‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Tumeurs BlanchesChapitre 28 sur 34 · AIO · texte numérisé non relu

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Un excès de douleur, seul, peut nous obliger à y recourir quelque temps. Done, dans toute arthrite tuberculeuse, dans tous les cas dans lesquels cet excès de douleur ne la commande pas, la conservation d'une certaine dose de mouvements est plus favorable à la réparation que l’immobilisation. |

« L'application des pointes de feu suivie de l'application d'un emplâtre de Scott modifié, avec ouverture ou injection des foyers à l’iodoforme et au naphtol forme le trailement sans application d'appareil inamovible et avec conservation d’une certaine quantité de mouvements, en certains cas avec conservation de la fonction du membre. » :

Mais d’un autre côté, el très différents de Lucas-Championnière nous voyons quelques célébrités allemandes prescrire souvent l'immobilisation pendant ou après la période d’injections intraarticulaires. Ils espèrent ainsi agir plus énergiquement contre le bacille, s'occupant peu, pourvu qu'ils puissent anéantir le foyer tuberculeux, des atrophies musculaires où de l’ankylose qui, somme toute, sera Loujours préférable à un membre jouissant encore de ses mouvements, mais dont le foyer reviendrait à s’allumer par suite de ce retour prématuré à la fonction.

Ainsi, pour ne citer que quelques noms connus : Heidenhain,! Kraske et Riese. Nous en oublions bien d’autres, notre sujet devant être trop limité pour nous étendre davantage sur cette question.

Les oi qu'ils ont publiées à ce sujet ne nous font : point défaut, et nous les voyons satisfaits des résultats obtenus par leur pratique prudente. |

Novice encore, nous ne pouvons juger cette épineuse question, aussi préférons-nous nous abriter derrière l'autorité de Lefort.

La conclusion de ce débat est, croyons nous, tout entière dans ces paroles du professeur indiqué : « La mobilisation est

— Alt —

la règle lorsqu'elle peut s'effectuer sans autre douleur que celle due à l'extension des parties rétractées, ete.

» L’immobilisation est la règle lorsque la continuité de la douleur, son réveil à la pression, font croire à une permanence d'inflammation ».

Il précise ainsi le conseil de Boyer qui était sagement «ankylophobe ».

. Un dernier mot avant de parler des résultats obtenus par les injections.

Se basant sur les expériences faites par Bornet, de l'action d’une solution de Kristallviolet au 60° et au 30° (violet de

méthyle, 6 B), sur le bacille de Koch qui se laisse facilement

imprégner et perd sa virulence, ne pourrait-ôn pas en injecter dans l'articulation, d'autant plus que cette solution n'est pas toxique ? Fe | es

Da reste, Roux l’a déjà essayé sur les enfants : résultats favorables. Ces injections ne produisirent aucune suppuration et quelques semaines après, Roux obtint une diminution notable du volume des ganglions injectés.

Dans la carie tuberculeuse, il obtint aussi des améliorations.

Résucrars. — Voici, d'autre part, les résultats obtenus par ces injections intra-articulaires, au dire des chirurgiens traitants :

Nous voyons que P. Bruns obtient d'assez nombreuses guérisons maintenues depuis 3 à # ans, avec conservation ou non de la mobilité.

Arens nous fournit une statistique de 40 0/0 de guérisons ou améliorations notables.

Pour Bruns, les 80 p. 0/0 des abcès guérissent par l’iodoforme, et ces guérisons semblent se maintenir, car il suit ses anciens malades et n’a encoré enregistré aucune récidive la

plupart du temps.

Ces succès, il les obtint surtout chez les jeunes sujets. Par ce moyen, il put produire la disparition des fongosités et la résorption des collections intra-articulaires, la cessation des douleurs et la joie de maintenir mobiles les articulations ainsi traitées. |

Selon lui et Lauenburg, l'iodoforme fait disparaitre les bacilles de la paroï qui cesse ainsi de proliférer et subit peu à peu l’évolution fibreuse. |

Trendelenburg soutient la même opinion.

Et tous s'efforcent de mobiliser l’article après disparition des symptômes inflammatoires.

