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l'hypothèse suivante, adoptée d’ailleurs par Sanquirico et Canalis : « Les glandes thyroïdes sont en rapport avec la nutrition du système nerveux; elles préparent une matière qui entrant dans le sang devient un intermédiaire pour la nutrition des centres ou détruit un poison de ces centres.» D'autres auteurs ont fait des troubles du système nerveux la conséquence des troubles apportés dans tout l'organisme par suite de l’ablation de la glande thyroïde; le système nerveux central subirait les mêmes troubles que les autres par-- - Lies du corps. Pour d’autres enfin la glande thyroïde élaborerait un produit agissant sur les échanges intraorganiques en détruisant des poisons résultant de ces échanges. C'était nettement faire du corps thyroïde une glande à sécrétion interne. Bien des savants ont essayé de déterminer les poisons détruits par le corps thyroïde. Les uns, comme Horslev, Wagner ont pensé que c’était la mucine, car les injections de mucine faites à des animaux provoquent dela tétanie. Michaelsen suppose quele corps thyroïde neutralise les déchets de la nutrition capables de provoquer des effets toxiques tétaniformes comme en produit la strychnine. Lindemann montre dans une série d'expériences la faible résistance des animaux à l’intoxication par la caféine à la suite de la thyroïdectomie. La caféine injectée dans a carotide est toxique à la dose de 0 gr. 17 par kilogr. d'animal chez le chien sain, tandis que chez le chien thyroïdectomisé la dose toxique est de 0 gr. 076 par kilogr. d'animal.
D'autres auteurs ont encore montré les analogies
entre les troubles provoqués par certaines intoxica- Dire
lions et les accidents dûs à la thyroïdectomie(intoxicalion par le phosphore. Rogowitsch). Mais la question ne s’est vraiment bien précisée qu’à la suite des recherches de Notkine de Kiew. En 1895, Notkine a réussi à extraire du corps thyroïde dedivers animaux une substance albuminoïde formant la majorité de la matière colloïde et qu'il a appelée thyroprotéide. Cette thyroproléide injectée à la dose de ? à 4 gr. par kilogramme d'animal à des chiens et à des lapins provoquait les accidents du myxœædème avec paralvsie et dyspnée progressive jusqu’à la mort quisurvenait un jour apres injection chez les animaux thyroïdectomiséset 10 jours après chez les animaux sains. Notkine posait comme conclusion que la thyroprotéide était un poison formé dans l'organisme et qui venait s’accumuler dans le corps thyroïde où elle formait la majeure partie de la substance colloïde. Là elle était soumise à l’action d’un ferment spécial sécrété par le corps thyroïde, ferment que Notkine appelait la thyréoïdine ou enzyme thvroïdien et qui neutralisait la thyroprotéide.
On connaissait donc le poison détruit par le corps thyroïde. Notkine prétendait même avoir trouvé l'antidote de ce poison, la thyréoïdine. Il ne fut pas le seul à trouver dans le corps thyroïde des principes anlitoxiques. l’année suivante, Frœnkel découvrait un alcaloïde qu'il appelait la thyréoantiloxine et qui pour lui neutralisait la thyroprotéide. Enfin Baumann, en 1896, trouvait dans le corps thyroïde de l'homme el de divers animaux comme le porc, le mouton, un composé chimique stable, la thyroïodine ou iodoth yrine contenant unequantité considérabled'iode.
L’iodothyrine représente environ 0,2 à 0,5°/, de la glande et d’après les expériences de Roos (1896) confirmées par tous les savants actuels, elle a Ja même action physiologique que le corps thyroïde. Quant à la nature chimique de liodothyrine, elle a été très discutée. Ea plupart des auteurs pourtant s'accordent aujourd’hui pour en faire avec Blum une substance albuminoïde iodée. Quoiqu'il en soit, ces découvertes confirmées par d’autres expérimentateurs Lels que Cyon, Oswald, etc., ont fourni les bases de la théorie antitoxique du -corps thyroïde qui peut s'énoncer ainsi. La thyroprotéide formée dans l'organisme est neutralisée par la sécrétion du corps thyroïde qui pour ce faire fournit l'antiloxine, liodothyrine de Baumann.
Tout récemment, en 1900, le docteur Gauthier de Charolles s'élevait contre cette facon de voir, montrant les différences qu'il y à entre le mode d'action du suc thyroïdien et celui des capsules surrénales par exemple. Pour Gauthier, liodothyrine agit à la facon d'un médicament véritable et la sécrétion thyroïdienne a pour effet d'empêcher la formation des déchets toxiques au lieu de les neutraliser après formation. En effet, quand la fonction thyroïdienne est supprimée, les matériaux jeunes et embryogéniques fabriqués sans cesse dans l’organisme subissent un arrêt d'évolution et leur accumulation devient nuisible. Pour Gauthier l'iodothyrine agit en prévenant cet arrêt d'évolutior et elle agit par l'iode qu’elle contient de la même facon que liode agit sur les formations embryoplastiques de la période tertiaire de la syphilis.
Quel que soit le mode d'action de l'iodothyrine, s’il
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y à des divergences parmi les auteurs au point de vue du mécanisme de sa facon d'agir, presque tous sont d'accord pour reconnaître que c’est grâce à la sécrétion de cette substance que le corps thyroïde empêche Papparilion des troubles qui sont la conséquence de son ablation ou de son insuffisance fonctionnelle.
