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pendant huit jours. Deux mois après persistaient encore de l’albuminurie et des cylindres. On a publié des cas de mort. Le 12 Décembre 1930, René BEN4arD
et TassiN ont rapporté à la Société Médicale des Hôpitaux « un cas de mort par ictère grave après injection de dérivés acridiniques. » CAUSsADE et
Meproni, le 13 Février 1931, ont également rapporté
à la Société Médicale des Hôpitaux « deux cas de septicémie suraiguë mortelle à streptocoque hémolytique et malgrè leur courte durée (6 jours) avec des complications cutanées et des arthrites puru-
lentes, confusion mentale avec délire euphorique ».
Après ces communications ils posent la question :
Est-ce que la trypaflavine peut être mamiée sans
danger ? Ils reconnaissent d’autre part que la trypaflavine n’est pas toujours cause de l’azotémie. Charles Ricuer fils avait aussi rapporté le 21 Novembre 1930 un cas d’azotémie grave consécu-
tive à des injections de trypañflivine. Depuis ces différentes communications, de nombreux auteurs ont
affirmé qu’à la condition d’être maniée avec prudence, la trypaflavine est un médicament inoffensif.
Il importe néanmoins de s'assurer avant d’employer la trypaflavine de l’état du foie et des reins et pour Charles Ricuer fils il faut savoir que malgré tout on s'expose à quelques risques.
. Résultats : Lemrerre ; Lerr, Maurice Renaun se sont à plusieurs reprises, trouvés bien de l'emploi de la trypaflavine dans des septicémies d’origine
diverses, Monsieur le Professeur LeREBouULLET et
le Docteur Gournay ont publié une observation de septicémie guérie par ce médicament. La trypaflavine semble avoir été moins employée dans les septicémies d’origine otitique. Cependant à la Séance
du 20 Juin 1932 de la Société de Laryngologie des - Hôpitaux CnareLLier fait allusion à 4 cas de septi-
cémie à streptocoque dans lesquels il eut recours à cette thérapeutique
19 Septicémie compliquant une mastoïdite double sur-
venue au cours d’une rougeole, État général très mauvais.
Injection de sérum de l’Institut Pasteur et de trypaflavine. Guérison. Il n’est pas question d’hémoculture, mais il y eut des abcès à streptocoque. ;
20 Septicémie avec hémoculture positive compliquant une oto-mastoïdite survenue chez un enfant atteint de scarlatine.
39 Septicémie avec hémoculture positive compliquant une oto-mastoïdite survenue chez une enfant atteinte de scarlatine. Mort malgré les injections répétées de trypaflavine, de sérum de l’Institut Pasteur et deux immuno-
transfusions.
40 Septicémie avec hémoculture positive, compliquant une oto-mastoïdite, chez une enfant de 2 ans 1/2, convalescente de scarlatine, Mort malgré les injections répétées de pyoformine, de trypaflavine et malgré des immuno-
transfusions.
L’auteur conclut qu’en somme il ne sait pas si les cas heureux sont dus à la thérapeutique.
LE COMPLEXE SAVONNEUX D’ACRIDINE. — Différents travaux, et en particulier ceux de Noaucar, Loison, Nerrer, Maurice REnauD tendent à démontrer que l’action d’un produit médicamenteux roxique présente du fait de sa liaison avec le savon des modifications de ses propriétés. Pour Maurice Renaup, « les qualités chimiques et biologiques d’un corps ne sont pas différentes quand il est libre ou quand il est lié au savon, mais son action sous la deuxième forme s’exerce d’une façon si différente que les réactions quantitatives sont considérablement modifiées. » On devra donc prévoir une posologie nouvelle. D'autre part Maurice RenauD prétend que : « la présence du film de savons ou d’acide gras autour des molécules modère la diffusion et réduit considérablement laffinité du produit pour les tissus. Ainsi se produira une répartition beaucoup plus lente et plus régulière, ce qui favorisera la mise en jeu des affinités spécifiques. » Ainsi on pourra réaliser avec une seule injection pratiquée toutes les 24 ou 48 heures l’idée de Hurinez, c’est-à-dire comme nous l’avons vu maintenir constamment l’organisme sous l'influence d’un anti-imfectieux.
