TRAITEMENT GÉNÉRAL
Le traitement général comporte deux sortes d’indications :
Soutenir l’état général.
Lutter contre l’agent microbien.
$ 1° Soutenir l’état général
Il convient de ne pas négliger le traitement général des infections. Il est évident qu’on prescrira le repos au lit, un régime diététique : boissons abondantes, lait, légumes, pâtes, fruits. On pourra également prescrire des applications de glace sur l'abdomen ou sur le cœur, l’admimistration de lavements, goutte à goutte avec du sérum glucosé. Enfin, on soutiendra le cœur par des médicaments stimulants et toniques.
20 Lutte contre l’agent microbien
Deux principes généraux dirigent le traitement anti-microbien :
a) On peut injecter différents produits chimiques à cause de leurs propriétés bactéricides.
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b) Les autres médications ont pour but de favoriser un des processus de défense de l'organisme. Nous allons donc rappeler brièvement les modes de réactions de l’organisme à l’infection en nous basant sur l’étude qu’en ont faite BALDENWECK, Jacon et Mouroncuer dans leur rapport au Congrès de Larvngologie de 1922.
Mécanisme général de l’immunité \
Les moyens de défense de l’organisme sont de
deux ordres : défense phagocytaire, défense humorale.
La PHacocyrose : Autout du microbe introduit dans l’organisme se produit un afflux de lymphocytes qui tendent à englober et à le digérer. Si le germe résiste au phagocyte, le mécanisme de défense humorale entre en jeu.
La DéFrense nHuMoraze : On trouve dans les sérosités normales de lorganisme des substances qui ont pour rôle de lutter contre les microbes, on les désigne sous le nom d’alexines. On décrit un certain nombre d’alexines. Il semble que l’une d’elles l’opsonine ait une importance particulière, se fixant sur le microbe elle favoriserait la phagocytose.
Mécanisme de l’immunité acquise
Si on introduit dans. l’organisme un élément étranger, « antigène », celui-ci provoque la formation d’ « anticorps ». L’anticorps est spécifique pour l’antigène qui lui a donné naissance. Les relations des anticorps avec les substances antimicrobiennes des sérums normaux sont mal déterminées. Ils en diffèrent par plusieurs caractères et en particulier par leur résistance plus grande à la chaleur. Nous avons vu d'autre part que les anticorps sont spécifiques, tandis que les alexines ne le sont pas.
Les anticorps sont vraisemblablement produits par les phagocytes. Leur action est complexe ; pour l'expliquer on a décrit un grand nombre de substances : antitoxines, agglutinines, bactériolysines, précipitines, opsonines, sensibilisatrices. La distinction de ces diverses substances est tout à fait artificielle et il n’est pas prouvé que ce soit là les substances différentes les unes des autres, agis-
sant chacune pour son propre compte.
Techniques d’immunisation
L'immunité acquise consistant en la présence d'anticorps dans les sérosités, les techniques d’immunisation se proposent : soit de fournir à l’organisme des anticorps tout préparés provenant d’animaux imprégnés de l’antigène correspondant : c’est Pimmunisation passive ou sérologique ; soit de favo-
MES Orne
riser la fabrication des anticorps dans l’organisme lui-même, par l’introduction de microbes dont la virulence a été atténuée : c’est l’immunisation active ou vaccinothérapie.
La vaccinothérapie et la sérothérapie ont donc pour but de favoriser la défense humorale. D’autres médications ont pour but de favoriser la phagocytose : ce sont les médications leucogènes ; d’autres enfin ont un mode d’action complexe et qui prête encore à discussion, tels sont les différents modes de l’hémothérapie, les méthodes de choc.
