‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Tumeurs BlanchesChapitre 24 sur 34 · NE TO · texte numérisé non relu

NE TO

Dès que les lésions S'étendent aux cartilages ou aux os, il faut intervenir chirurgicalement. L’injection, en ce cas, n’est plus de mise. Elle ne servirait qu'à nous faire perdre un temps précieux et nous obliger à des opérations plus étendues.

Ne pourrait-on pas, en ces Cas, non pas recourir à une intervention sanglante quelconque, mais joindre à ces injections intra-cavitaires les autres injections péri-articulaires, bloquer “ainsi l'ennemi et le réduire à l'impuissance ? Le foyer osseux serait arrêté dans sa marche vers l'extérieur par cette barrière fibreuse.

La liste des partisans d'injections est loin d’être épuisée.

En Allemagne et ailleurs, nous voyons Wieland, Wenderemeesch, ete., adopter cette méthode d’injections iodoformées.

Trinkler, comme Bier, utilise la compression élastique con- Jointement aux injections d'iodoforme éthéré.

De Backer publie un opuscule et nous parle d’injections mycodermiques.…. antagonistes, selon lui, du bacille de Koch. grâce aux ferments que les mycodermes produisent.

D'autres emploient l’iodo-gaïacol camphré selon la méthode Coronedi.

Pendant que d'autres recherchent de nouveaux composés plus actifs, certains chirurgiens étudient à fond les effets de l'iodoforme sur l'organisme.

Senger, Klinik, Leisrinck, pour ne citer que les plus connus, nous décrivirent son action. Molleschott déjà la mentionnait, puis Oberlander nous traça le tableau des intoxications par l'emploi de ce corps. Il nous en décrit les dangers et les symptômes, tels que ivresse au début, céphalalgie à lPocciput et à la nuque ; inspiration profonde, diplopie, jusqu'aux trou-

-bles nerveux, délires, etc:

Voici d'autre part, comment le} juge un grand chirurgien allemand. Kænig, m malgré ces dangers qu ’on peut facilement éviter,

du reste, reconnait aux injections d'iodoforme une certaine

2 OD LE efficacité « non douteuse »: « Tant que l’on n’aura pas trouvé à l'iodoforme dans le traitement des tuberculoses locales un succédané inofensif, l’on ne pourra se refuser à l’employer contre ces affections ».

Et le nombre des chirurgiens qui s’en servent ne fait que s'accroitre. |

En Allemagne toujours, Trendelenburg emploie une solution à 20100 d’iodoforme dans de l'huile stérilisée et injecte une cuillerée à café chaque 8 jours.

La dose acceptée par Krause est de 3 à 8 cc. chaque trois semaines.

L'injection de l’iodoforme, avec la glycérine comme véhicule, est enseignée par Mickuliez. Mais on produit de la douleur et parfois des intoxications. Contre l'élément douleur, nous pouvons très bien lutter par l’anesthésie. Plusieurs s’en servent.

Quant à éviler un empoisonnement, cela ne peut se faire que grâce à un certain flair, à des essais réitérés de doses minimes sans cesse croissantes, ce qui permet d'étudier le degré de résistance du sujet. |

Ne pas oublier cette variabilité dans les effets suivant chacun.

Pour éviter toute intoxication, il suffirait, dit Kœnig, de ne jamais dépasser la dose de grammes.

Brun pense de même. Chez les enfants, on pourrait à la rigueur dépasser cette dose, car ils sont plus résistants que les vieillards vis-à-vis de l’iodoforme.

En Amérique, nous voyons ce système prôné par S. Lloyd. I lui doit plusieurs cures heureuses. Tandis qu'il se sert de l'iodoforme, Sayre essaye de son côté un nouveau produit : l’aristol. Il en eut de bons résultats, mais avec application d’attelles.

Abbe, de même; mais cependant, il préfère recourir aux

LULU |) à ee

injections d’iodoforme dissous dans l'huile campbrée. La solution prescrite est de 207100.

Ketsch obtint des suceès par l'emploi simultané de ces injections et d’un traitement mécanique.

N'oublions pas de mentionner Bryant, à qui nous sommes redevables d’une bonne étude en la matière.

Il utilise l’iudoforme à 10 010 dissous dans l’éther ou la glycérine, surtout dans la glycérine, car avec l'éther, on obtient un produit d’une trop grande diffusibilité. Ce qui rend l'injection douloureuse et donne souvent lieu à quelques abcès circonscrits.

Aucun désagrément de ce genre avec la glycérine ou l'huile stérilisée. | |

D'abord, l’iodoforme y reste assez bien en solution, et de plus, il a l'avantage d’être indolore. Mais, grâce à sa viscosité, il faut employer. en ce cas, une aiguille d'assez fort calibre.

Eve adopte le même produit pour ses injections intraarticulaires.

D'autres chirurgiens se servent du camphre, qui augmente la solubilité de l’iodoforme.

Quant à la quantité d’iodoforme devant être injectée, elle varie suivant les malades, qui réagissent différemment à une même dose donnée. à

Mais avant d’injecter, il vaut mieux, selon Eve, laver la cavité articulaire au bichlorure de mercure. Et, pour cela, il préfère ouvrir la jointure du premier coup en deux endroits dans tout cas de distension de la cavité par le liquide, car ïl peut la nettoyer ainsi minutieusement.

