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moins prolongé: d’autres ont cherché à agir plus fortement pendant un temps plus court. Ces deux méthodes basées sur l'emploi de suppositoires, et des injections urétrales avec un liquide actif produisent certainement de bons effets, ainsi que l’a démontré Verchère.
Malgré la complexité de ces moyens pour obtenir la guérison, il arrive qu’on est souvent obligé de recourir à des procédés énergiques et douloureux, et qui ne sont pas sans entrainer parfois des inconvénients assez sérieux,
tels que cystite, rétention, incontinence, et encore
n'obtient on la guérison qu'au prix d'une altération défi-
niive de la muqueuse urétrale.
De tous les différents modes de traitement employés,
la durée est variable et peut atteindre deux mois et plus. Elle dépend d’ailleurs de la docilité du malade, du traitement général et de l'hygiène rigoureuse. Le salol à l’intérieur aseplsera l'urine, l'eau de Vichy et le lait agiront comme diurétiques: il faudra surtout éviter les excitations sexuelles, proscrire les aliments épicés el les boissons fermentées.
Le traitement par l'acide picrique est d’une durée quelquefois un peu longue, puisqu'elle peut dépasser trois semaines, et ce médicament n'est sans doute pas exempl de reproches.
Dans le travail de Vigneron, inspiré par le D' Cheron, de Saint-Lazare, les observations ne démontrent pas toutes qu'il ait obtenu une guérison définitive : les malades ayant élé mises en liberté peu de jours après qu'on eûl constaté la disparition de l'écoulement. Mais, à côté de ces
cas, il en rapporte d'autres où il lui a été donné d'ob-
Ent server les femmes un temps bien assez long, pour qu'il puisse affirmer la guérison définitive de l’urétrite.
Le D: Cheron, qui emploie ce traitement depuis plusieurs années, affirme son excellence, car il lui a été facile de s'assurer presque chaque fois que les guérisons d'urétrites qu'il avait constatées s'étaient maintenues. Enfin, ce traitement se recommande par d’autres avantages importants; c'est qu'il est d'une simplicité extrême, qu'il ne provoque jamais la moindre douleur et qu'il est d’une innocuité absolue. |
C'est aussi l'opinion de Papazoglou qui a eu l’occasion d'employer l'acide picrique en injections vaginales et urétrales dans des cas de blennorragie.
Le D: Cheron avait déjà étudié l'acide picrique en 1876, et avait reconnu ses propriétés analgésiques et antiscptiques à la fois. Frappé des inconvénients qu'offrent la plupart des médicaments usités dans le traitement des différentes localisations de la blennorragie, il eut l’idée d'employer l'acide picrique qui, aux propriétés microbicides des injections ordinaires, Joint l’avantage immense de ne provoquer aucune douleur.
Employé d’abord avec succès contre la blennorragie de l’homme, tout aussi bien que contre celle de la femme, le D: Cheron reconnut ses bons effets également dans les cas de vaginite et de bartholinite.
La solution employée par le D' Cheron est saturée d'acide picrique. On l'obtient facilement en ajoutant à de l'eau bouillante une certaine quantité d'acide picrique en paillettes puis on sépare ensuite l'excès par décantation.
On obtient ainsi une solution d’une coloration Jaune dorée
que l’on peut laisser refroidir dans un vase obturé d’ouate ; et quiest de la sorte parfaitement aseptique.
Cette solution n’est nullement toxique, en raison du peu de solubilité de l'acide picrique dans l’eau : elle présente en outre l'avantage d’être stable.
Dans les injections intra-urétrales de sublimé, de nitrate d'argent, une des principales indications est d'éviter la pénétration du liquide dans la vessie car cette pénétration est souvent suivie, en effet, de phénomènes de cystite.
