‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 48 sur 50 · OBSERVATION XL · texte numérisé non relu

OBSERVATION XL

Docteur CanTer (Annales de la Société médico-chirurgicale de Liège 1894).

Malâde chez laquelle le myxœdème semble avoir débuté vers l’âge de 22 ans. À 25, les menstrues cessérent d’être régulières et né se montrèrent plus qu’à des intervalles variables et parfois avec un retard de plusieurs mois. Lorsque je la vis, elle présentait tout l’aspect du myxædème le plus caractérisé ; bouffissure généralisée, plaques rouges Süt le néz et les ÿeux, paupières presque closes par suite de leur gonflemént, peau sèche, ruguëeuse ; les cheveux étaient devetus très rares. La parole était lente et monotone, la voix faible. La maläde éprouvait d’une façon marquée la sensation subjectivé de froid, sa mémoire était affaiblie, ses mouvements lents, son intelligence endormie.

Le 16 octobre 1893, M. Canter commença le traitement éh faisant prendre chaque jour, pendant Onze jours, deux lobes de corps thyroïde. |

L'effet fut merveilleux ; je voyais la malade tous les deux jours et à chaque visite je trouvai sa situation changée.

La face, le tronc, les membres fondirent littéralement à

vue d'œil. La peau si sèche devint humide et la nuit [a

transpiration était tellemént abondante que Mademoiselle L... était obligée de changer de linge. La torpeur avait fait place à de l’insomnie et à de l'agitation. Les urines étaient devenues abondantes, deux à trois litres dans les vingt-quatre heurec. Suivent une faiblesse considérable, puis des nausées, des vomissements, et le traitement est suspendu.

Le catarrhe gastrique guérit au bout d’une huitaine de jours, mais l’inappétence et la faiblesse persistèrent assez longtemps.

Le 13 novembre, soit seize jours après la cessation du traitement, l’appétit était redevenu parfait.

Les doses ultérieures ne furent plus que d’un lobe par jour ou même d’un demi lobe tous les deux Jours.

Du 26 octobre au 8 novembre, le poids du corps avait diminué de 3 kil. 500. (64 kil. à 60 kil. s00). Le 27 novembre, le poids du corps est réduit À 58 kil., le 21 décembre à 55 kil., le 4 janvier 18094 à 54 kil., soit une perte de 10 kil. en 2 mois et 10 jours.

Les menstrues apparurent le 24 novembre et depuis lors sont régulières.

L’état psychique de la malade est redevenu normal, elle a repris ses occupations très activement, les cheveux ont

repoussé et sont de nouveau abondants. Bref, la malade est absolument méconnaissable.

Jetons un coup d'œil d’ensemble sur ces différentes observations. Nous voyons tout d’abord que le traitement par la greffe thyroïde ne donne que des résultats passagers, ce qui nécessite des opérations sans fin et non sans incon— vénient ; la suppuration ayant été plusieurs fois observée; et ce qui aujourd’hui a fait écarter ce mode de traitement d’une façon définitive

Si nous comparons maintenant les traitements suivis dernièrement, c’est-à-dire ceux dans lesquels on a donné la glande thyroïde par injections hypodermiques et par l’alimentation crue, cuite en tablettes ou en pilules, nous

constatons assez souvent des malaises.

De la céphalalgie. — Observations des docteurs Baber, Calvert, Lundie, Pierre-Marie et Louis Guerlain, Bris-

saud et Souques.

Des nausées. — Observations des docteurs Baber, Calvert, Pasteur, Lundie.

Des douleurs dans les membres. — Observations des docteurs Baber, Pierre-Marie et Louis Guerlain, Brissaud et Souques. Dans l’observation du docteur Baber, les douleurs survenaient 36 heures après l’administration du mé-

dicament.

De l’insomnie. — Observations des docteurs Lundie, Pierre-Marie et Louis Guerlain, Brissaud et Souques.

Ces malaises qu’on retrouve dans la plupart des observations peuvent être considérés comme provenant d’une

intoxication par la glande thyroïde.

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