I CIRE
Cette sécrétion de l'ovaire a une action antitoxique. L’accumulation d’une toxine particulière à la ménopause serait le point de départ de l'irritation de la muqueuse vaginale et du prurit. D'où l'intérêt du traitement opothérapique, qui, en rétablissant l’équilibre endocrinien déficient, fait disparaître ces troubles.
VAGINISME ESSENTIEL.
Le vaginisme essentiel ne coexiste avec aucune lésion locale primitive, et est en général très rebelle.
La plupart de ces malades sont de grandes nerveuses, des neurasthéniques. Le vaginisme peut être déterminé par l’appréhension des rapports antérieurs trop douloureux. La contracture peut s'étendre jusqu'aux adducteurs, rendant tout examen impossible.
Ce vaginisme peut encore s’observer chez des femmes ayant subi une intervention pour fibrome, annexite chronique, ou suppuration pelvienne ; elles se sont persuadées qu'après l'intervention elles ne sont plus femmes. On ne saurait trop lutter contre cette auto -suggestion, et rassurer ces malades.
Or, lorsqu'on examine ces patientes, qui prétendent que même l'introduction de la canule leur est insupportable, on constate que l’exploration vaginale se fait avec la plus grande facilité si on a le soin de distraire l’attention de la malade pendant l’examen. Celui-ci ne révèlera absolument rien d’anormal.
NU ue
EVOLUTION DU VAGINISME.
Le pronostic du vaginisme, est en raison inverse des lésions qui l’occasionnent. On aura difficilement raison, d’un vaginisme qui n’est provoqué par aucune lésion, et dû, uniquement au psychisme de la malade.
Si ce vaginisme est occasionné par une lésion locale, l’évolution n’est pas toujours la même ; si la lésion est guérie, les troubles nerveux s’atténuent, et le spasme cède progressivement.
Lorsque les lésions sont anciennes, elles se compliquent d’un élément psychique, qui rend la guéri-son plus incertaine. L’effluvation donnera dans ce cas, les meilleurs résultats.
Traitement.
Parmi les nombreuses méthodes thérapeutiques utilisées, deux retiendront notre attention.
Les courants de haute fréquence.
Le traitement opothérapique.
Les courants de haute fréquence, sans forme d’effluvation, diminuent la leucorrhée, et calment le prurit. Ils cicatrisent les ulcérations, et excitent la vitalité des tissus.
Mme le DT Francillon-Lobre et le D' Rouché, dans le Bullelin médical, du 18 février 1925, ont étudié l'action des effluves de haute fréquence; et ont conclu, que les etfluves produisent un appel leucocytaire agissant sur l’élément microbien. Elles modifient profondément la vascularisation capillaire locale. Les sécrétions deviennent de plus en plus fluides, avant de disparaître à la fin du traitement. Les courants de haute fréquence amènent également la disparition du spasme, comme ils font cesser la sténose du col utérin.
RS on
Les effluves ont également des effets sédatifs, anal-. gésiques et anesthésiques. Ces effets doivent être attribués à une action des courants sur les extrémités nerveuses, conduisant à une diminution de l’excitabilité, et à une inhibition du système nerveux sensitif.
En cas de vaginisme, les effluves calment la douleur causale, et l’excitabilité des nerfs sensitifs de la région hyperesthésiée. Leur effet est nettement décongestionnant. La contracture de défense et les réflexes, sont abolis secondairement.
Pour Laguerrière et Léonard, « les courants de haute fréquence modifient la trophicité et la circula tion de la région traversée, excitent la vitalité cellulaire, et souvent il y a une action analgésique. Ils intéressent en moindre proportion l’ensemble de l'organisme : régularisation de la nutrition, de la diurèse, des excreta urinaires, de l’élimination des toxines, de la circulation générale ».
Bar et Budin, en 1910, avaient observé des guérisons rapides de vaginisme par les courants de haute fréquence.
Pour l’application, on se sert d’une électrode en verre, tube à vide cylindrique.
Au cours de la séance on déplace le tube sur toute la surface de contact du vagin, pour que la surface totale de la muqueuse, des culs-de-sac soient soumis à l’action des effluves. On donnera en même temps au tube, des mouvements de latéralité, de circumduc-
tion, pour que chaque rétrécissement ou tout le
calibre du vagin subisse une légère dilatation. On terminera la séance en passant l’électrode sur les grandes lèvres, ce qui a pour effet de calmer le prurit qui accompagne souvent le vaginisme.
La séance dure de 5 à 10 minutes, et sera répétée tous les deux jours. Le nombre de séances varie suivant la nature, la gravité, et suivant les réactions plus ou moins vives de la maladie.
Généralement le traitement comporte 18 à 20 séances ; mais quand l'affection est rebelle, on suspend le traitement pendant une dizaine de jours, et on refait une nouvelle série.
Après la séance on déterge la muqueuse vaginale et le col utérin avec un tampon imbibé d’une solution d’acide picrique à 1 pour 100.
Pendant la durée du traitement il faut conseiller le repos sexuel le plus absolu, faute de quoi les résultats ne seraient pas du tout ceux que l’on attendait.