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l’'adduction, on voit la tuméfaction changer de forme, devenir globuleuse. Elle présente alors le volume d'un -œuf de poule. Elle se déplace très peu et se trouve située à trois centimètres de l’arcade érurale. Dans l'adduction forcée, la saillie devient plus volumineuse encore et semble reliée à la partie interne du pubis par une sorte de ruban fibreux. Elle est séparée des parties voisines par une dépression circulaire de la peau à sa périphérie.
Cette tumeur augmente un peu de volume pendant la marche, mais n’'augmente pas sous l'influence de la toux. A la palpation, on constate que la tumeur est régulière, lisse, quand les cuisses sont rapprochées et de consistance mollasse, élastique. La peau est intacte, libre de toute adhérence avec la tumeur. Mais celle-ci tient aux parties profondes et on ne peut la déplacer sans entraîner avec elle les muscles voisins. Elle est irréductible ; on ne peut l’allonger dans aucun sens. Ne présente ni pulsations, ni frémissements. À la profondeur, on ne sent pas la trace d'aucun anneau aponévrotique. Dans l’adduction libre elle durcit en même temps qu'elle grossit. Pendant la contraction, elle durcit sans disparaitre.
Matité à la percussion.
Trailement. — Repos au lt. Position rapprochée des cuisses. Aucune amélioration après quelques jours de traitement. L'intervention est décidée.
Opération. — Incision verticale de la peau, parallèle au bord interne de la cuisse, sur une longueur de huit centimètres, à partir de un centimètre au-dessous de l'arcade crurale. On trouve l'aponévrose crurale absolument
intacte, peu épaisse, laissant voir par transparence la saillie musculaire. On incise longitudinalement l'aponévrose ; on voit alors une masse allongée de six centimètres environ présentant la coloration normale du tissu musculaire et formée de fibres musculaires enroulées sur ellesmêmes de haut en bas et de dedans en dehors. Cette masse est bridée par l'aponévrose musculaire qui la recouvre et AS
qui est plus épaisse sur son bord externe. Elle répond exactement à la partie externe du muscle, moyen adducteur. À sa partie supérieure, elle se continue sans interruption jusqu'au niveau de l'arcade crurale, À la parte inférieure, elle se continue avec une sorte de ruban tendineux étroit, peu étendu. En dehors de la masse musculaire et un peu plus profondément, on observe une petite tumeur piriforme, aplatie, du volume d’une noisetle, de coloration bleuâtre, reliée au tissu cellulaire par un pédicule étroit. C'était le reliquat d'un hématome. A la partie interne, on trouve une partie des fibres du moyen adducteur qui sont intactes et ont gardé leur direction normale.
On incise la gaine aponévrotique de la masse musculaire qui fait saillie; on détache en plusieurs faisceaux cette masse, en haut, tout près de l’arcade crurale ; en bas, en la séparant du ruban tendineux qui lui fait suite. En somme, on excise les quatre cinquièmes du moyen adducteur. Suture serrée de l'aponévrose. Suture de la peau. Pansement compressif au salol.
Les fils sont enlevés le 5 avril. La cicatrice est parfaite. Résultat immédiat très bon. ,
Le malade à été revu ces derniers temps. Sa cicatrice est parfaite. La tumeur n'a pas reparu. L'état fonctionnel de sa cuisse opérée est excellent. Ce cavalier peut continuer son service actif aussi bien qu'avant l'accident. Pas la moindre douleur. En somme, le résultat éloigné est aussi satisfaisant que le résultat immédiat.
Nous n'avons rapporté jusqu'ici que des observations de ruptures partielles traitées par l'excision de la masse exhubérante, suivie ou non de la suture aponévrotique. C’est, en effet, à ce procédé que se rattache la majorité .des auteurs, et, pour cette raison même, nous avons tenu à reproduire quelques observations