‹ Contribution à l'étude du traitement du myxédème: La Médication ThyroïdienneChapitre 17 sur 24 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sous l'influence de la médication thyroïdienne (1), l'amélioration porte à la fois sur tous les symptômes qui constituent le syndrome du myxædème: si on veut bien parcourir nos observations, on se rendra compte qué la nutrition, si profondément altérée dans cette maladie se modifie dès les premiers jours. La température centrale s’élève, le pouls s’accélère, les urines deviennent abondantes et l’équilibre dans les chiffres fournis par les analyses ne tarde pas à se rétablir. Ajoutons que les œdèmes disparaissent, les poils et les ongles repoussent, les mouvements deviennent plus vifs et plus précis et une activité cérébrale nouvelle remplace la somnolence.

1. Certains thérapeutes, s'inspirant des travaux des physiologistes sur le rôle des thyroïdes et des parathyroïdes, ont cru devoir conseiller, dans certains Cas, l'emploi des préparations obtenues avec l’une ou l’autre de ces glandes. Nous pensons que, tant que la question ne sera pas plus avancée, il conviendra d’administrer l'organe total.

een

Mais, à côté de ces avantages, la méthode présente des inconvénients et même des dangers sur lesquels il con. vient d’insister. Ces accidents sont aujourd’hui connus sous le nom de thyroidisme : ils consistent en accélération, faiblesse, instabilité du pouls, céphalalgie, courbature, augmentation du nombre des respirations, troubles gastriques, nausées, diarrhée, excitation nerveuse, insomnie et éruptions cutanées. Ces accidents que l’on désigne à tort sous la seule dénomination de thyroiïdisme relèvent en réalité les deux causes bien différentes: les uns sont incontestablement dus aux principes actifs, el ceux-là méritent le nom de thyroïdisme; les autres proviennent de l’altération des préparations employées et relèvent du botulisme.

Quelles règles convient-il de suivre pour éviter ces accidents? Pour ce qui concerne les premiers, nous estimons qu'il y a avantage à recourir à des doses beaucoup plus faibles que celles qui sont généralement employées. IL ne faut pas oublier, en effet, que le corps thyroïde est un médicament extrèmement actif et toxique même à doses élevées: son action se porte alors particulièrement sur le cœur et se traduit par de la tachycardie violente, des crises d'angine de poitrine, des syncopes qui peuvent se terminer par la mort ; on en connait plus d’un exemple. De plus, le poison thyroïdien, tout comme la digitale, a des effets accumulatifs et on a vu survenir des accidents mortels plusieurs jours après la cessation du traitement.

En raison de l’activité de cette médication, il sera

prudent de commencer par de petites doses qu’on élé-

vera progressivement ; il ne faudra pas hésiter à interrompre le traitement, à la moindre alerte, et ne pas oublier qu’en pareil cas, le pouls sera le meilleur guide.

Des doses de 20 à 50 centigrammes, suivant l’âge, nous paraissent suffisantes, mais demandent naturellement à être continuées plus longtemps. Nous sommes ainsi, avec beaucoup d’autres, partisan d’une ration d'entretien ; n'oublions pas, en effet, qu’une fois la démyxœdémisation obtenue, des récidives se produisent, à des intervalles plus ou moins éloignés, qui nécessitent la reprise du traitement thyroïdien qui doit être continué ainsi toute la vie.

Quant aux accidents de botulisme, ils nous paraissent facilement évitables par l’emploi du corps thyroïde procuré dans le plus grand état de fraîcheur ou, à défaut, des pilules dont nous avons donné, plus haut, la formule.

Lés analyses d'urine nous ont montré que le myxædème est manifestement caractérisé par une déperdition considérable des phosphates. Il est donc de toute évidence qu’on devra rendre à l’organisme cet élément si indispensable à la nutrition, surtout chez les jeunes.

Nous estimons qu’il convient de compléter la médication opothérapique par un traitement phosphaté suivi. Aux enfants, on donnera, avec avantage, le biphosphate

‘de chaux sous la forme de sirop iodotannique phosphaté (Codex, 1908); aux adultes les phosphates de soude et de potasse sous la forme d’un vin tonique dont on trouvera la formule à l'observation III.

Antoine à

Sous l'influence de cette médication combinée, la croissance fait des progrès rapides qui sé traduisent, par de véritables douleurs osseusés, dés courbatures, de l'élévation thermique; ces accidents, qui parfois simulent l’ostéomyélite de croissance, ne durent pas et s’amendent beaucoup plus vité que lorsqu'on a recours à la médication thyroïdienne seule.

Ajoutons que, dans certains cas particuliers, lé médecin pourra s’il le juge nécessaire, associer, aux phosphates, sans le moindre inconvénient, l’arsénic ou le

fer, dans les préparations ci-dessus indiquées.

Nous avons dit aussi que tout semblait concourir à faire.entrer le myxædème dans le groupe des affections par ralentissement de la nutrition. Les moyens curatifs qui ont été conseillés dans celles-ci deviennent donc applicables au myxœdème.

Les agents physiques (exercice modéré, cure de plein air, bains d’eau salée, frictions à l'alcool, massage, etc...) entre autres, sont à conseiller et, en facilitant une oxygénation plus complète des tissus, accélèrent les échanges, relèvent le coefficient azoturique et diminuent la

toxicité des urines,

On sait qu’une fraction des principes nocifs de la sécrétion rénale vient de l'intestin. On admet que l’antisepsie du tube digestif, en restreignant les fermentations figurées, atténue cette nocuité. .

L'emploi du lait est absolument indiqué : il favorise la diurèse, le lavage des systèmes, et réduit les déchets

et les germes intestinaux.

Les fermentations du tube digestif sont, pour une parlie, sous la dépendance de la nourriture introduite. On agira donc sagement en interdisant l’usage de certaines viandes, mollusques ou crustacés, celui des charcuteries, poissons, gibier, fromages faits, conserves, etc.

Un peu d’antisepsie intestinale est également à recommander : on s’adressera de préférence à des substances bactéricides, insolubles, administrées par fractions. Le benzonaphtol, le bétol, le salol sont au nombre de ces dernières.

Le jeu des autres appareils devra aussi être surveillé, particulièrement celui des émonctoires, de façon à ne pas surcharger la voie urinaire.

Le foie, qui semble au-dessous de sa tâche (diminution de l’urée, exagération de la toxicité de l'urine, glycosurie alimentaire signalée par quelques auteurs) devra être stimulé. Pour cela, on pourra administrer aux malades,d’une facon intermittente, de faibles doses de calomel, bicarbonate de soude, etc.

Nous savons que la diurèse est largement favorisée par l’usage du lait; mais si, dans certains cas, elle se montrait insuffisante, on n’hésitera pas à recourir aux diurétiques tels que : uva-ursi, queues de cerise, stig-

mates de maïs, etc.

En somme, « il faut s'efforcer de ne rien ajouter de nuisible, pendant que l’on tente de transformer, d’an-

nuler® d’atténuer, d'éliminer les poisons retenus dans

l’économie ».

je, ne É { ne Fra

t CRT TE J DENT RUN

Page 1