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Mais l'immobilisation n’est pas acceptée de tous. Comme au dehors de ces pays, du reste.
D’aucuns lui préfèrent la résection hâtive ou telle autre opération sanglante commandée par le degré des lésions devant lesquelles on peut se trouver en présence.
Mais pour eux-mêmes, l’immobilisation ne doit pas être bannie, Car bien souvent elle doit rendre service, soit aux malades, soit aux chirurgiens.
Nous en avons fini avec ces pays.
Passons en Suède. Nous lisons que J. Berg, de Stockolm, a a traité plusieurs arthrites au moyen d'injections iodoformées.… mais rarément dans les cas de tuberculoses osseuses et jamais - quand il y a suppuration. Résultats variables.
Nicolaysen reconnait, lui, une grande valeur dans l'emploi de la tuberculine de Koch en injection comme traitement et moyen de diagnose. Il lui doit une guérison ! C’est trop peu pour nous faire oublier l'effet parfois déplorable de la tuberculine chez les tuberculeux.
Revenons à la France et d’abord mentionnons les chirurgiens, adversaires, timides ou résolus de l’immobilisation.
Jalaguier préfère user de l’arthrectomie dès le début. Il incise les parties molles, opère le grattage des foyers et n'oublie pas de faire l’hémostase. Ensuite, 11 finit par un nettoyage minutieux au ClZn et régularise la plaie.
Albertin, de Lyon, trouve insuffisant ou trop lent le repos. Aussi, pour lui, doit-on recourir à l’arthrectomie dans les formes synoviales ou aux résections intra-épiphysaires ; au choix, selon circonstances.
Dans les formes osseuses, il y ajoute le curettage, etc.
Dans la convalescence, pour lutter contre la flexion, il prescrit le port d’une genouillère.
A Lyon encore, un chirurgien mort trop tôt pour la science, D. Mollière, décrivit une arthrite ulcéreuse du genou, denature
NV Ce tuberculeuse. Il la soigna par le repos, mais non, par l’immobilisation absolue, car il s’aperçut que cette dernière ainsi pratiquée aggravait le mal au début. |
Nous nous rapprochons, dans notre étude, de plus en plus de l’époque actuelle. |
Sédillot préfère l’arthrectomie avec curettage.
J.-L. Championnière se montra peu partisan de l’immobilisation, dont le principe ne repose que sur des hypothèses, mais il accorde toutefois une réelle valeur à la compression à l'aide de bandelettes de diachylon et aux mouchetures superficielles, selon la méthode de Scott.
Julliard, de Genève, doit à l’ignipuncture des cas de guérisons. Pas adversaire de l’immobilisation. |
Al. Moll incrimine moins l’immobilisation que les tentatives de mobilisation dans les lésions observées aux jointures.
Bilhaut, au début, en est partisan ; car il lui doit de beaux succès. Pour lui, il considère comme méthode fondamentale l’immobilisation unie à l’extension continue. Mais, dans les stades d’attitude vicieuse, il leur préfère le traitement chirurgical qui, seul, lui paraît rationnel. |
Guyon recommandele repos physiologique des articulations du membre malade. Mais, lui objecte-t-on, ce membre perdra ses mouvements ?... « Craindre l’ankylose ici, leur répond-il, c'est ne pas vouloir la guérison. »
À Montpellier, nos maîtres se montrent aussi partisans de l’immobilisation. Ils soignent souvent ces tumeurs au moyen de pointes de feu et d’un appareil plâtré.
Nous voyons, en effet, M. Estor appliquer des appareils dans sa clinique. M. Forgueécrit dans son Traité de thérapeutique chirurgicale qu’il faut au début employer l’immobilisation, les pointes de feu, etc.
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M.Tédenat se sert aussi d'appareils à immobilisation concurremment'à l’ignipuncture.
Ailleurs, Debersaques, de Gand, publie, en 1893, un opuscule à ce sujet et vante le repos et les appareils plâtrés.
Lannelongue, de Paris, dit qu'au début, il leur reconnait une réelle valeur : seule ou associée à la méthode selérogène. « On à, non sans raison, dit-il, mis en parallèle les résultats des méthodes conservatrices appliquées avec soin et des méthodes sanglantes. L'avantage s’est montré à peu près égal, sinon supérieur, du côté des méthodes conservatrices, etc. »
Poulet et Bousquet, de même, sont des adeptes convaincus du traitement par l’immobilisation d’abord. Il trouve encore des partisans en Bœkel Reyher et Monod. Ceux-ei préconisent de plus, en France, la « Distractions-Method ».
Ch. Angers et Clado se rangent du côté des partisans de l’immobilisation. Pour eux, le traitement des arthrites tuberculeuses à la période même des fongosités doit être l’immobili-, sation avec ou sans Cautérisation.