En Amérique encore, de nouveaux chirurgiens expérimentent d’autres produits chimiques et nous lisons que Arb. Lane préconise l’emploi du soufre dans les abcès et arthrites tuberculeux.

Il conclut que:

1° Le soufre, employé ainsi localement, n’exerce aucune action nocive sur la santé générale de l'individu; 9° Il donne naissance. à des produits secondaires peu

caustiques ;

3° Détruit les on soit libres, soit en colonies dans les tissus environnants ;

4° Agit beaucoup plus puissamment sur les tissus récemment incisés que sur les surfaces granuleuses ;

5° Son action est rendue plus uniforme et moins violente en le mélangeant à de la glycérine ;

: 6° On ne peut enlever le mélange que un ou deux jours après l'injection, sans crainte d'intoxication ;

Ne pas oublier de faire ensuite un lavage.

Il remplit done la cavité avec une émulsion sulfureuse et l'y laisse pendant vingt-quatre heures. Après ce temps, il lave quotidiennement avec une solution de sublimé. Il se félicite des résultats acquis.

En France, dès 1879, Le Fort conseilla d’injecter dans « les” articulations fongueuses » huit à seize gouttes d’une solution de sulfate de Zn au dixième, additionnée de trois fois son volume d'alcool pur.

À l'appui de ses conseils, il communique aux divers congrès ou séances d’Académie des observations prouvant l'efficacité de sa méthode.

Le Fort lui est toujours resté fidèle et se sert encore du sulfate de Zn. Boinet, de Marseille nous recommande aussi les injections.

Evacuer d’abord l'abcès par une ponction aspiratrice et injecter dans la poche une substance réputée apte à tuer le bacille de Koch. »

Dans les traités classiques les plus récents, les divers auteurs consacrent plusieurs lignes à ce nouveau procédé, et presque tous lui sont favorables.

Ainsi nous voyons Lagrange reconnaître que ces injections intra-arliculaires nous donnent un procédé plus radical, plus efficace et plus rationnel que la simple immobilisation d'autrefois.

Avec les années, le nombre des partisans de cette nouvelle méthode augmente ; avec eux, les produits lancés dans la thérapeutique des affections luberculeuses. La chimie leur offre les ressources de ses laboratoires.

À l’iodoforme, on ajoute le gaïacol, principe actif extrait de la créosote. On croit, durant quelques années, tenir Je spécifique contre la tuberculose. Et nous voyons certains chirurgiens prescrire pour leurs injections cette formule-ei :

PET SRE cr A er 5 grammes FOTO (Orne CE de 9 se Huile d'olive stérilisée . . 100 —

Les effets doivent-ils être meilleurs, ainsi associés, que ceux obtenus déjà par la simple injection iodo-glycérinée? Nous l’ignorons, mais devons constater que cette formule n’a guère

fait fortune. De là à déduire qu’elle fut inefficace, il y a loin.

L'usage, seulement ne l’a pas consacrée.

Nous voyons encore quelques partisans convaincus des bienfaits de l’immobilisation, restreindre aujourd'hui l'usage de ce procédé et prescrire les injections dans les tumeurs blanches avec fongosités à tendance proliférative.

Qu'il nous suffise de citer Broca.

Quant à Ed. Lebrun, il n’emploie aussi — de préférence — ces injections intra-articulaires que dans les formes à marche progressive et à tendance à l’envahissement, surtout chez les enfants. |

Il vaut mieux alors, dit-il, instituer un traitement général en premier lieu, puis faire chaque fois un lavage antiseptique des trajets fistuleux s'il en existe et de la cavité articulaire, le tout

A SORRMEE SUIVI d’injections d’éther iodoformé. Comme traitement postopératoire, il recommande l’immobilisation.

Il conseille beaucoup les injections, même si elles ne pourront servir à nous éviter une opération, mais comme prélimipaire.

On imprègne ainsi l'organisme d’un puissant antiseptique.

« Plus tard, si l’état du malade le permet, on peut tenter une pe à avec quelques chances de succès. ;

Le Dentu dit se servir de l’éther iodoformé ou 10 0/0. Existe-t-il de la suppuration ? Il ne faut pas craindre d'ouvrir l’abcès pour permettre l’écoulement total de ce pus qui aggraverait sinon l’état du malade « parce qu’il dissémine partout dans l'articulation les produits infectieux » et l’inocule de toute part. Après cela, lavage soigné et pansement antiseptique.

Redard doit aussi des cures heureuses à ces injections intraarticulaires. Pour lui, il devient inutile de discuter l'influence heureuse sur les abcès des injections intra-cavitaires de solu- - tions ou d'émulsions antiseptiques.

Quelques accidents, néanmoins, ont pu survenir à IA suite de cet emploi fréquent et, peut-être à trop hautes doses, de produits dont les effets n’étaient pas encore bien connus.

Mais ces accidents furent rares... même avec l’éther 10doformé. On a pu voir, après cet emploi, survenir une distension gazeuse, des escarres, des fistules consécutives, une intoxication légère et parfois des récidives. Mais on peut se soustraire à la plupart de ces accidents en recherchant avant l’opération si les urines du malade ne renferment aucune trace d’albumine, ou mieux en abandonnant l'usage de l’éther et recourant plutôt aux injections d’ QUE ou de glycérine iodoformée.

Mais Redard, à l'instar de Krause et de beaucoup d’autres chirurgiens, pratique avant chaque injection un lavage soi-

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