CHAPITRE III
Des différents traitements des phiegmons
terdineux
Pendant longtemps, dans le traitement des panaris et des gaines synoviales de la paume de la main, on se contenta, en attendant que le pus se fit jour de luimême, d'appliquer sur les parties infectées des substances médicamenteuses ou autres, dont l’énumération serait trop longue. Nous nous contenterons de citer l’'onguent de la Mère et le sparadrap préparé avec ce même onguent, qui fut longtemps en honneur et qui était encore employé dans nombre d'hôpitaux il y a une quarantaine d'années.
Aujourd’hui encore, dans les campagnes comme dans les villes, on trouve des gens qui s’attribuent la réputation de guérir les panaris, sans avoir recours au bistouri. L'espoir d’être guéris sans incision est un appât considérable pour les individus pusillanimes atteints de ces phlegmons ; aussi chaque jour se pré-
sentent-ils nombreux chez ces prétendus guérisseurs.
Les chirurgiens délaissèrent bien vite ces substances médicamenteuses pour des procédés d’une valeur incontestablement supérieure. Ayant remarqué que l'issue du pus amenait une diminution rapide des symptômes généraux et de la douleur, ils recoururent à l'incision, mais à une incision trop timide, trop tardive, qu'ils n’employaient que lorsque le pus était manifestement formé, et que tous les moyens préventifs avaient piteusement échoué. Ces moyens préventifs étaient fort nombreux. C’étaient les réfrigérants : irrigation et compresses trempées dans l’eau froide, les vésicatoires, les onctions mercurielles répétées plusieurs fois par jour, les antiphlogistiques : saignée générale et sangsues, la Compression, moyen recommandé par Velpeau, au commencement de l’inflammation, les cataplasmes arrosés ou non de laudanum.
A ce traitement local, on combinait un traitement général: repos absolu; un régime sévère : des boissons rafraichissantes, limonades, etc., de temps en temps un lavement émollient ou un purgatif salin, un grand bain. Contre les douleurs si vives des phlegmons des gaines tendineuses, on administrait à l’intérieur une potion Calmante opiacée, ou bien on plaçait le doigt dans une solution d'extrait gommeux d’opium. Pour soutenir les forces du malade, on lui
ordonnait une potion tonique ou un vin fortifiant. Ce