‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 21 sur 50 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

F. VERMEHREN de Copenhague (Deut. med. Woch), mars 1893.

Une femme de 42 ans est entrée le 25 mars 1892 dans la clinique du professeur Howitz ; il n’existe dans sa famille aucun cas de tuberculose ni de myxœdème. La maladie s’est développée il y a sept ans, elle a débuté par la fatigue, une douleur compressive tantôt à un endroit tantôt à un autre; battements de cœur, puis les autres symptômes du myxædème apparaissent; les règles deviennent plus abondantes et dernièrement il s’est produit de fortes hémorrhagies ; on observait souvent de l’anesthésie des pieds et des mains.

La température varie de 36 à 36,5 ; l’appétit est bon, les selles difficiles et l’urine rare.

Le massage à amené une amélioration peu durable des mouvements.

Avant le traitement la malade était très faible, lourde, le visage œdématié, les traits grossis; la lourdeur de la tête la faisait pencher en arrière; la glande thyroïde ne pouvait être sentie ; les poumons et le cœur sont normaux; le pouls petit 64 ; les mouvements étaient coordonnés mais

paresseux ; la parole était difficile, et la voix monotone.

NS

L’urine était normale.

Le traitement fut commencé le 27 mars avec Ja glande thyroïde de veau. Les glandes furent nettoyées, puis légèrement cuites, hachées et préparées de diverses manières avec l’eau qui avait servi à les faire cuire.

Le traitement fut continué avec une dose de quatre. lobes par jour jusqu’au 27 avril ; et du 2$ avril au $ mai avec deux lobes tous les deux jours.

Trois jours après le commencement du traitement un mieux sensible sa manifesta et l'amélioration progressa constamment.

L'action se fit sentir par une forte augmentation de la diurèse et une élévation de la densité de l’urine. Le pouls devient plus fort. La température reste toujours normale, De grandes plaques de desquamation se montrèrent aux mains et il apparut un fort exanthème d’urticaire au tronc et aux membres et qui ne se modifia pas pendant le traitement ; disparut un peu quand on l’interrompit pour revenir dès qu’on le reprenait.

Pendant le traitement 1l se produisit un accès de tachycardie avec pouls petit et rapide qui devenant inquiétant nous força à l’interrompre.

La malade fut très secouée pendant le traitement, mais elle se remit rapidement après sa cessation. *

Au 17 avril 1892, l’état de la malade était très amélioré; la peau était redevenue molle, humide et chaude; les cheveux repoussaient ; le rythme du cœur était plus

énergique ; le pouls (environ 90) était régulier, plus fort;

elle n’avait plus que de légères palpitations; la parole était redevenue naturelle et les mouvements plus faciles.

Après avoir quitté la clinique elle eut plusieurs rechutes qui disparurent rapidement après l’absorption de quelques glandes. A toutes les rechutes lJ’exanthème urticaire

reparut.

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