‹ Contribution à l'Étude du Traitement du MyxédèmeChapitre 5 sur 50 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Avant 1873, l’histoire du myxœdème était inconnue. Les auteurs qui avaient pu en observer des cas, les avaient décrits comme symptômes rares appartenant à des maladies diverses dont le crétinisme et les affections polysarciques faisaient tous les frais. C’est en effet sous le nom de polysarcie adipeuse que Lasègue classa les cas qu’il put observer.

A cette époque, Guil communiqua à la Société clinique de Londres un cas de maladie dont la caractéristique était un œdème dur de la face, s’accompagnant de gonflement et de déformation des extrémités supérieures et inférieures et qui lui paraissait se différencier de tous les œdémes connus jusqu'alors. Cette maladie qu’il n’avait observée que chez des femmes, lui paraissait tenir à un état spécial voisin du crétinisme et c’est pour cela qu’il proposa le nom « d’œdème crétinoïde ». « On a cretinoïd state supervening in adultelife in women. »

Pour cet auteur, un œdème spécial indolore ne conservant pas l’empreinte du doigt; une torpeur intellectuelle,

une grande prostration des forces et surtout une main dé-

formée suivant son expression en forme de bêche « spade like), caractérisait l’affection.

En 1875, le docteur Morvan caractérise l’affection dans une lettre qu’il écrit à Charcot. Ce sont surtout les travaux de Ord en 1877 qui donnent à l'affection tous ses caractères et lui créent son entité morbide. C’est cet auteur qui lui a donné le nom qu’elle porte encore aujourd’hui et qui paraît définitivement admis.

En décembre 1870, le professeur Charcot fait à la Salpêtrière une leçon sur un cas de cette affection et étudie spécialement l’épaississement des tissus et les déformations des membres inférieurs. C’est en raison de leur empâtement et de leur aspect qui rappellent les pieds des pachydermes qu'il propose le nom:de « cachexie pachydermique ». Pour cet auteur, la maladie paraît se lier à une sorte de ralentissement dans l’évolution des fonctions cérébrales.

En 1880, Goodhart dans le « Times médical »; Hadden dans le « Progrès médical » ; Ballet, dans le même journal ; Thaon « dans la « Revue de médecine et de chirurgie »; Bourneviile et Ollier, dans le « Progrès médical » Thomas Inglis, dans le « The Lancet »; Hammond, dans les cliniques de Saint-Louis; Charcot, dans la « Gazette médicale », publient chacun de nouveaux cas.

En 1881, Clarck Lloyd, dans « The Lancet » ; Merklen

« Gazette hebdomadaire », en fournissent de nouveaux exemples.

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