‹ Contribution à l'Étude du Traitement Hydro-Minéral: De la tuberculose pulmonaireChapitre 9 sur 25 · ALES · texte numérisé non relu

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diffuse avec emphysème et la forme fibreuse dense y seront également améliorées. | Passons mainténant en revue les contre-indications de la cure hydro-minérale sulfureuse. Celle-ci doit être proscrite dans les tuberculoses aigües, dans la tuberculose commune à évolution rapide, chez les cachectiques qui sont au cours de poussées évolutives.

La fièvre tuberculeuse modérée! 37°6, 37°8, 38° ne contre-indique pas d’une manière absolue la cure hydrominérale sulfureuse, administrée avec grande: prudence.

D'ailleurs Comme nous l’avons déjà dit, il n'y a pas de maladies, mais des malades, qu'il faut étudier avec grand soin et dont il faut tâter les susceptibilités particulières. Le Médecin devra conduire le traitement de son malade l'oreille sur la poitrine et le thermomètre dans le rectum,

L'hémoptysie récente est une contre-modification tout aussi formelle que la fièvre hectique et que la fièvre tuberculeuse assez forte, chez un sujet dont l’état général est mauvais. Mais lorsque les hémoptysies sont anciennes et alors même qu’elles ne sont accompagnées de fièvre, ce n'est pas une contre-indication.

Il faut toutefois être prudent à l'égard de tous ceux qui ont craché du sang. S'il survient une hémoptysie pendant la cure, il faut suspendre immédiatement le traitement, quitte à le reprendre quelques jours plus tard.

Nous reproduisons ci-dessous, une statistique qui nous a été communiquée par le D' Pujade, portant sur seize

malades tuberculeux pulmonaires chroniques à évolution

Se

lente torpide, soumis à la cure hydro-minérale sulfurée

sodjque, pendant un mois :

9 ayant présenté des hémoptysies dans leurs antécédents : Pas d'hémoptysie pendant un mois après la cure.

7 n'ayant jamais eu d’hémoptysies dans leurs antécédents : r hémoptysie légère chez une jeune fille de 22 ans. L'hémorragie a cédé au repos absolu pendant six jours. Elle à repris sa cure, il n'y a pas eu récidive.

Voici une statistique de M. Berthier qui porte sur un plus grand nombre de malades

E Hémoptysies dans les antécédents, 56 : hémoptysies à l'hôpital, ro ; pas d’hémoptysies à l’hôpital, 46.

2° Pas d’hémoptysies dans les antécédents, 85 : hémoptysies à l'hôpital, 4 ; pas d’hémoptysies à l'hôpital, Br.

Certes ce sont les eaux sulfureuses qui risquent le plus de produire une hémoptysie. Mais il est à noter que l’hémoptysie thermale se distingue de l'hémoptysie commune en ce que « elle s'arrête franchement et n'est pas réfractaire. » (Bidoux, loc. cit.) La fameuse hémoptysie, eau-bonnaise, qui avait jeté le discrédit sur l'emploi des cures hydro-minérales n’est guère à redouter, si le traitement est bien conduit par un médecin expérimenté. C'est d’ailleurs en général un accident sans gravité et assez rare.

__ La diarrhée tuberculeuse, la susceptibilité hépatique et rénale sont des contre-indications absolues. Les affections organiques du cœur sont, elles, des contre-indi-

cations relatives.

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Nous avons passé en revue les principales indications et contre-indications des eaux sulfureuses en général à l'égard de la tuberculose pulmonaire, mais il ne faut pas perdre de vue que celles-ci varient d’une station à l’autre et dans la station même d’une source à l’autre.” On conçoit dès lors en face de quelles difficultés est le médecin qui propose une cure hydro-minérale à un tuberculeux, |

Nous allons nous occuper maintenant des modes de traitement dans les stations sulfureuses les plus employées et nous donnerons en même temps les caractères dominants de ces différentes sources et leurs indications ou

contre-indications principales.

