cruraie, tout à fait sur sa partie interne et empiétant sur la face interne de la cuisse, du volume d’un œuf de poule, et un peu oblique en bas et en arrière, se continuant en haut avec les tissus sus-jacents, limités en bas, à trois travers de doigt de l'arcade, par une dépression à peu près circulaire. Sa consistance est mollasse comme un muscle -au repos. La tumeur n’augmente pas par les efforts de toux, ne disparaît pas par la pression des doigts, devient très saïillante par la contraction des muscles adducteurs. Pendant la contraction sa consistance augmente beaucoup elle est nettement limitée en bas, en avant, et en arrière. En haut elle va jusqu'au pubis.
Dans la partie inféro-postérieure de la tumeur il semble qu'il existe une sorte de prolongement se continuant avec les adducteurs.
Les muscles adducteurs se contractent, mais sont moins
Re durs que ceux du côté opposé. La corde du troisième adducteur est moins nette. pa |
Il existe des douleurs spontanées, surtout le soir après la marche, commencant au niveau de la tuméfaction el descendant jusqu'à la partie interne du genou. La pression et les mouvements d'adduction ne sont pas douloureux.
Le malade à été opéré le 20 octobre.
En examinant la lésion on remarque que l’aponévrose de couverture était intacte. La tumeur musculaire était très apparente après la chloroformisation. Elle avait le volume d'une mandarine et était comprise entre le tendon d’insertion du moyen adducteur au pubis, et une cicatrice très évidente du corps musculaire. Cette dernière avait la largeur d'un doigt et envoyait des prolongements dans là masse musculaire.
M. Mignon à enlevé toute la partie saillante du muscle par deux incisions longitudinales formant ellipse, et à approché les deux surfaces de la tranche musculaire par un surjet à la soie. Suture de l'aponévrose d'enveloppe par un autre surjet à la Lembert. Suture des téguments au erin de Florence.
En somme, M. Mignon à cherché à faire remonter jusqu'au pubis la cicatrice intra-musculaire.
À sa sortie le malade éprouve encore quelques douleurs pendant la nuit lorsqu'il à marché, mais au moment de la marche, pas de douleurs. Ces douleurs siègent au niveau de la plaie et dans le genou. Objectivement, il n'existe pas : de saillie au niveau de la cicatrice. Celle-ci n'est pas adhérente. Quand le malade prend la position à cheval et fait contracter ses adducteurs, on sent à la partie supérieure de la cuisse, et immédiatement sous le pubis, une toute petite corde qui est le reste du muscle adducteur. Depuis les
. séances d'électricité, le volume dé la cuisse à un peu augmenté. Il existe encore à la partie supérieure de la cuisse une différence de # centimètres entre les deux périmètres fémoraux.
Six mois après le malade a été revu.
L’atrophie des muscles de la cuisse avait disparu. I ne souffrait plus du tout et faisait son service. Il existait une petite masse musculaire grosse comme une noisette audessus du pubis. Celle-ci représentait la partie la plus élevée du muscle qu'on avait eu le tort de ne pas enlever au cours de l'opération.
OBSER VATION IX (Inédite)
(due à l’obligeance de M. le Professeur MIGNON, du Val-de- Grâce.)
kRuplure di moyen adducleur de la cuisse gauche.
Bourdon, 21 ans, cavalier au ? régiment de cuirassiers. Rien de particulier à signaler dans ses antécédents héréditaires.
Antécédents personnels; Fièvre typhoïde à 40 ans. I y a deux ans, après une chute de cheval, maladie fébrile avec accès délirants qui dure un mois.
Dans le courant du mois de décembre 1900, le malade ressentit un jour à cheval, une vive douleur à la partie supéro-interne de la cuisse gauche. A lafin de la leçon d'équitation, il se trouva dans l'impossibilité de marcher et düt être transporté sur son lit. En même temps, il constata la présence d’une tuméfaction correspondant au point douloureux. Le lendemain, une ecchymose étendue marbrait la face interne de la cuisse. Elle persista une quinzaine de jours, puis tout rentra dans l'ordre. Toutefois la tumeur était toujours apparente. Quand le sujet remonte à cheval, les douleurs reviennent avec une grande intensité et la tumeur tend à se circonscrire de plus en plus. Puis T'équi. {ation devient rapidement impossible, à cause de l'intensité des douleurs que cet exercice cause au malade.
A son entrée, on constate à la partie interne de la racine de la cuisse, à 0,05’du pubis, une saillie qui se profile net-
tement sur le bord interne du membre. Elle siège exactement sur le trajet de la masse des adducteurs. De consistance molle au repos, élastique dans la station debout, elle devient d’une extrême dureté lorsqu'on commande au malade les mouvements d'adduction et qu'on s'oppose à leur exécution. En même temps sa forme se modifie sensiblement. Ses contours sedélimitent mieux; elle se ramasse en boule et a, sous cette forme, les dimensions d’un œuf de poule environ. Au-dessous d'elle, on constate une dépression qui correspond à la cicatrice. Cette dépression est peu perceptible en dehors des mouvements de contraction, lorsque le gonflement cesse et que la tumeur s’affaisse par le repos. Les mouvements de la cuisse ne sont pas gênés. La douleur est nulle à l'état de repos, faible pendant la marche. Elle à son maximum lorsque le sujet monte à cheval.
Pas de retentissement à distance. Excellent état général
Pour cetté raison, il à été opéré le 4° juillet dernier.
« J'ai voulu employer le procédé de M. Delorme, que je trouve très rationnel, mais j'ai eu beau libérer la masse musculaire et l'altirer en bas, pour ramener l'extrémité inférieure de ses fibres vers leurs attaches fémorales, je n'ai pu obtenir aucun allongement de la tumeur. Elle restait inextensible, ce que j'ai attribué à de nombreuses petites cicatrices, visibles sur la masse charnue et résultant probablement de la différence de niveau de la rupture des fibres musculaires.
« Je me suis décidé à faire l’excision longitudinale et totale de la partie supérieure du muscle, jusqu'à ses insertions pubiennes, procédé que j'avais déjà appliqué une fois et qui avait bien réussi. L'opération à été des plus simples. Je l'ai terminée en faisant, comme j'ai pu,unrapprochement des lèvres de la tranche musculaire et en suturant séparément l'aponévrose d'enveloppe du membre et les téguments. J'ai immobilisé pendant vingt jours le membre inférieur dans une goutlière, afin que quelques mouvements d'abduction de la cuisse ne fassent pas céder les sutures.