‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Uréthrites blennorragiques par les SulfamidesChapitre 8 sur 29 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le traitement per os de la blennorragie est une très vieille aspiration de la médecine. De tous temps de nombreux corps ont été essayés mais aucun d’entre eux ne présentait une activité suffisante. Dès l'apparition de la chimiothérapie moderne, de nouvelles tentatives sont faites, la première par Duxor, en 1912, qui emploie le 914 ou novarsénobenzol, sans succès. Ce même corps est employé ensuite par JANET et LÉvy-BING, puis abandonné. Il en est de même pour les composés bismuthiques. Dès 1919, deux aurteurs américains JACOBS et HEIDELBERG, s’intéressent à un corps apparenté aux sulfamides actuels la parasulfamidophénylhydrocupréine. Plus récemment, AUBERTIN étudie l’hexaméthylène-tétramine, d’autres auteurs la pyridine qui donne quelques espoirs, la dibromomercuro-fluorescéine, le mercurochrome d’Young.

L’acridine a été un des corps les plus étudiés. En 1918, Davis et HARREL, BAER et KLEINE démontrent son pouvoir antigonococcique in vitro. En 1919, WaT- SON l’emploie en lavages urétraux. C’est en 1920, que divers auteurs allemands comme BRruck, WASSER- MANN et ZIEBER pratiquent les premières injections intraveineuses d’acridine pour des complications de la

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blennorragie. Quelques essais sont tentés en France, mais C’est JAUSION avec DIOT et VOUREXAKIS qui proposent et étudient les injections intraveineuses de chlorométhylate de diaminoacridine, puis d’autres dérivés de l’acridine. Ces corps, gonacrine, progone, etc. appliqués pendant des années à des milliers de cas sont loin d’avoir donné des résultats toujours satisfaisants, et se sont révélés intéressants seulement comme thérapeutique adjuvante, de même que les injections intraveineuses d’un sapoide de platineacridine que RENAUD pratiqua en 1930.

Il est impossible de signaler tous les produits que l'imagination thérapeutique a voulu opposer au gonocoque.

Plus généralement, le professeur FoUuRNEAU, en 1938, a pu dire : « Il y a à peine trois ans, on devait reconnaître que, contre les maladies microbiennes, la chimie avait été, en somme, impuissante ».

C’est DomaAGk, qui, en 1935, a réalisé la découverte capitale. Cet auteur, a reconnu, en effet, la grande valeur antibactérienne d’un corps synthétique mis au point par HOERLIN, MierzscH et KLARER dans les laboratoires de VI. G. Farbenindustrie. Il s’agit d’un dérivé d’un azoïque sulfamidé, le 4-sulfamido-2-4-diaminoazobenzène appelé en Allemagne streptozon S. 5. puis Prontosil rubrum et en France Rubiazol. On le désigne encore sous le nom de chlo- - rhydrate de sulfamidochrysoïdine.

Son activité est consacrée, après DoMaAGKk, par de très nombreux auteurs, tant à l’étranger qu’en France,

mais son emploi reste pratiquement limité aux seuies streptococcies. Ses inconvénients sont importants : toxicité assez élevée, pouvoir colorant intense, action photosensibilisatrice. :

Diverses considérations chimiques, en particulier son activité nulle ën vitro, font penser que la molécule de Rubiazol doit se modifier dans l’organisme avant d’agir.

À ce moment, c’est en France, dans le laboratoire du Professeur FOURNEAU, que J. et Mme TREFOUEL, Nrrri et Bover font la deuxième découverte qui oriente toute la chimiothérapie actuelle. Ils montrent que les fonctions amines de ce corps peuvent être remplacées par des fenctions autres, phénol par exemple, et surtout, que la partie azoïque n’est nullement indispensable pour avoir un produit actif. Ils démontrent que le corps 1162 F, paraminophénylsulfamide, incolore, non azoïque, déjà préparé par GELMO en 1908, possède cette activité jointe à une toxicité beaucoup plus faible.

À partir de cette découverte, les chimistes étudient les dérivés non azoïques, cherchent des corps à la fois plus actifs et moins toxiques. P. GoISsEDET, DESs- POIS, GAILLIOT et MAYER mettent au point le 40 R. R. ou soluseptazine et le 46 R.P. ou septazine. D’autres auteurs démontrent que différentes fonctions chimiques sulfurées sont également actives; telles les fonctions sulfure et disulfure (FOURNEAU, TREFOUEL, Nrrit, Bovet), sulfone (BUTTLE et ses coll.), sulfoxyde (GirARD, RAY et RICHARD), thiophénol (GLEY).

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De ces travaux résulte l’apparition de très nombreux produits. Outre le 1162 F, appelé de multiples façons, septoplix, néococcyl, sulfanilamide, etc, le 46 et le 40 R. P., nous citerons :

Le Girard 62, 110, 113.

Le D. B. 87, le D. B. 90 ou Uliron,

Le 109 M ou Novamide, le 237 M.

Le 139 F ou Rodilone qui est le dipara-acétylaminophénylsulfone.

Le 693 ou Dagénan, para-aminophénylsulfamidopyridine, découvert par Ewixs et PuHiLLiPPs, qui contient un noyau pyridine, corps autrefois employé par JAUSION comme thérapeutique adjuvante dans la blennorragie.

Une étude complète de cette nouvelle partie de la pharmacologie dépasserait singulièrement le cadre de notre travail.

-Dès la publication par DoMAGK des résultats obtenus avec le prontosil dans les infections streptococciques expérimentales, les cliniciens s’en emparent et les essais sont nombreux, aussi bien dans les affections à streptocoques que dans les autres affections microbiennes. Puis, apparaissent les nouveaux déri- vés, en particulier le 1162 F, aussitôt expérimenté comme agent thérapeutique dans des affections très variées.

Après avoir reconnu son action sur le streptocoque, BUTTLE, GRAY et STEPHENSON, observent son activité sur le méningocoque, puis d’autres auteurs sur le

gonocoque.

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