Glandes thyroides el glandules paralhyroides. — Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés exclusivement que de la glande thyroïde. Ïl est pourtant un point qui a pris une grande importance dans ces dernières années et qu’on ne peut laisser dans l'ombre même dans une élude sommaire des fonctions du corps thyroïde ; nous voulons parler du rôle des glandules parathyroïdes. La découverte de ces organes ou tout au moins des glandules externes remonte à 1880 et elle est due à Sandstrôm. Mais à cette époque on ne s’occupa pas même du rôle qu'elles pouvaient jouer. Ce n'est que bien plus tard, en 1891, que Gley appela l'attention sur elles. Cet auteur expérimentant sur le lapin trouva que si l’on enlève ces glandes avec le corps thyroïde, le lapin meurt comme les autres animaux tandis que leur ablation isolée ou l’ablation isolée du corps thyroïde n’amène pas la mort. Frappé de ces faits qui furent bientôt confirmés par d'autres expérimentateurs eomme Fofmeister, Cadéac et Guinard, etc... Gley essaya de les expliquer en prétendant que le rôle des paralthyroïdes était un rôle de suppléance vis-à-vis du corps thyroïde. À celle époque, les faits expérimentaux semblaient bien donner raison à Gley, mais la décou-
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verte de deux nouvelles glandules parathvroïdes, les glandules internes, décrites pour la première fois par Nicolas de Nancy et Kohn changea tout à fait la question, car en faisant ses expériences, Gley enlevait ces dernières glandes qui la plupart du temps sont ineluses dans le tissu thyroïdien. De nouvelles expériences devenaient donc nécessaires et en 1896 Vassale et Generali signalaient que lablation simultanée des glandules externes el des glandules internes entrainait la mort des animaux.
En 1897, Moussu, dans sa thèse inaugurale, revient sur celte question. Il rechercha d’abord quels étaient les effets de la thyroïdectomie simple chez différentes espèces animales. Ses recherches lui montrèrent bientôt que la fonction thyroïdienne était avant tout une fonction de croissance prépondérante naturellement dans le jeune âge. La privation de cetle fonction mène au crétinisme qui est myxædémateux chez les chiens el les pores, atrophique chez les chevreaux, les chats, les lapins et les oiseaux. Chez les adultes, elle entraine le myxœdènie, une cachexie progressive mais pas d'accidents aigus.
Puis Moussu recher:ha ensuite quels étaient les effets de la parathyroïdectomie chez les chiens et les chats. Tous les animaux qui avaient subi la parathyroïdectomie complète (22 chiens et 8 chats) moururent dans un bref délai après avoir présenté des contractions cloniques surtout du train postérieur, de lanorexie. des vomissements, de la diarrhée sanguinolente, des battements cardiaques exagérés et des tremblements tres prononcés. D’autres animaux à qui on n'avait pu enle-
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ver toutes les paralthyroïdes présentèrent quelques symptômes analogues mais survécurent.
Moussu conclut de ses expériences que l’ablation des parathyroïdes entraîne fatalement la mort dans un délai plus ou moins long. Dans les parathyroïdectomies complètes, on observe des phénomènes bien différents de ceux provoqués par la thyroïdectomie seule. La suppression de la fonction parathyroïdienne entraine « des troubles nerveux, circulaloires, digestifs, respiraltoires el moteurs, ete., troubles décrits autrefois sous le nom d'accidents aigus de la thyroïdectomie, dont les plus fréquents sont la tachycardie, la tétanie et la dyspnée. »
« Les accidents chroniques (abaissement de la température, affaiblissement des facultés intellectuelles, myxœdème, etc.) sont des accidents exclusivement thyroïdiens ».
I semble que les conclusions de Moussu, établissant la différence fonctionnelle entre les deux fonctions thyroïdienne el parathyroïdienne, sont absolument convaincantes.
Sa théorie est cependant combattue par Gley qui, en 1898, émit une nouvelle opinion. Ayant remarqué que la quantité d'iode contenue dans les glandules parathyroïdes était proportionnellement bien supérieure à celle que contenait la glande {hyroïde et que celle dernière perdait la presque totalité de son iode après lablalion des glandules, Gley fut amené à penser que les glandules avaient pour fonction de préparer le produit de sécrétion qui se déposerait ensuite dans la glande thyroïde. Gley conclut donc à une association
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fonctionnelle entre les deux espèces de glandes.
Nous voyons donc que la question n’est pas encore tout à fait résolue. Moussu à bien répondu à la (théorie de Gley en montrant qu'à un chien parathyroïdectomisé, l'extrait thyroïdien n’améliorait aucun des symptomes tandis que l'extrait parathyroïdien les calmait rapidement : mais d’un autre côté, Oswald à fait les mêmes constalalions que Glev. Les recherches de Moussu paraissent bien montrer la différence entre les fonctions des deux sortes de glandes, mais il est difficile de tenir pour suspectes les constatations d’un phy- - siologiste de la valeur de Gley.Ge qu'on peut vraiment affirmer, c’est que les glandes parathyroïdes ont une fonction très importante puisque les animaux meurent après leur ablation. Quant à préciser absolument cette fonction, nous croyons qu'il faut atlendre encore de nouvelles recherches.