Avec l'acide picrique, il n'y a rien de semblable à redouter, car ce médicament n'irrite pas la vessie, vu son absence complète de causticité. ;
Il n'y a donc point d'inconvénient à introduire l'acide picrique directement dans la vessie: bien au contraire, car l'urine qu'elle contient se trouve ainsi modifiée et l’action du médicament se fera sentir dans tout le canal de l’urètre, chaque fois qu'il y aura une miction. Il faut donc, en conséquence, recommander aux malades d’uriner le plus souvent possible.
Le manuel opératoire est des plus simples. Nous l'empruntons au D' Cheron.
Il faut se servir d’un instrument analogue à la seringue à insüllation de M. Guyon et d'une contenance de 10 centimètres cubes. À cette seringue s'adapte une sonde métallique longue de 15 à 20 centimètres dont la grosseur correspond au n° 16 de la filière Charière et présentant à son extrémité une légère courbure analogue de forme, en un mot, à une sonde de femme.
Après avoir préalablement fait la toilette de la vulve et
un lavage intra-urétral avec une solution boriquée, on
ss a. do introduit dans le canal de l'urètre la sonde qui est fixée à la seringue, de la même façon que si l’on procédait à un cathétérisme ordinaire. Une fois qu’on est dans la vessie, on pousse doucement tout le contenu de la seringue et l’on retire l'instrument.
Cette injection est répétée tous les deux jours.
En se plaçant au point de vue clinique, il résulte des observations publiées dans la thèse de Vigneron que l’action de l’acide picrique est des plus nettes ; car il n’est point besoin de multiplier les lavages urétraux comme avec les solutions de sublimé, résorcine, etc... Chaque miction constitue une sorte d'injection d’arrière en avant, où l'urine modifiée par l'acide picrique remplace avantageusement les solutions antiseptiques.
Ces observations montrent en effet que, dès la pre-
mière ou au plus après la deuxième injection intra-vésicale, l’écoulement urétral a notablement diminué, qu'il est devenu moins purulent et moins abondant.
LARGE qui concerne la durée du traitement, certaines urétrites ont cédé au bout de 10 Jours ; d’autres ont duré 3 semaines et parfois plus, mais nous ne relatons point de cas où l’urétrite aurait résisté pendant un mois entier au traitement.
Certains cas sont aussi très intéressants en ce qu'ils auraient résisté à tous les autres traitements et qu'il n'a jamais été signalée la moindre douleur ou la moindre complication.
M. Papazaglou, qui a employé des solutions faibles contenant 1 gramme à 1,90 pour 1000, n’a obtenu aucun
résultat, au contraire: les solutions plus fortes, 7 pour
RP RES 1000, dont le titre est supérieur à celui de la solution saturée aqueuse (5 pour 1000), lui ont donné des résultats surprenants. Mais en employant des solutions beaucoup plus fortes encore, 10 pour 1000 (obtenues en faisant dissoudre auparavant l'acide picrique dans l'alcool ou l’éther),. il s’est produit des escharres superficielles.
Cet auteur se trouve en présence de quelques observatons d’urétrite qui ont guéri avec quatre ou cinq injections et il croit qu'il était inutile de rechercher le gonocoque après guérison, puisque le canal lui-même était absolument sec.
De ce qui précède il résulte que l'emploi de l'acide picrique a été appliqué principalement au traitement de l'urétrite féminine, ainsi que le témoignent les observations consignées dans la thèse de Vigneron.
IL nous reste maintenant à étudier les résultats que l’on a obtenus en employant l'acide picrique dans le traitement des urétrites chez l’homme. Le docteur Cheron, au début, l'avait employé dans l’urétrite aiguë et il en avait reconnu les bons effets.
Scalaloni a utilisé aussi les propriétés antiseptiques et analgésiques de l’acide picrique contre l’urétrite gonococcique aiguë et ses essais qui ont porté sur 100 cas lui ont donné des résultats fort encourageants.
Antonelli a employé les grands lavages à l'acide picrique dans une vingtaine de cas de blennorragie aiguë et comme Scalalont il a pu se convaincre de l’innocuité de ces lavages.
Il a vu survenir une amélioration sensible dès les
premiers Jours du traitement et la guérison définitive,