Kœnig s'y oppose, car, pour lui, il est dangereux de restituer les mouvements quand on n'est pas sûr que tout foyer tuberculeux est éteint ou détruit. |

Nous. avons vu que Lucas-Championnière en particulier n'était pas du même avis en cela.

Weïr traite T cas de synovites tuberculeuses aiguës ou chroniques du genou par les injections d’acide phénique au 1/20 ; puis immobilisation consécutive. T fois, il obtint la guérison.

Hager a eu l'occasion de traiter déjà 81 cas d’arthrites tuberculeuses par ces injections intra-articulaires de sublimé à o et même 10 0/0,ou une solution phéniquée à 3-5 0/0. Après ces injections, il immobilise et comprime le membre.

Sur ce: 30 cas sans résultats. Le reste : guéris ou très améliorés.

Il se sert des injections, même si la suppuration existe, et nous recommande chaudement cette pratique au début et jointe à l’immobilisation relativement prolongée.

En France, et très récemment, Redard nous cite quelques statistiques fournissant T0 0/0 de guérisons avec ce système ! Chiffre qui, croyons-nous, n’a jamais pu être atteint avec nos anciens procédés opératoires ou conservateurs.

Mais pour Lannelongue, «il convient de garder une certaine

réserve sur la valeur de l'injection iodoformée dans le traitement des abcès. » Par contre, Verchère publie plusieurs observations d’abcès traités par ces injections en séries.

L'un nous recommande d'injecter simplement, l’autre nous conseille d'inciser largement ces abcès et d’extirper leurs parois. Il faut ensuite gratter et cautériser au Cl.Zn.

Quénu, Leser, partagent le même avis.

Hamilton se contente d'irriguer les abcès au ClZn.

Mais, jusqu'ici , nous étions peu lixés sur le sort des bacilles de Koch en présence de ces liquides injectés. La plupart des chirurgiens ne constataient que les résultats sans savoir ce que devenait le microbe.

Chantemesse se chargea de nous instruire à ce sujet. Il fit certaines expériences que d’autres contrôlèrent. Selon lui, le bacille tend à disparaître en présence de l'iodoforme. Le liquide retiré par ponction puis injecté chez un cobaye n'inocule plus la tuberculose. |

De Ruyter arrive aux mêmes résultats.

L'iodoforme avait donc, malgré les dires de’ Tilanus, Lubbert, etc., une action contre le bacille de Koch.

Aussi, son emploi, en France et ailleurs, s’est-il généralisé.

Kirmisson, Calot, Ménard, Bœckel, etc., nous présententune foule d'observations dans lesquelles la guérison fut obtenue par ce procédé si simple et assez sûr,en un laps de temps bien autrement plus court qu'avec n'importe quel procédé d’autre- | fois.

Gosselin reconnait que ces injections sont utiles et souvent efficaces ; qu’elles tiennent en échec les bacilles et rendent impropres les tissus articulaires à leur culture.

Rabl, Van Vamoss. publient plusieurs observations favorables à ces injections.

Calot de Berck, essaya ces injections de naphtol camphré et

29 fois sur 25, la guérison fut complète. Il s'agissait cependant

de cas graves, que « plusieurs auraient traités par la résection. »: |

Dans les cas de tumeurs blanches, mais sèches, les premières injections de naphtol provoquaient une sécrétion des parois dela cavité articulaire et une production de sérosité brunâtre. ;

Calot emploie même ces injections dans les cas de distension de la cavité par suppuration.

« Presque toujours, elles laissent une certaine raideur de la jointure. Il ne faut aussi y recourir dans les arthrites sèches que, lorsque cstte raideur existe déjà, et qu'il s’agit d’une for-

me rebelle. »

Dans les cas de tumeur blanche suppurée, on peut et doit y recourir d'emblée. |

Bref, cette méthode se recommande : «1° Par son efficacité merveilleuse ;

« 2° Parce qu’elle abrège notablement la durée du traitement; |

« 3° Parce qu’elle est à la portée de tous.

Quel est le but, somme toute, des injections ?

