‹ Contribution à l'étude du traitement du cancer par le séléniumChapitre 12 sur 21 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Due à l'obligeance de M. le professeur TEISSIER et de M. le professeur agrégé Cape.)

Dyspepsie ancienne. Syndrome douloureux tardif. Hémorragies occulles fécales. Hypochlorhydrie. Anémie très marquée. Périgastrite : ulcus, transformation néoplasique très probable. {njections de sélénium colloïdal. ;

V... Antoine, employé de commerce, 35 ans, entre salle Saint- Augustin, le 28 avril 1912, pour des douleurs gastriques et des vomissements.

Dans ses antécédents héréditaires il est important de relever que son père a été soigné, il y a peu de temps, dans le service, pour un néoplasme de l'estomac. Sa mère va bien, un frère mort de phtisie galopante et deux, en bas âge, de méningite. Femme morte tuberculeuse, un enfant qui va bien. Il souffre de l'estomac depuis plus de trois ans et par périodes, alors il a des douleurs assez vives, épigastriqués, tardives, survenant trois à quatre heures après le repas, des aigreurs et du pyrosis et des vomissements qui surviennent à ce moment; ceux-ci sont constitués par un liquide très acide qui agace les dents et qui est mêlé de quelques aliments. L’ingestion alimentaire et le vomissement soulagent la douleur. En outre, accès douloureux nocturnes vers une heure du matin ; quelquefois le malade vomit à jeun un liquide acide. Pas de grand vomissement, pas d'hématémèse.

Les périodes pendant lesquelles le malade souffre ont une durée très variable et sont séparées par des moments de bienêtre relatif. Actuellement, période très douloureuse et vomissements continuels.

L'examen de l'abdomen montre une rénitence dans la région épigastrique. Sous le rebord costal gauche on sent une tuméfaction très douloureuse qui fait penser à de la péri-gastrite.

Le chimisme gastrique, après repas d'épreuve, retire quatrevingt-dix centimètres cubes de bouillie épaisse, d’odeur acide.

= Lay On trouve des traces d'acide chlorhydrique libre. L'acidité totale est de 1,35 pour mille.

Examen des urines. Pas d'albumine.

MORIN a unie. 1:200 Acide phosphorique ....... 0,60 Chlorure de sodium,.,. ..... 3,92 ré erRe ene oct ac Tr

Examen du sang : globules rouges, 2,200.

Pas de température.

15 mai. — Première injection de sélénium intra-veineuse. L'injection est suivie, une heure après, d'un frisson assez marqué durant trois quarts d’heure environ. Puis Ie malade s'endort d’un sommeil un peu agité durant lequel ses voisins auraient remarqué un léger délire. Ni céphalée, ni aucun autre phénomène à noter.

18 mai. — Deuxième injection. Même frisson, peut-être moins marqué. Pas de phénomènes anormaux. Les deux premières injections ont été suivies chaque fois d’une élévation de température : 39°2 chaque fois.

23 mai. — Le malade quitte le service, ayant reçu au total quatre injections intra-veineuses.

Analyse d'urine: , NOMME ane das tot es 900

Chlorure de-sodium........ 1,99 Phosbhatess etude 4370

Le frisson, chez ce malade, a toujours été marqué ; survenant trois quarts d'heure après l'injection, s'accompagnant d'un sommeil un peu agité.

Le traitement a été.bien supporté par le malade, qui réclamait de nouvelles injections.

Les sensations de bien-être ont été nettes et au point de vue symptomatique il paraît traverser une période de calme; il n’a

22199; 22 pas de vomissements, pas de douleur; il mange d'assez bon appétit.

[1 faut noter aussi dans l'observation le fait que chaque injection a été suivie d'un sommeil plus ou moins profond. L'appétit a été nettement augmenté. Localement, on a noté la disparition progressive de la tuméfaction épigastrique et des douleurs à la palpation, (Nous devons d'ailleurs faire des réserves au sujet de cette observation : il semble bien que le diagnostic clinique doit être celui de néoplasme gastrique ; mais il.ne s’agit pas, comme dans nos autres observations, de tumeur certaine.)

Page 1