‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Téno-Synovites aiguësChapitre 8 sur 18 · DS · texte numérisé non relu

DS

n'était que lorsque tous ces moyens avaient échoué que l’on se décidait à ouvrir la collection purulente.

Aujourd'hui tous les chirurgiens sont d'accord pour déclarer qu'il ne faut pas s’attarder aux moyens abortifs. Sans doute, assez souvent, les bains antiseptiques très chauds et les pansements humides empêchent une plaie du doigt ou de la main de s’infecter, un panaris superficiel de se propager aux gaines tendineuses ; mais l'infection, malgré ces soins, vient-elle à se propager, le doigt est-il à demi fléchi, rétracté, incapable de se redresser, les douleurs sont-elles vives, les symptômes généraux graves, il faut recourir immédiatement au bistouri. À plus forte raison, faudrat-il se hâter lorsque la tuméfaction des régions thénar ou hypothénar indique la propagation de l'infection aux gaines synoviales de la paume.

Dans le cas de panaris simple, un grand nombre de | médecins, sans recourir à l’anesthésie, ouvrent la collection purulente d’un coup de bistouri médian et profond, allant jusqu’à l'os. Faure s'élève contre cette pratique et conseille, même dans ce cas, l’anesthésie locale pratiquée à la base du doigt et l’hémostase préalable, au moyen d’un tube en caoutchouc serré à la base du doigt.

Lorsqu'il s'agit d’un phlegmon des gaines synoviales de la paume et du doigt, quelques médecins font

encore leurs incisions sans le secours de lanesthésie

Po) ea

et de l'hémostase ; un grand nombre cependant y ont alors recours. Il s’agit dans ce cas d'ouvrir la gaine malade à la paume d’abord, puis au-dessus du poignet, afin d'assurer une évacuation du pus aussi complète que possible. Ces incisions sont ordinairement faites d’après les règles opératoires et topographiques suivantes. Quand il s’agit d’un phlegmon dela gaine radicale, on incise dans la commissure du pouce et de l'index jusqu’au pus, puis on fait une controuverture au-dessus du ligament annulaire, sur le bord externe du tendon du grand palmaire. Quand l'infection siège dans la gaine cubitale, on fait dans la paume une première incision qui, partant de la ligne médiane, au point de jonction des éminences thénar et hypothénar, descend un peu obliquement en dedans, et s’arrête à deux centimètres au-dessus de la commissure unissant le petit doigt à l’annulaire ; on fait ensuite une seconde incision au-dessus du poignet, parallèle à l’avantbras, à un centimètre de la ligne médiane, en dedans du tendon du palmaire cutané.

Ces ouvertures et controuvertures pratiquées, on fait glisser d’une brêche à l’autre un drain chaussé sur la sonde cannelée, ou qu’une pince va chercher par la paume et ramène de haut en bas. On fait ensuite prendre au malade, dans le sublimé au millième,un bain de main ou d’avant-bras, pendant une

demi-heure.

Page 1