Le Dentu, en traitant cette question, dit que la contention s'impose toutes les fois qu’il s’agit d’une tuberculose de la colonne vertébrale et des membres. « On ne saurait trop l’affirmer à notre époque, où l’on tend à s’écarter des utiles préceptes de Bonnet. L’immobilisation assure la bonne position des membres après réduction des attitudes vicieuses. Elle favorise la résorption des fongosités et s'oppose, dans une large mesure, à la formation des abcès. La compression vient utilement en aide à l’immobilisation. Il conseille de ne recourir aux méthodes sanglantes que s’il y a insuffisance manifeste dans le traitement, après plusieurs mois, etsilessujets ont dépassé 15 ans ou n’ont pas atteint plus de 40 à 50 ans. Ne recourir, en ce cas au bistouri, que si l’on constate une absence de lésions tuberculeuses, d’ailleurs assez graves pour compromettre le succès opératoire, et quand ces lésions sont bien localisées, Si
SQL l’on doit extraire quelques séquestres, bien nettoyer leurs cavitès et mettre en place des os décalcifiés qui joueront le rôle d’eXcitation à l’ostéogenèse.
Transerivons enfin ce passage lu dans le Traité de Chirurgie de Duplay et Reclus : « Après les opérations sanglantes qui constituent le véritable traitement curatif, viennent le repos et l’immobilisation dont Bonnet avait fait la base du traitement des affections ostéo-articulaires. » Pour eux, le premier effet de l’immobilisation est de calmer les douleurs, de soustraire les parties malades aux irritations incessantes dues aux mouvements fonctionnels et de permettre ainsi aux lésions protégées de marcher vers la cicatrisation désirée.
La compression de Guérin, circulaire, avec la ouate, favoriserait selon eux, la résolution des engorgements fongueux. Pour eux, le massage doit être proscrit, car 1l provoque le ramollissement et la suppuration des fongosités. S'agit-il de lésions relativement anciennes pour les membres, dans les ostéo-arthrites tuberculeuses, on fera chez les enfants de la conservation à outrance.
Nous avons tenu à citer à peu près textuellement leurs conseils, carils résument très bien et la pensée de leur ouvrage et notre conduite.
La liste des chirurgiens français est loin d'être épuisée.
Desprès avoue n’avoir jamais fait la résection du genou pour arthrites tuberculeuses, parce que, grâce à l’immobilisation prolongée aussi longtemps qu'il est nécessaire, on guérit les malades en leur conservant leurs membres.
Verneuil recommande aussi l’immobilisation « en correcte attitude » dans les arthrites tuberculeuses du genou. Et nous venons de lire dans le Traité de thérapeutique des professeurs Forgue et Reclus, ceci : « En chirurgie, pas de question plus délicate que celle des interventions dans la tuberculose locale !» Alors pourquoi: s'étonner de ces différences bien grandes de
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traitement ? Forgue et Reclus ajoutent : « Immobiliser la jointure tuberculeuse, c'est ici, comme dans (oute arthrite, une règle capitale ! » Ces auteurs recommandent les attelles de Thomas, l’immobilisation jointe à l'extension continue pour amener une décompression articulaire favorable, selon Kœnig, à cette cure. | FO Il est juste de remarquer que Lannelongue et Busch s'élèvent contre cette dernière assertion. Pour eux, la pression, au contraire, est accrue, mais reconnaissent que l'extension supprime les spasmes musculaires, lutte efficacement contre l'élément douloureux. L'article entre ainsi mieux en repos.
La « Distraction s-Méthode » paraît utile pour certains, : même quand les fongosités ont déjà franchi les limites de la synoviale. |
La durée de l’immobilisation ? Nous voyons émettre par tous les mêmes principes qui doivent diriger tout médecin. « Tant qu’une pression méthodique sur la région ou la percussion des surfaces révèle des points douloureux, tant qu'il persiste du gonflement péri-articulaire, l'immobilisation doit être de ri-. gueur. Si, dans les jours qui suivent sa « libération », la jointure s’est endolorie à nouveau, il faut lui imposer bien vite un autre stage. Avant de rendre à la marche un genou, on peut en protéger les premiers essais par un appareil inamovible à attelles ou par une gouttière à tuteurs, afin d'alléger la jointure convalescente.
Mais le traitement ne finit pas avec l'absence des douleurs ; il faut encore suivre les premiers ébats du convalescent, lui défendre le surmenage de l’article hier encore en proie à la tuberculose, mal qui ne demande qu'un rien pour se réveiller.
À d’autres ! Comby, Grancher et Marfan écrivent dans leur Traité des maladies de l'enfance : « L'immobilisation est le çondement de la thérapeutique, que l'ostéo-arthrite soil suppurée Ou non. »