‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Uréthrites blennorragiques par les SulfamidesChapitre 9 sur 29 · PR · texte numérisé non relu

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LiNsER avait déjà, en 1938, tenté de soigner la blennorragie par le chlorhydrate de sulfamidochrysoiïdine, mais n’avait eu que des résultats peu favorables. C’est bien la découverte de la para-aminophénylsuifamide qui marque le début de la chimiothérapie anti-blennorragique.

Les premiers travaux sont publiés en 1937 aux Etats-Unis, par HERROLD (13 avril), DEES et COLSON (29 mai) REUTER (mai), rapportant des résultats si favorables que la méthode prend une diffusion énorme en Amérique du Nord. Sur 100 cas, REUTER a observé 91 guérisons. Cependant, le premier, il voit le danger de cette thérapeutique. Puis viennent de nombreuses publications de GRuTzZ (juillet 1937), HANSCHELL, CREAN (octobre 1937), ERSKINE, JOHNSON et Lioyp, COKKiINIs, MORTON WHITBY, ROPER, FELKE, TANT.

En France, de nombreux urologistes se servent bientôt des sulfamides, et on peut citer, très incomplètement, parmi ceux qui ont publié des études à ce sujet. Pierre DUREL, PALAZZOLI et BOVET, BARBELLION, GARIBALDI, JAUBERT et MoTz, M. PINARD, HEïrTZ-BOYER, P. BLUM, BRALEZ et LARDAT, GROLLET, LEMAIRE et CAHEN, PAUTRIER et LAUGIER, MILIAN, CAILLET, VEISLEIB, HAR- VIER, GAUTHIER, SAUPHAR, JAUSION, HADIDA, etc.

Au cours de cette énorme expérimentation, les résultats, les accidents possibles se sont peu à peu précisés. La forme du traitement, elle, n’est pas encore fixée. |

POSOLOGIE

Les doses employées ont beaucoup varié depuis les premiers essais. DomMaGk avait montré que la faible toxicité du chlorhydrate de sulfamidochrysoïdine, allié à une activité relativement élevée, lui conférait un indice chimiothérapique suffisant pour permettre son emploi. Les corps suivants, non azoïques, au cours de nombreux travaux (LEVADITI, VAISMAN, MAYER, HAL- PERN, etc.) ont révélé un indice chimiothérapique encore plus intéressant. On a donc cru à l’inocuité de doses élevées; 8 et 10 grammes par jour, même prolongées. D’autre part, la pensée la plus répandue était qu’il fallait administrer des doses massives pour sidérer très rapidement l’activité microbienne, suivant la théorie qu’Alfred FouRNIER formulait à l'article « Blennorragie » du dictionnaire JACCOUD, au sujet des balsamiques : « Une condition presque essentielle de succès, c’est d’administrer d’emblée les balsamiques à fortes doses. Il faut tarir l'écoulement d’un seul coup. Débuter par de faibles doses que l’on augmente ensuite est une mauvaise pratique; l’urèthre semble s’habituer au médicament et n’en éprouve plus d'effet curatif ».

La posologie de DEEs et CoLson, adoptée par la

LR

plupart des auteurs américains, puis par les premiers européens, était :

4 grammes 80 par jour pendant 2 jours

2 — 40 — — 4 à 8 jours.

Au début de l’année 1938, les doses données étaient parfois encore plus fortes et plus prolongées. ViIGONI donnait :

8 grammes par jour pendant 2 jours.

6 2e = ee =

4 — pendant plusieurs jours.

DUREL :

6 grammes par jour pendant 7 jours, puis

. — et 3 grammes.

Bientôt d’ailleurs il était descendu à des doses moyennes :

3 grammes par jour pendant 7 jours.

2 — — les 7 jours suivants.

De nombreux auteurs, suivant ces posologies, donnaient donc des doses totales élevées. Maïs, presque dès le début, étaient survenus des accidents nombreux qui risquaient de jeter le discrédit sur ces médicaments. Sans tenir compte d’une forte série survenue en Amérique et rapportée à la toxicité propre d’un solvant, le diéthylène-glycol (rapport du laboratoire de l’American Medical Association), les accidents étaient fréquents, de même que les incidents obligeant à interrompre le traitement, et une autre tendance se faisait jour ainsi que lexprimait magistralement le Professeur H. GOUGEROT

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à la Conférence de Chimiothérapie de la Blennorragie du 21 mars 1938, au Conseil Supérieur de l’Hygiène Sociale : « Diminuer les doses des médicaments actuels afin de les faire mieux tolérer, et compléter leur action en les associant à d’autres médications pour compenser cet abaissement des doses ».

C’est ainsi que, recherchant les doses minima actives, certains auteurs recommandaient une dose journalière de 1 à 2 grammes. Malheureusement, audessous de 4 gr. par jour, les résultats s’avéraient vraiment insuffisants (BARBELLION, PALAZZOLI et Bo- VET, DUREL).

De ces constatations sont nés de nombreux traitements mixtes, associant aux sulfamides :

— des instillations urétrales d’argyrol, (PALAZZOLiI et BovEr).

— des lavages au permanganate (BARBELLION, Du- BARRY, DUREL).

— des vaccins, etc...

P. BARBELLION, associant au 1162 F ét à l’argyrol local un léger choc vaccinal a créé le « Traitement super-abortif » dont nous rapportons plus loin les résultats.

L'apparition de corps chimiques nouveaux remet continuellement la posologie en question.

Avec le 693, DUREL a obtenu d’excellents résultats ‘avec la posologie suivante :

3 grammes pendant 3 jours. S

LME

18 grammes au total, ainsi que PAUTRIER et LaAu- GIER, puis HADIDA,

Nous rapportons plus loin les résultats obtenus par P. BARBELLION et nous-mêmes avec des doses sensiblement plus faibles.

Associé aux lavages urétraux, le 693 a été employé à des doses diverses. DUREL donne :

3 grammes pendant 2 jours,

Le troisième chapitre de ce travail est l’exposé des résultats obtenus par BARBELLION et nous-mêmes avec une dose journalière de 1 gramme 50 de 693 associé aux lavages.

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