‹ Contribution à l'étude du traitement des septicémies gangréneuses: par les injections sous-cutanées d'eau oxygénéeChapitre 12 sur 18 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

: (Inédite) ; (Due à l'obligeance de M. Espanet, interne des hôpitaux).

NX. sujet arménien, âgé de .28 ans, entre le 8 mars 1903 à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Combalat, à la salle Cauvière, numéro 8.

Le malade est porteur d’une plaie par coup de couteau, siégeant au tiers moyen de la face externe de la cuisse droite ; la

lame a pénétré normalement aux tissus sur une étendue de cinq centimètres, parallèle à l’axe du membre.

A noter que la plaie a été explorée au stylet dans une pharma cie de la ville. Aucun autre renseignement.

Pansement antiseptique. Pas d’hémorragie.

Le lendemain. — Suture de la plaie ; pansement sec.

Etat général très bon. ne

Le 10 mars, surlendemain de l’accident, l’interne du service s’aperçoit que le malade a 41° de température. On défait le pansement et on constate un œdème énorme de toute la cuisse, remontant au ph de l’aine. A la palpation, crépitation gazeuse ; les téguments ont une teinte asphyxique. On enlève les points de suture ; écoulement d’un liquide sanieux et d’odeur cadavérique ; muscles d'aspect grisâtre.

Etat général très mauvais ; température 41°, faciès grippé, langue saburrale, pouls 130 avec intermittences. \

Immédiatement, le professeur Combalat institue le traitement oxygéné de M. Pluyette. Larges débridements ‘au thermo-cautère, lavages antiseptiques de tous les foyers à l’eau oxygénée. Puis on pratique les injections sous-cutanées d’eau oxygénée : 1° autour de la plaie ;: 2° en divers endroits de la cuisse, partout où il y avait crépitation ; 3° à la racine du membre en forme de couronne.

Pansement humide à l’eau oxygénée dédoublée. Traitement sénéral : Potion de Todd, quinine, sérum (beaucoup de sérum artificiel, dit l’observation), acétate d’ammoniaque.

On renouvelle le pansement humide deux fois par jour, et les injections d’eau oxygénée tous les matins.

Après 36 heures, le 11 mars au matin, l’œdème se limite; température, 39 degrés. L'état général semble s’améliorer. On continue le traitement.

Les jours suivants, des placards de peau sphacélés se détachent - par lambeaux, mettant à nu les aponévroses où les muscles. On voit sourdre dans les interstices de la sérosité noirâtre et des bulles de gaz. A

On continue les injections sous-cutanées d’eau oxygénée tant qu’il y a de la erépitation. Oscillations thermiques 37°5 à 38°8 pendant un mois. Le malade met deux mois pour réparer les per-

EAP EE tes de substances de la cuisse et sort ensuite guéri, marchant très,

bien.

Avant d'indiquer la technique définitive, à laquelle il faut avoir recours, voyons la statistique des septicémies, dont nous avons donné les observations «in extenso » et qui ont été traitées par la méthode des injections. Nous n’avons à déplorer qu’un seul décès sur cinq malades, ce qui donne un pour einq ou 80 pour 100 de guérison. Ces chiffres sont éloquents par eux-mêmes, surtout si on les compare aux statistiques données antérieurement. Salleron a soixante-cinq cas mortels chez ses opérés. En 1870, aux ambulances de Belfort, Préry déclare que peu de cas sont curables. Dans les 4 observations de la thèse de Négretti, inspirée par Fontan, médecin de la marine, il y a trois cas de mort. Forgue, dans l’article « septicémie » du Traité de chirurgie, de Duplay et Reclus, dit que l'intervention donnerait cinq pour. cent de guérisons, mais il ajoute que cette moyenne est trop favorable, si l’on songe aux nombreux cas de mort que les chirurgiens préfèrent ne pas publier. ;

Il faut donc en conclure que l’éloquence de nos chiffres proclame hautement la valeur de notre procédé dans le traitement de la septicémie gangréneuse à forme suraiguë.

ff

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