OBSERVATION XV
(Thèse de FAUCOMPRÉ).
Rupture du triceps. — Fracture intra-articulaire de l'extrémité inférieure de l'huinérus. — Suture du jnuscle. — Guérison.
Gr... Jules, 64 ans, entré le 9 novembre à l'hôpital Saint- Sauveur. Alcoolique et athéromateux. Renversé par un tramway et trainé pendant plusieurs mètres. Ecchymose étendue aux régions postérieure et interne du bras. Gonflement considérable, Le membre estinerte, L'axe non dévié. Légère saillie anormale vers la trochlée humérale.
RD
A la palpation : Crépitation sanguine. On se rend compte que la région du coude est atteinte. Peu de mobilité anormale. Pas de crépitation osseuse appréciable.
Ce qui frappe surtout, c'est une dépression profonde située au-dessous de l’olécrane. Le doigt peut refouler la peau jusqu'à l'os. Elle est de sept à huit centimètres de hauteur.
Il existe une rupture totale du triceps, avec rétraction en haut du bout supérieur. Une intervention est décidée,
Opération (10 novembre 4894). — M. Foletse décide à tenter la suture du triceps, en raison de l'impotence ultérieure du membre si l'on n'intervient pas. Une incision de douze centimètres environ est pratiquée à la partie postérieure du bras depuis trois centimètres au-dessus de l'olécrane jusqu'à la partie moyenne du bras.
L'olécrane est intact. Son insertion tendineuse sur une longueur de cinq centimètres environ est également intacte. Des lambeaux musculaires, surtout sur les parties latérales y sont restés adhérents, mais tout le triceps est rompu; un peu au-dessus, son bout supérieur rétracté forme un bourrelet épais de quatre à einq centimètres occupant huit à neuf centimètres au-dessus de l’olécrane, untiers au moins de la circonférence du membre. Entre le tendon déchiré et le muscle rétracté, existe un vaste espace rempli de caillots et limité en avant par la face postérieure de l'humérus.
Toutle foyer dela rupture musculaire est alors soigneusement nettoyé, débarrassé de ses callottes et régularisé. Le tendon est dépouillé de quelques lambeaux musculaires peu solides.
Le bout supérieur du triceps est saisi, amené au contact du lambeau musculo-tendineux resté inséré sur l'olécrane. Cinq points de fort catgut sont passés de telle sorte que les parties les plus profondes du bout supérieur sont en rapport avec l'extrémité supérieure du lambeau tendineux.
On prend dans l’anse des fils une quantité assez importante de tissus. Un drain est placé dans l'angle supérieur de la
role
plaie opératoire qui est suturée. Réunion immédiate. Immobilisation: Un mois après, mobilisation. Massages journaliers. Résultat excellent. Tous les mouvements sont conservés.
Il est probable, pour ne pas dire certain, que sans l'opération pratiquée par Folel les extrémités du muscle rompu seraient restées, malgré l'extension, séparées l'une de l’autre par un intervalle qu'aurait comblé du tissu de cicatrice.
OBSERVATION XVI (Inédite)
Recueillie dans le service de M. le professeur RAYMOND, due à
Pobligeance du docteur GAY-BOoNNET)
Rupture lotale du droit antérieur de la cuisse. — Suture précoce. — Succès complet.
Dunoubaut, 58 ans, charpentier, demeurant à Limoges. Entré à l'hôpital le 18 mai 1900.
Dans la matinée, étant occupé à démolir un échafaudage, une poutre lui tombe sur le braë droit, déchire le vêtement et produit quelqueségratignureset une luxation de l'épaule. Une autre poutre tombe à plat sur la cuisse, et fait tomber le malade, malgré l'effort qu'il fait pour conserver l'équilibre.
Pas d'ecchymose ni d’hématome appréciable. On sent, à trois travers de doigt au-dessus de la rotule une dépression transversale correspondant à une solution de continuité absolue des fibres du musele droit antérieur. La peau peul être refoulée dans cette encoche.
L'impotence fonctionnelle est absolue, la douleur est très vive au repos et pendant la contraction. L'intervention est immédiatement décidée.
Opération (le 20 mai). — Incision horizontaleàsix centi-
mètresau-dessusdelarotule. Leboutsapérieur du droit antérieurest rétractéen haut. Les fibres musculaires paraissent avoir été coupées avec un instrument tranchant à environ trois centimètres au-dessus de leurinsertion sur le tendon. L'aponévrose d’enveloppe est aussi rompue, On pratique une suture suivant deux plans:1° un plan profond ; 2 un plan superficiel. Cessutures continues sont faites au catgut. Onprendune quantité assez importante de tissus dansl’anse desfils, de facon à assurer la solidité des sutures : suture de l'aponévrose, suture de la peau. Le membre est immobilisé.
Au bout d’une huitaine de jours on pratique du massage. Le malade commence à se lever et à marcher avec ses béquilles le 20 juin.
Le 27 juin, il marche avec le seul aide d'une canne, la cicatrice est parfaite, non douloureuse. Le malade sort de l'hôpital complètement guéri, les mouvements sont revenus normaux, la force est conservée. En somme, le résultat défi-
nilif est parfait.
Bazy rapporte dans le Bulletin de la Société de Chirurgie de 1895, une observation de rupture de la longue portion du biceps brachial droit, à propos de laquelle il se décida à intervenir.