C’est en se basant sur les différents travaux que nous venons de citer que Maurice RENAUD préconise l’emploi du complexe obtenu avec l’oléate de soude et l’acridine. Ce complexe possède in vitro une action bactéricide qui s’exerce sur les bactéries à des dilutions qui dépassent le millionième. Cepen-
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dant, sa toxicité est bien moindre que celle de la trypaflavine. Le rat et le cobaye supportent des doses de complexe qui représentent 5 à 6 fois la dose mortelle de flavine. Chez l’homme, Maurice RENAUD prétend que l’on peut injecter des quantités relativement importantes sans observer aucun trouble apparent. Îl n’a jamais noté le moindre accident traduisant l'intolérance ou l’intoxication.
Nous avons eu l’occasion d'employer ce médicament que nous avons injecté sous forme de sapocridine à un enfant dont nous allons rapporter l’observation.
Cette observation a fait l’objet d’une communication de notre Maître le Docteur HuBerr et de nous mêmes à la Société de Laryngologie, d’Otologie et de Rhinologie Parisienne à la séance de Novembre
Paul B.., 6 ans, est amené à l'Hôpital Saint-Joseph, le 14 mai 1932. Depuis 8 jours l'enfant se plaint de l’oreille gauche. Ses douleurs sont violentes, elles s’accompagnent d’insoninie, d’inappétence. La température n’a pas été prise et à aucun moment on n’a constaté d’écoulement de l’oreille, Pendant ces huit jours un médecin a vu l’enfant à plusieurs reprises et a prescrit un traitement banal ; puis devant l’aggravation des symptômes il a demandé le matin même l'avis d’un spécialiste qui a conseillé de conduire d'urgence l’enfant à l’hôpital.
L'enfant est vu à la consultation vers midi. Il est fatigué et abattu ; son faciès est pâle. Il présente un torticolis avec inclinaison de la tête sur l’épaule gauche. De plus, les mouvements d'extension et de flexion de la tête sont limi-
tées et douloureux, arrachant des cris à l’enfant. Il n’y a pas de signe de Kernig. La température est à 400, le pouls à 135. L’otoscopie montre à gauche un tympan rouge et bombant, pas d’abaissement du conduit. La mastoïde gauche est douloureuse à la pression, au niveau de l’antre, de la pointe et aussi au niveau de son bord postérieur. Il n’y a ni rougeur ni œdème des téguments ; ni modification du volume de l’os. On fait une paracentèse et on hospitalise l'enfant. r L'enfant est révu deux heures plus\tard. On est frappé par sa torpeur. Si on l’interroge, il répond à peine, montrant seulement son oreille gauche quand on lui demande où il souffre. Même torticolis, même raideur qu’à son entrée. Le pansement est renouvelé ; on ne trouve dans le conduit qu’une très petite quantité de pus mélangé à du sang. Même douleur à la pression sur toute la surface de la mastoïde. La palpation profonde au niveau du tiers supé-
rieur du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien réveille
également une douleur marquée. On pratique :
19 Une ponction lombaire. Celle-ci ramène un liquide clair, hypertendu, sortant en jet. Au premier examen ce ce liquide contient six éléments par millimètre cube. Cellules conjonctives, lymphocytes et polynueléaires.
20 Une hémoculture.
On pense à une lésion sinusienne propagée vers le golfe, expliquant et la réaction méningée et le torticolis et on décide de pratiquer immédiatement une trépanation mastoïdienne.
Large mastoïdectomie : Cellules zygomatiques remplies de bourgeons charnues. Dénudation de la dure-mère cérébrale qui est saine. Ouverture de la coque osseuse du sinus dans le sillon inter-sinuso-facial : en bas, vers le golfe, une demie cuillerée de café de pus jaillit. Le sinus dénudé sur 3 centimètres est épaissi, rouge, non dépressible. On prélève du pus de la mastoïde.
