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CHAPITRE II

Traitement du goître exophtalmique par l'électricité

Le traitement du goître exophtalmique par l’électricité est assez méconnu en général. C’est à peine s’il est indiqué dans quelques traités de pathologie interne ou de thérapeutique. Cela tient au discrédit dans lequel est plongée l’électrothérapie, discrédit qui ne peut s'expliquer que par le manque de méthode et par là même de bons résultats dont on fait trop souvent preuve dans les applications de l'électricité à la thérapeutique.

Quoiqu'il en soit nous soutenons que les médecins se privent d'un puissant agent de traitement en négligeant l'électrothérapie dans la maladie de Basedow. Cette opinion était celle du grand clinicien Charcot pour qui le traitement électrique était le traitement de choix dans le goître exophtalmique.

Nous allons passer en revue dans ce chapitre les

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différentes applications que l'on à faites de l'électricité au traitement de la maladie de Basedow. Chemin faisant nous indiquerons en détail la technique opératoire et les résultats obtenus: nous indiquerons aussi quel est pour nous le procédé le meilleur et nous justifierons cette méthode par des observations concluantes. Enfin nous montrerons quels sont les moyens les plus pratiques pour mesurer la résistance des tissus, chose qui a son importance dans la question qui nous occupe.

Historique. — Le traitement du goitre exophtalmique par l'électricité a d'abord été préconisé en Allemagne: c’est Remak, au dire d'Erb, qui Faurait le premier indiqué, recommandant de préférence lélectricité galvanique. Les conseils furent suivis par Dusch qui fit la première application de courant galvanique suivie de succès. Puis Eulenbourg relate7 cas de maladie de Basedow traitée par la galvanisation du sympathique (le pôle négatif étant appliqué au cou, le pôle positif lelong de la moelle de préférence à la limite de la moelle cervicale et de la moelle dorsale). Dans les 7 cas Eulenbourg constate une disparition rapide de la tachycardie.

Les pulsations qui étaient de 120 à la minute, tombent à 80.

Chrostec parait avoir eu des succès très remarquables dans 13 cas publiés en 1871. Chez ses malades il constate surtout la diminution de l'exophtalmie el du goilre, la fréquence des battements cardiaques res- Lant à peu près la même.

En Amérique, Hammond et Bartholow, publient des cas encore plus favorables (1875) dans lesquels tous les symptômes ont diminué à tel point que beaucoup de malades doivent être considérés comme complètement guéris. Hammond préconise {toujours le courant galvanique mais il applique le pôle négatif à la nuque, tandis que Bartholow place ce même pole à la région cervicale.

D'apres Bartholow dont la pratique'fut introduite en

France par Onimus, il faut des séances de 10 minutes tous les jours avec un courant continu de faible intensilé. Hammond recommande pour l'intensité du courant, de se baser sur la susceptibilité du malade et de faire ce courant aussi intense que le malade peut le supporter.

Erb dans son traité d'Electrothérapie (1884), est aussi partisan du courant galvanique, mais il Fapplique non seulement au niveau du sympathique mais aussi aux régions où se manifestent des symptomes du goitre.

Voici du reste sa technique. D'abord électrisation de la moelle cervico-dorsale par des courants ascendants faibles (6 à 8 éléments Stohrer avec une déviation de 15 à 20 de l'aiguille pour 150 de résistance de conductibilité).

On place lanode entre les deux omoplates, la cathode est promenée le long de là moelle cervicale. La durée d'application est de 1 à 2 minutes. Erb conseille aussi de faire passer fréquemment le courant obliquement et transversalement à travers la tête pour agir sur la moelle allongée (le courant doit être

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faible et peu durable). Puis vient la galvanisation du sympathique, au cou. le pôle positif étant fixé à Ia colonne cervicale, Le pôle négatif promené le long du nerf, depuis la mâchoire inférieure jusqu'à la clavicule Pour l'exophtalmie il recommande un courant galvanique faible d'une tempe à l'autre el aussi une galvanisation longitudinale de la nuque aux paupières. Enfin Erb recommande la plus grande prudence pour le traitement galvanique de Ziemssen (le pôle négatif etant à la région précordiale); souvent des syncopes peuvent être observées. La galvanisation de la tête doit aussi être faite prudemment, des accidents allant du vertige aux vomissements pouvant être observés.

Les effets de ce traitement sont d'après Erb très satisfaisants. Les pulsations tombent de 130 à 70 par minute. La faiblesse est améliorée. Le goitre diminue de volume. L’exophtalmie seule est assez longue à disparaître. Il faut au moins, dit Erb, de 30 à 100 séances pour la durée du traitement.

Procèdé de Vigouroux. — Nous voyons par ce court exposé que tous ces auteurs étaient imbus des théories sympathiques et bulbaires du goitre exophtalmique. Le traitement par l'électricité était justifié et nous voyons que les résultats sont venus confirmer les prévisions de ceux qui l'employaient. Mais dans l'hypothèse d'un trouble sympathique ou bulbaire il étail plus rationnel d'emploverle courant faradique qui agit plus vigoureusement sur le système nerveux que le courant galvanique.

Pour celle raison el aussi à cause de quelques acci-

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dents locaux observés quelque fois dans la galvanisation (eschares surtout au pôle positif) les électrothérapeutes furent amenés à employer la faradisation. Rockwell l'avait déjà employée mais dans le but de tonifier le système nerveux en général et non pour agir spécialement sur tel ou tel nerf. C'est Vigouroux qui à bien précisé l'application de la méthode que nous allons examiner maintenant. R. Vigouroux emploie le procédé décrit par lui sous le nom de faradisation carotidienne. On place une électrode indifférente de 7 à8 centimètres de large sur 12 à 15 centimètres à la nuque. Le pôle actif est un tampon en olive qu'on peut recouvrir de coton hydrophile. On relie l’électrode indifférente au pôle positif, le pôle actif au pôle négatif d’une bobine de Ruhmkorff et l'on place le pôle actif au-dedans du muscle sternocleido-mastoïdien au niveau del’angle de la mâchoire. On promène ce pôle de cet endroit jusqu'au milieu du sterno-cléido-mastoïdien pendant une minute environ; on en fait autant sur la région carotidienne de l’autre côté. L’intensité du courant doit être telle qu'elle puisse toujours être supportée par le malade. Geci fait on transporte le pôle actif au niveau du rebord orbitaire externe sur les paupières et sur tout le pourtour de l'orbite en ayant soin d'éviter les nerfs sus et sousorbitaires. La faradisation dure 1 à 2 minutes pour chaque œil. Puis remplacant le tampon olivaire par une électrode plate de 3 à 4 centimètres de côté on passe à l’électrisation de la tumeur thyroïdienne pendant 5 minutes environ. Renversant alors le courant à laide d’un renverseur (ce qui rend l’électrode indifré-

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