Elles doivent: a) produire une irritation des parois par le contact des substances chimiques ; le terme de cette inflammation voulue et curatrice est la sclérose ;

b) Créer un milieu défavorable aux baeilles.

c) Les détruire soit par l’action directe de l’agent antiseptique, soit par une action indirecte en rendant les tissus impropres à leur existence et réfractaires à leurs toxines.

Et ainsi empêcher äilleurs l’éclosion tuberculeuse.

Nous dirons, pour finir, avec Calot :

«€ Dans tous traitements, nous devons avoir deux objectifs à poursuivre :

1° L’extinction du foyer morbide ;

2° La conservation d’un membre utile.

Le premier objectif est rempli par les injections microbicides.

« Peut-être, une intervention sanglante et large sauvegarderait mieux l'avenir du malade en tant que tuberculeux — mais le deuxième, en ce cas, serait sacrifié... puis est-il prouvé que l’on peut sûrement extraire tout foyer tuberculeux par une opération, même étendue ? »

De savants chirurgiens en doutent.

Quant à la conservation des mouvements, ce nouveau procédé nous permet de l'obtenir dans la majorité des cas. Cet avantage, nous ne l’aurions que bien rarement avec les autres méthodes conservatrices. Cet avantage, en outre, nous l'obtendrions après combien de mois de repos, de maintien d’appareils ou après quelle opération ? j

Pevant un pareil résultat, — et l'étude comparative, — on ne peut s'empêcher d’'excuser l’abandon de tels procédés. d'en faire même notre devoir, d'y recourir le plus rarement possible, toutes les fois que les injections ne nous sauraient promettre une guérison ou l'amélioration.

Donc, nous nous résumons, et dirons avec Calot : « Les’injections sont excellentes dans la cure des tumeurs blanches », car elles interviennent plus activement que l’immobilisation, par exemple, et modifient mieux qu'elles en désinfectant les foyers tuberculeux.

« Mais, est-ce à dire que nous arriverons à la guérison de toutes ces arthrites tuberculeuses avec (ou sans) conservation de mouvements ? Hélas ! non...» — « Dans la plupart des cas », nous aurons au moins sauvegardé l'existence du malade, garanti souvent le libre jeu de ses membres par le moyen d’une mobilisation précoce et bien entendue, — pour ne point paraitre trop en retard. Mais il faudrait renoncer à ces essais, si la sensibilité de la jointure est toujours exagérée «du moins pour quelque temps ». Si quelque attitude vicieuse se produisait par

défaut d'harmonie des groupes musculaires, lutter par le massage quotidien portant surles muscles les plus faibles.

Si malgré tout, nos efforts ne peuvent éviter un insuccès, il vaut mieux sacrifier la mobilité à la bonne attitude et rechercher l’ankylose.

Calot croit pouvoir conclure en disant que : 1°il est possible souvent de guérir les tumeurs blanches en conservant la mobilité des articulations ; 2° l’on est autorise, après guérison du foyer tuberculeux, à développer cette mobilité, car nous sommes armés contre un réveil du mal par de nouvelles injections.

Ainsi, pourrons-nous, à l’avenir, arriver fréquemment à une véritable et complète guérison des tumeurs blanches, guérir le mal en sauvant le fonctionnement de la jointure. »

Quelques mots seulement sur la technique opératoire. Nous ne parlerons pas des procédés de Kôlliker, Duplay et autres.

La plupart de nos chirurgiens actuels, préférant, pour plusieurs motifs, les injections intra-articulaires à base iodofor-

mée, nous ne voulons mentionner que celles-là, les plus importantes.

TECHNIQUE OPÉRATOIRE. — Préliminaires : Aseptiser la peau du malade à la région sur laquelle on veut enfoncer l'aiguille, ainsi que tout instrument et les mains du chirurgien.

Si l’on se trouve en présence d’un abcès, y foire une ponction aspiratrice et l’évacuer.

Avant de pratiquer une injection quelconque, bien se pénétrer de la doctrine de Lister et des dangers qu'il y aurait pour

le malade d'introduire, — par notre faute, — dans cette articulation lésée une canule infectée.

Procédé Verneuil-Billroth :

1° Soumettre le malade au traitement général :

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