‹ Contribution à l'étude du traitement des septicémies gangréneuses: par les injections sous-cutanées d'eau oxygénéeChapitre 6 sur 18 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

(Dr-Pluyelle. Marseille médical, mars 1900).

Maximin M. facteur des postes, âgé de 57 ans, recoit le 31 janvier 1900, à 3 heures de l'après-midi, toute la charge d’un fusil de chasse, à bout portant dans la partie moyenne de la cuisse droite, sur la face antéro-interne. Le coup fait balle ; les plombs «t la bourre pénètrent dans les parties molles, au milieu du quadriceps crural.

Le blessé entre :à l'hôpital de la Conception, le lendemain, 1* “février, à 3 heures de l’après-midi, 24 heures après l'accident, avec une vive douleur dans le membre, qui est chaud et tendu ; fièvre modérée, 38°, mais quelques frissons. Je ne suis pas appelé et ne vois le blessé qu'à ma visite du matin, Le lendemnin 2 février, environ 40 heures après l'événement.

Voici ce que je constate

Un seul orifice d'entrée, d'environ un centnpètre carré, sur la face interne de la cuisse. Le membre est volumineux, ædématié ; la coloration de là peau est caractéristique, c’est la teinte rouge cuivrée de l’érysipèle bronzé, avec liseré un peu diffus, s’étndant à quatre travers de doigts environ, au-dessus et au-dessous de la plaie’; la zone enflammée est surtout marquée sur la face antérieure de la cuisse, au point où à dû s’arrêter la charge, En présence de ces symptômes, je ne suis nullement surpris, en appliquant la main sur la région, de constater une sensation de crépitation clapotante ; le foyer est bourré de gaz ; la percussion donne, en effet, une sonorité tympanique.

En même temps qu'on me met au courant des commémoratifs, j'apprends que le blessé à eu des vonrissements pendant la nuit ; pourtant, la fièvre est modérée, 37°9 ; il n’y à eu ni céphalalgie,

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ni délire ; malgré cela, j’annonce que le malade est très grave et succombera probablement et très vite à cette infection, déjà en évolution 40 heures après l’accident, car je n’ai pas souvenir d’avoir vu guérir un seul cas d’érysipèle bronzé, nettement accentué. |

Quoique sans grand espoir et pour ne pas rester les bras croisés, je pratique une longue incision longitudinale sur la partie antéro-externe de la cuisse ; il sort en quantité des gaz fétides à odeur cadavérique et de la sérosité grumeleuse, mêlés à des détritus sphacélés de tissu cellulaire et musculaire ; j’extrais des iragments de bourre et de nombreux grains de plomb qui s’échappent sous des lavages répétés au sublimé. M’avisant alors que nous étions en présence du vibrion septique, qui est anaérobie, et me rappelant un succès que j'avais eu récemment avec l’eau oxygénée, pour un phlegmon septicémique, d’origine urinaire, mais à forme lente, je me décide à laver toute la surface de la plaie avec cet antiseptique et injecte tout autour de la zone atteinte,

c’est-à-dire de la racine de la cuisse, cinq centimètres cubes d’eau

oxygénée, en dix piqûres ; pansament humide.

Pour lutter contre l’intoxication, je preseris 500 grammes de sérum en injection, la potion de Todd, de l’acétate d’ammoniaque et du thé alcoolisé ; je recommande ensuite à mon interne d’analyser les urimes et de refaire à la contre-visite le même pansement : lavages au sublimé d’abord, à l’eau oxygénée ensuite, ainsi que les mêmes doses de ce dernier antiseptique en injection sous-cutanée.

Le 3 février, le mal semble avoir empiré. La température vespérale de la veille avait atteint 3906, elle était encore le matin à 3905. On a noté quelques vomissements, un peu de subdélirium, indice d’une intoxication profonde. Localement, la zone érysipé-

lateuse à un peu augmenté vers la racine de la cuisse, mais elle!

s'étend surtout vers la face interne et inférieure du membre, points vers lesquels je n’avais pas fait d'injection sous-cutanée. Je pratique de nouveaux débridements au thermocautère, plongeant le fer dans tous les coins et recoins qui semblent atteints, puis je fais de grands lavages au sublimé et à l’acide phénique à 5 pour 100. Je termine par un lavage de tous les points à l’eau cxygénée.

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