OBSERVATION XIV
DEUXIÈME cas. — Une femme de 29 ans est reçue à l'hôpital le 9 décembre 1892. Son père est mort phthisique mais il n’y à jamais eu de myxœdème dans sa famille.
Elle présente les symptômes suivants ; maux de tête, vertiges, fatigue extrême; elle a toujours froid, surtout aux jambes, elle ressent des douleurs dans le dos et dans les membres ; les pieds et les mains sont parfois tout à fait anesthésiés ; le sommeil est profond et accompagné de rêves pénibles ; elle a souvent des nuages devant les yeux; des bourdonnements d’oreilles persistants. Depuis l’âge de 18 ans elle est réglée, mais les époques sont peu abondantes. Elle n’a pas de constipation. A son admission à l’hôpital elle mesure 124.
La glande thyroïde est rudimentaire; la malade est atteinte d’une légère scoliose dextro-convexe ; elle a de grosses rides autour des yeux et au front; la calvitie est légèré, la teinte de la peau est cireuse avec rougeurs aux joues; les lèvres sont gonflées et bleuâtres ; la peau épaissie partout est froide et écailleuse. |
Les poumons sont normaux ainsi que le cœur. L’intelligence est faible et la mémoire a des absences. Le poids de la malade est de 33 kil. o os.
Il s’agit selon l’auteur d’un cas de myxædème infantile ou crétinisme sporadique.
A son entrée à l’hôpital la malade fut observée pendant huit jours. Pendant ce temps la température resta normale, le pouls faible (environ 70).
Le 18 décembre on commença le traitement au moyen de l'extrait de glande, on le donna en pilules; la malade prit en tout par dose de 10 à 30 centig., 4 gr. 25 de principe glandulaire. La réaction commença 48 heures après le commencement du traitement et fut caractérisée par une augmentation de la diurèse, par la fréquence du pouls, par un faible relèvement de la température et une amélioration progressive de son état. |
On interrompit la cure à cause de l’état du cœur, car le pouls (120} était petit etelle eut un accès de tachycardie.
Ces symptômes disparurent rapidement lorsqu'on cessa le médicament.
La malade continue à être tenue en observation, son état est sensiblement amélioré au point de vue physique et moral : la voix est dévenue douce, claire et la parole rapide ; la faiblesse et la douleur sont disparues ; la malade est vive, gaïle, bavarde sans interruption, son sommeil est bon, sans rêves ; sa température est normale.
L'auteur nomme son médicament « thyreoidine » :l
semble agir comme la glande que l’on fait absorber.