Nous allons étudier ces différents procédés thérapeutiques suivant le plan que nous avons indiqué plus haut. |
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LES MÉDICATIONS LEUCOGÈNES
- L’abeès de fixation /
PRiNcIPE ET MODE D'ACTION. — C’est Focmier qui le premier proposa cette méthode thérapeupeutique, en 1891, dans un mémoire communiqué à la Société des Sciences Médicales de Lyon. Le mode d’action de l’abcès de fixation a été diversement interprêté. Pour Focmier l’abcès représenteraic un véritable émonctoire ; 1l disait : « l’abcès appelle et immobilise les éléments qui sont en circulation dans le sang ». A l’heure actuelle on admet plutôt que l’abcès de fixation provoque une leucocytose abondante et une augmentation de la résistance leucocytaire. C’est là l'avis de FEuILzte, c'est aussi celui de Noël FressiNGEr qui en donne comme preuve ce fait qu'il n’y a aucun rapport entre l'intensité de la suppuration et la rapidité de l’amélioration.
Tecanique. — Elle consiste à injecter 1 centimètre cube ou À centimètre cube 1/2 d’essence de
térébenthine dans le derme.
L'injection sera faite à la face antéro-externe
Lo
de la cuisse, à sa partie moyenne. Il faut en effet la faire à distance des articulations de la hanche et du genou, à distance également des gros vaisseaux afin d'éviter que des fusées purulentes n’atteignent ces organes.
L’injection provoque une vive douleur qui dure quelques heures. Les jours suivants, la région où a été pratiquée l'injection rougit, se tuméfie et une collection purulente se forme que l’on incisera au bout de 6 jours. Pendant que se produit cette ‘réaction locale, on peut noter une élévation de la courbe thermique, sans rapport avec l'affection causale. À la suite de l’injection, dans les cas heu-
reux, la température tombe en même temps que
se produit l’amélioration de l’état général.
Lorsque l'injection de thérébenthine ne provoque pas de formation d’un abcès, certains auteurs conseillent de tenter une seconde injection de thérébenthine quelques jours après la première.
RÉSULTATS DE L'ABCÈS DE FIXATION. — Depuis que Focuier en a proposé l’usage, l’abcès de fixation a été à plusieurs reprises vivement discuté. Il l’a été en particulier en 1926 paz Coms.
En effet, ComBy nie toute valeur à l’abcès de fixation et au Congrès de Médecine de 1926 il disait : (les invonvénients, pour ne pas dire les dangers de l’abcès de fixation sont indéniables. Quant à ses avantages, Je ne les ai pour ma part jamais constatés ». Cependant, à ce même congrès, l’abcès de
ds
fixation a trouvé un grand nombre de défenseurs.
Nerrer déclare : « je suis un adepte fervent de l’abcès de fixation » et il rapporte un certain nombre de cas qui semblent avoir été heureusement in- Îluencés paz cette thérapeutique. Borprn pense que c’est là une méthode d’exception qu’il faut mettre en œuvre lorsque toutes les thérapeutiques spécifiques, s’il en existe, ont échoué. Le professeur LereBourLer déplore l'extension des indications de l’abcès de fixation, mais il croit que cette méthode donne parfois des résultats thérapeutiques certains. Pour Damape, l’abcès de fixation serait surtout indiqué dans les septicémies à leucocytose élevée. Parmi les laryngologistes, même divergence d’opimon. Canuvr dit qu'il est toujours resté fidèle à cette méthode et qu'il l’emploie dans toutes les infections graves d’origine oto-rhino-laryngologique, toutes les fois que le sujet ne fait aucune localisation nette et précise. G. Laurens au contraire, n'attache guère à l’abcès de fixation qu’une valeur pronostique. Au Congrès de Madrid de 1929 :ïl disait : «les résultats de l’abcès de fixation sont peu intéressants en général. Cet abcès présente plutôt une valeur pronostique que eurative et nous indique seulement le potentiel leucopoïétique du sujet ; un abcès de fixation qui avorte comporte le plus souvent un pronostic fatal. Quant à fixer une septicémie otitique, à prévenir des métastases, nous ne croyons pas l'injection de thérébenthine susceptible de réaliser ce désideratum ».