Le lendemain, 15, l’enfant est assez abattu. La raideur de la nuque persiste, Le matin : température 370, pouls 115. Le soir : température 4001.
Le 16. Matin : température 3795, pouls 95. Soir : température 4097, pouls 115. Au point de vue général, légère amélioration. L'enfant est calme, moins prostré. Il répond bien aux questions. Cependant on note toujours de la raideur et le signe de Kernig est légèrement positif.
Les résultats des examens de laboratoire sont les suivants : 19 Le pus de la mastoïde contient des polynucléaires bien conservés, de nombreux cocei Gram positifs. La culture donne du streptocoque.
20 L’hémoculture est positive et révèle le présence dans le sang de streptocoque hémolytique.
39 Les cultures du liquide céphalo-rachidien sont stériles. Le hquide C. R. contient 0 gr. 25 d’albumine.
On fait le premier pansement : peu de pus. Le sinus est pâle et une ponction du sinus ne ramène ni sang ni pus. On décide : a) de ne pas intervenir sur la veine thrombosée ; le caillot ne semblant pas suppuré.
b) de traiter la streptococcie, en se fondant sur les travaux de Maurice Renaup (1) par la saprocridine {complexe savonneux d’acridine titré à 3 %). Après avoir tiédi la solution, jusqu’à clarification complète, on injecte par voie intra-veineuse 3 centimètres cubes de sapocridine,
* Le 17 : L'amélioration s’accentue, les symptômes de réaction mémingée s’atténuent. Matin : température 3703, pouls 100. Soir : température 390, pouls 105.
Le 18 : Il n’existe plus ni raideur ni Kernig. La température reste le matin à 3704 avec-pouls à 105 ; le soir à
(4) Maurice Renaup : Le rôle des savons en thérapeutique d’après les conceptions nouvelles. (Revue Critique de Pathologie et de Thérapeutique, Décembre 1930-31.)
Reliquet. 4
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3705 avec pouls à 100. On fait une nouvelle injection intraveineuse de 3 centimètres cubes de sapocridine.
Le 19 : Matin : température 3806, pouls 112. Soir : température 3807. L'amélioration continue.
Le 20 : Matin : température 3793, pouls 108. Soir : température 3906, pouls 125.
Le 21 : Matin : température 3607, pouls 75 ; soir : température 3805. Une troisième injection intra-veincuse de sapocridine est pratiquée (2 centimètres cubes).
Le 22 : Matin : temp. 3609, soir : 4003 avec pouls à 130.
Ce clocher est le dernier que le malade ait présenté. La température oscille du 23 mai au 10 juin entre 370 et 3709. L'état général est très satisfaisant. [l n’a pas été pratiqué de nouvelle injection de sapocridine. La quantité totale de
liquide injecté a donc été de 8 centimètres cubes répartis en.
trois injections pratiquées : les deux premières chacune de 3 centimètres cubes à deux jours d'intervalle ; la troisième de 2 centimètres cubes, trois jours après la seconde. Ge traitement n’a provoqué aucun phénomène de choc.
Localement, la plaie mastoïdienne, après une suppuration modérée, se comble normalement.
Le 25 mai une nouvelle hémoculture avait été négative.
Le 10 juin l’enfant quitte le service.
La plaie mastoïdienne est complètement cicatrisée le 17 juin 1932.
Nous avons eu l’occasion de revoir l’enfant au début de novembre 1932. Il présentait à ce momeent une otite moyenne suppurée droite (côté opposé). Cette otite a évolué normalement, l’enfant n’a présenté aucun trouble depuis la guérison de la trépanation mastoïdienne gauche jusqu’à l'apparition de cette otite droite.
Nous tenons à faire remarquer que l'amélioration Rite sest produite très rapidement après l’intervention,
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aussi est-il difficile de dire quelle part revient au médicament dans la guérison.
Nous avons associé la sapocridine au sérum de
Vincent dans un cas dont nous rapporterons plus loin lobservation.