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OBSERVATION IV

(Observation due à l’obligeance du professeur TEIssier et du professeur agrégé Cape.)

Néoplasme de l'estomac. Injections intra-veineuses de sélénium colloïidal électrique.

P... Joseph, 36 ans, cultivateur, entre salle Saint-Augustin, clinique du professeur Teissier, pour des douleurs gastriques.

Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires ou personnels ; il nie la syphilis; c’est un éthylique. Il n’a fait aucune maladie antérieure.

Les douleurs pour lesquelles le malade est entré à l'hôpital ont débuté il y a environ trois mois. Elles ont un caractère intermittent, survenant très irrégulièrement, aux différentes heures de la journée, ou même disparaissant quelques jours, se montrant tantôt sous forme de douleurs sourdes, tantôt sous forme de brûlures ; pas d'éructation, pas de pyrosis.

Jamais le malade n’a présenté de vomissement. Pas d'hématémèse. Il a eu, dès le début, un dégoût très marqué pour la viande et les aliments gras et l'appétit est, en général, presque nul. L'amaigrissement s'est prononcé assez rapidement, en même temps que le malade accusait une perte des forces considérables.

RDS

A l'entrée. — Individu encore d'un embonpoint marqué, état général moyen. Teinte légèrement subictérique. Œdème assez net des membres inférieurs. Abdomen souple. Pas d'aseite.

Au creux épigastrique et à gauche on sent une masse arrondie à contours nets, dure, non bosselée, très perceptible, sonore à la

percussion.

Pas de clapotage, pas de succussion, pas d'onde péristal-

tique.

poumons, quelques signes de bronchite diffuse. Au cœur, la pointe n’est pas perçue. Il existe un petit souffle systolique. Tension : 14.

Weber très positif le 17 avril 1912. La radioscopie montre un estomac peu dilaté.

27 avril. — Aujourd’hui l'état général a plutôt décliné. L'appétit est conservé. Poids : 71 kilos. Douleurs épigastriques intermittentes sourdes.

Analyse d'urine (M. Sarvonat) :

Volet re 2200 ré Rene tte UE ACT eRUEIQUE AE RE EEE 0,18 Chlorure de sodium......, Ro Acide phosphorique....... 1,35

Première injection de sélénium (intra-veineuse).

L'injection, très facile, est suivie, une heure après, de frissons répétés, sans sueur, sans céphalée, sans autre sensation. Le frisson dure trois quarts d'heure et n’estaccompagné d'aucun autre phénomène remarqué par le malade ou l'entourage. La température monte à 39°3 pendant le frisson, pour descendre rapidement. Le soir, le malade n'a aucune sensation anormale.

30 avril. — Deuxième injection. Frissons une heure après. Température : 3807.

3 mai. — Troisième injection. Température pendant le frisson : 38°2,

6 mai. — Quatrième injection. Frisson presque nul. La température reste à la normale, soit pendant le frisson, soit le soir

de l'injection. Le malade supporte admirablement le traitement et Les réactions générales qui, aux premières piqûres, étaient très marquées, sont allées s'atténuant, pour être presque nulles à la sixième piqûre.

L'état général semble meilleur; l'appétit est complètement revenu et cela semble le résultat le plus net depuis le début du traitement.

10 maï. — H n'y a plus, aux deux nouvelles injections, de réaction thermique, pas de frissons. État général excellent. 12 mai. — Le malade se trouve très bien. Il veut quitter le

service. L’appétit est normal. Les poids pris de huit jours en huit jours donnent 71 kilos le 25 avril, 71,300 le 30, 71,200 le 10 mai.

Analyse d'urine du 11 mai :

LEE LINE RARE SRE Le 900 Acide urique....:.: eee 0,29 Chlorure de Sodium,,....... 1220 Acide phosphorique........ 2,10

Le malade à reçu, pendant son séjour à l'hôpital, six injections de sélénium colloïdal électrique. Elles ont été chaque fois de cinq centimètres cubes et faites intra-veineuses tous les trois jours. Les réactions ont été très marquées au début, mais sont allées en s’atténuant fortement à chaque nouvelle injection, pour disparaitre complètement à la cinquième et sixième. Nous n'avons observé aucun accident ou signe d'intolérance. Dans l’ensemble, le malade a présenté une légère amélioration de l'état général, surtout de l'augmentation de l'appétit. Les modifications dans l'élimination urinaire ont été peu marquées.

Ste

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