A° Différents modes de traitement dans quelques stations

‘sulfureuses

Les pratiques essentielles consistent à employer : 1° l’eau en boisson ; il faudra toujours faire très attention à la cure d'eau en boisson ; le tuberculeux ne devra jamais boire inconsidérément, les quantités d'eau devront être rigoureusement dosées par le médecin, sinon on verra apparaître la fièvre et on verra les lésions évoluer avec une rapidité effrayante.

2° Le humage ou les inhalations : « Il n'est pas à

notre’ connaissance que, avant l’année 1842, on est fait respirer le gaz hydro-sulfureux des thermes autrement que par des appareils spéciaux, tubes, entonnoirs, ete..…, conduisant ainsi la vapeur pure dans le larynx du malade. Jusqu'à cette époque, personne n'avait entendu parler de chambres ou salons sulfhydriques, ou l'on

respire Îles atmosphères artificielles dans lesquelles le principe sulfureux est mitigé par l'air extérieur, une chaleur douce et la vapeur d’eau. » (Extrait du rapport, présenté à l’Académie de Médecine, par Pâtissier).

3° La douche écossaise, le bain, le demi-bain, le pédiluve.

4° La douche révulsive sur les membres inférieurs.

Les pratiques variant avec les différentes stations, nous donnerons à propos de chacune d'elles quelques détails sur la technicité de leur emploi.

Amélie-les-Bains (altitude 225 mètres), dans les Pyrénées-Orientales, est une station sulfurée sodique, ou le ‘traitement peut se faire toute l’année, étant donné la douceur de son climat d'hiver. Elle convient principalement comme station hivernale, parce que à cette époque de l’année, les malades effectueront une cure climatique et hydro-minérale, association qui sera d’autant plus heureuse que, pendant les mois froids l’action des eaux minérales est plus douce et les réactions des tuberculeux qui y sont soumis moins vives. Ici l’on ne donne que peu d’eau en boisson (1/4 de verrée deux fois par jour des sources Pascalone, Fanny, Maujollet principalement). Les pratiques essentielles sont le humage, la douche écossaise et la douche révulsive sur les membres inférieurs. D’après M. Berthier, la tendance de ces pratiques à congestionner est diminuée en abaissant la température des eaux (qui; varie suivant les sourcea de + 63 à + 23°) ce qui, nous l'avons vu, ne porte pas atteinte à leur minéralisation.

Le humage à 30° a pour résultat de faire respirer au

malade un mélange de gaz, de vapeur d'eau et d’eau

Pro

finement poudroyée. Chaque malade adopte un embout : individuel, en bois, qui suivant le modèle permet de faire le humage par la bouche ou par le nez. Ce dernier procédé plus conforme à l’acte physiologique semble préférable. La durée habituelles de la séance est de dix minutes. Souvent on fait prendre en même temps au malade, un pédiluve à eau courante, qui exerce, dit Berthier, une action révulsive. « La plupart des nralades reçoivent une douche écossaise d’eau sulfureuse. C'est une douche en pluie, combinée à une douche en jet. Elle est donnée deux ou trois fois par semaine et dure une minute environ, le malade ayant la tête protégée par une calotte en caoutchouc. Elle est appliquée à 35°, et se termine par un coup de froid, très rapide, à 28° environ. La douche est précédée d’une friction sèche qui prépare la peau à la réaction et elle est immédiatement suivie d'une friction qui complète la réaction. » (Berthier, loc. cit.) La douche révulsive sur les membres inférieurs dure de 2 à ro minutes à une température de 37 à 4o°, elle est prise dans une cabine individuelle, de manière à réaliser une douche révulsive inhalation. Cette pratique, quand elle est bien supportée par les malades donne d'excellents résultats. Il est regrettable qu'il n'y ait pas à Amélie d'installations hôtelières permettant la cure concomittante de repos et d'air.

Telles- sont les principales pratiques thermales utilisées à Amélie. Lorsqu'elles sont bien conduites, elles donnent des résultats remarquables chez les prébacillaires, les débiles, les tuberculeux pulmonaires à lésions torpides, les tuberculeux lymphatiques, scrofuleux, les tuberculeux arthritiques, bronchitiques.

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