C. Urétrites tuberculeuses. . . 8 cas
D. Cystites blennorragiques. . . 4 cas.
A. — Urétriles chroniques à gonocoques.
Il convient de préciser.
Nous entendons sous le nom d’urétrites chroniques,
non pas toutes celles qui duraient depuis un temps plus
ou moins long, mais seulement celles qui ne donnaient heu qu'à un suintement très peu abondant, ne formant pas une goutte assez forte pour tacher le linge. Nous croyons qu'aux écoulements qui ont une certaine abondance, les instillations conviennent moins bien que les lavages préconisés par M. Noguès avec une solution faible de protargol, lavages urétro-vésicaux pratiqués soit sans sonde, soit avec la sonde à pomme d’arrosoir dont nous avons parlé. Fate
Tout le: monde sait que les instillations de nitrate d'argent ramènent presque toujours à l’état aigu ou subaigu une urétrite à gonocoques : c'est même là un moyen précieux de diagnostic dans le cas où l'examen au microscope est resté négalif. |
I ne se passe rien de pareil avec les instillations de prolargol.
Dans cinq sur sept de nos cas, les gonocoques ont disparu, pour ne plus revenir, de la deuxième à la troisème insbllation. Dans deux cas, ils ont reparu après quelques jours de repos: mais nous devons ajouter que ces deux derniers malades étaient atteints de prostatites chroniques concomittantes avec augmentation de volume et bosselures très nettes de la glande.
En présence des gonocoques, il vaut mieux n'em-
ployer que des solutions relativement faibles et se tenir en dessous de 5 pour 100. Mais quand les gonocoques ont disparu, si les filaments persistent dans l'urine, il est bon d'augmenter le ütre et de rentrer dans les limites ordi-
naires de 5 à 10 pour 100.
B. — Urétriles chroniques sans gonocoques.
Ce sont celles qu'on rencontre le plus souvent : depuis le mois de novembre 1897, à la clinique Desnos, on a soumis au protargol un assez grand nombre de cas, dont 39 ont pu être suivis régulièrement : or, on à obtenu 32 guérisons complètes, c'est-à-dire avec absence totale de ‘filaments apparents à l'œil nu dans l'urine, n1 retour après les épreuves d'usage. Le nombre d'insullations a varié de 3 à 18. Sur ces 32 malades, 24 n’ont été soumis qu'aux instllations simples : les 8 autres, qui présentaient des inégalités du canal ou des rétrécissements larges, ont dû être soumis à la dilatation portée aussi loin que possible (de 58 à 63 Béniqué): l’un d'eux a dû subir une urétrotomie complémentaire.
Parmi les + malades non guéris, 5 ont été très améliorés, mais les filaments ont persisté, malgré une prolongation très grande des instüllations, dont le nombre a dépassé 4o chez l'un d'eux; 2 n'ont retiré du traitement aucune amélioration, malgré des séances de dilatation concomittante, et sans que l'examen urétroscopique ait fait reconnaître la cause de cet échec.
Dans aucun cas, 1l n'y a eu d'aggravation.
La disparition des filaments constitue le phénomène
dominant, dans Aoute celte catégorie de malades : mais il arrive souvent qu'à l'examen microscopique, des leucocytes nombreux se montrent dans les sédiments de l’urine. Cela explique un fait de la plus haute importance et qui mérite d'attirer l'attention : ce sont les récidives ou tout au moins les apparences de récidive à bref délai : on voit en effet, souvent, après quelques jours, une semaine ou deux au maximum. les filaments réapparaître dans une urine qui n'en contenait plus. Aussi est-il absolument indispensable de prolonger le traitement et de continuer les instillations, même lorsqu'on a constaté la disparition de tout élément visible à l'œil nu : il ne faut pas craindre d'y consacrer { ou 5 séances supplémentaires. Si l'on a le soin de prendre ces précaulions, ces surprises ficheuses ne se présenteront plus. On peut, du reste, ne faire ces insüllations qu'à un titre assez faible : la douleur est alors complètement nulle.
Ces 39 malades que nous avons suivis avec le plus grand soin sont intéressants à un autre point de vue. Ils nous permettent, en effet, de comparer les résultats obtenus par les instillations de protargol, avee ceux qu'avaient fourni les autres caustiques et antiseptiques.
Sur 39 malades, 24 avaient déjà subi des instillations.
18 d’entre eux, avec du nitrate d'argent,
h — avec du sublimé, 2 — ignoraient l'agent précédemment employé.
Sur les 18 premiers malades, le traitement avait été assez prolongé : nous relevons dans leurs observations 6 (minimum), 10, 15, 18, 30, 38 instillations. Et mêrne,
3 d’entre eux, chez lesquels une urétrite chronique per-
ct ne
sistait depuis de longues années, à des intervalles plus ou moins longs, avaient reçu 45, 60 et jusqu'à 80 instillatons de nitrate d'argent. Or, sur ces 18 malades, 15 ont été guéris radicalement avec des instillations de protargol dont le nombre a atteint 18 chez l’un deux : chez les 3 autres. des filaments persistent, quoique en moindre quantité.
Il en a été de même chez les malades instillés précédemment au sublimé : nous devons ajouter qu'un seul est resté réfractaire au protargol.
Disons encore, pour terminer, que chez des malades dont les progrès avaient subi un temps d'arrêt, M. Desnos a fait alterner avec avantage les instillations avec des lavages urétraux pratiqués avec une solution faible. Les résultats ont sans doute été favorables, mais ils sont encore en trop petit nombre pour que la valeur du pro-
cédé puisse être apprécié.